L'Autriche met la Suisse sous pression

Crise des migrantsLa menace de Vienne de déployer l'armée à sa frontière avec l'Italie fait craindre une augmentation des flux migratoires vers la Suisse.

Des cantons de Suisse orientale s'inquiètent d'un possible afflux de migrants si l'Autriche renforce ses contrôles aux frontières.

Des cantons de Suisse orientale s'inquiètent d'un possible afflux de migrants si l'Autriche renforce ses contrôles aux frontières. Image: Keystone

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Hans Peter Doskozil est l'homme qui fait peur en Suisse orientale. Le ministre autrichien de la Défense a en effet menacé de rétablir les contrôles et déployer des soldats à sa frontière avec l'Italie.

Les responsables cantonaux redoutent maintenant que les migrants ne cherchent une nouvelle voie pour se rendre en Allemagne et dans le nord de l'Europe. En passant par la Suisse notamment, comme l'écrit l'Aargauer Zeitung dans son édition du 5 juillet 2017.

Recours à la police militaire

L'UDC en profite donc pour réclamer à nouveau le déploiement de l'armée aux frontières, à l'instar de ce que menace de faire l'Autriche. «Le corps des Gardes-frontière est au bord de la rupture. Il faut absolument le soutenir avec des policiers militaires», a exigé Alex Kuprecht (UDC/SZ).

Ces personnes sont formées pour ces cas et disponibles très rapidement, a-t-il souligné, estimant que cet effort ne doit pas être demandé aux autres polices cantonales au risque de les priver de ressources dans leur propre région.

Ueli Maurer, dont le département des finances contrôle le Corps des Gardes-frontière (Cgfr), avait proposé en décembre 2016 de déployer 50 militaires professionnels en soutien de ses unités, ce qui a été refusé en avril par le Conseil fédéral.

Les polices cantonales ont déjà annoncé que 50 membres de leurs effectifs se tenaient prêts à aider leurs collègues au Tessin, en Valais et dans les Grisons en cas d'urgence.

Pas de précipitation

L'idée d'Alex Kuprecht ne déplaît pas mais d'autres parlementaires refusent toute précipitation. «Si la pression migratoire devient telle que le Corps des Gardes-frontière ne peut plus y faire face, alors la police militaire sera engagée, mais les conditions ne sont pas encore remplies», a indiqué la conseillère nationale Corina Eichenberger (PLR/AG).

Edith Graf-Litscher (PS/TG) ne veut voir l'armée aux frontières «qu'en cas de dernier recours. Ce serait le signe d'un danger sérieux pour la Suisse, mais nous en sommes loin».

Les Gardes-frontière gèrent

Dans l'immédiat, le Corps des Gardes-frontière ne veut pas entendre parler de cette solution. «Nous pouvons gérer la situation actuelle par nos propres moyens», a déclaré un porte-parole qui a expliqué qu'en cas d'urgence, des renforts pouvaient être amenés d'autres régions de Suisse pour être déployés à la frontière sud.

Impossible de dire comment la situation va évoluer dans les prochaines semaines mais le Corps des Gardes-frontière s'attend à des chiffres «comparables à ceux de 2016, voire légèrement en hausse».

Créé: 05.07.2017, 08h49

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