La bagarre pour les milliards de l'«or bleu» a commencé

Barrages hydro-électriquesNos barrages valent de l'or: 15 à 20 milliards de francs, en lien avec le renouvellement des concessions d'exploitation. La bagarre a déjà débuté.

Le site d'Émosson: le barrage de Barberine apparaît en basse eaux. Il a été construit de 1920 à 1925 par les CFF au moment de l'électrification du réseau de voies ferrées. Les CFF continuent à exploiter les droits acquis avec les barrages de Barberine et du Vieux-Émosson par le biais de leurs centrales électriques situées au Châtelard et à Vernayaz (VS).

Le site d'Émosson: le barrage de Barberine apparaît en basse eaux. Il a été construit de 1920 à 1925 par les CFF au moment de l'électrification du réseau de voies ferrées. Les CFF continuent à exploiter les droits acquis avec les barrages de Barberine et du Vieux-Émosson par le biais de leurs centrales électriques situées au Châtelard et à Vernayaz (VS). Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les milliards liés à la renégociation de ce que les spécialistes appellent le «droit de retour» ne tomberont pas dès demain dans les poches des uns et des autres. Ce sera dès 2017 pour les droits liés à l'ancien barrage de Barberine (voir encadré). Mais les gros montants tomberont dans 20-30 ans, avec les concessions des gros ouvrages construits dans les années 60 à 80.

Pourtant, la question fait d'ores et déjà débat et même l'objet de premiers bras de fer: entre les communes et les cantons de montagne selon le régime de répartition prévu, mais aussi entre ceux-ci et les sociétés exploitantes, qui n'entendent pas délier leur bourse sans négocier chèrement leur participation et le prix des concessions.

Montagnards millionnaires

A priori, le canton du Valais part en position de force. Il a fait œuvre de pionnier en instituant dans sa législation la souveraineté sur les eaux, bien avant que ne soit adoptée la loi fédérale sur l’utilisation des forces hydrauliques (LFH).

Pourtant, le Valais travaille à des aménagements internes. Car, si rien n'est fait, on pourrait voir les citoyens de quelques petites communes valaisannes se partager seuls l'essentiel du magot et devenir tous millionnaires du jour au lendemain. Selon la loi actuelle, les communes règnent en effet en maître sur l'eau des bassins versants et le canton n'a les droits que pour les eaux du Rhône.

Les solutions envisagées visent une répartition équitable entre communes, et entre celles-ci et le canton. Trois variantes sont aujourd'hui à l'étude. La plus ambitieuse prévoit de transférer 60% des droits de concession au canton contre 20% actuellement. Aux Grisons et ailleurs, communes et cantons se partagent le trésor à part égales.

Régions de plaine contre régions de montagne

Quelles que soient les solutions, les experts recommandent de boucler le dossier d'ici à 2013, soit avant la libéralisation du marché de l'électricité. Car les sociétés exploitantes ne l'entendent pas de la même oreille.

Ainsi, le conseiller d'Etat argovien Peter C. Beyeler n'hésite-t-il pas à parler, dans le dernier numéro du Tages-Anzeiger, de «nationalisation du marché de l'électricité» par les cantons alpins. Leur vision serait incompatible avec les enjeux liés à l'abandon du nucléaire, ajoute celui qui préside aussi la Conférence des directeurs cantonaux de l'énergie.

Blocage des investissements

Ces propos viennent relayer ceux de l'ancien Conseiller d'Etat bernois Urs Gache. L'élu du Parti bourgeois démocratique (BDP) et actuel président du conseil d'administration des Forces motrices bernoises (FMB) vient de déposer une interpellation devant le Parlement demandant à la Confédération d'agir pour rééquilibrer les forces.

Simultanément, son parti demande que les communes bénéficiaires indemnisent, à l'avenir, les exploitants des barrages et des centrales hydroélectriques pour les investissements effectués et non encore amortis.

Ce faisant, les exploitants mettent dans la balance le potentiel d'amélioration énergétique des installations actuelles. «Aucune entreprise n'est prête à financer des mesures d'efficacité si elle ne sait pas comment amortir son investissement», explique Urs Gache.

Ce potentiel est estimé à 0,8% des besoins de courant du pays.

Créé: 15.05.2012, 14h32

Articles en relation

Le Conseil fédéral mise à fond sur l'or blanc pour l'électricité

Approvisionnement en électricité Le gouvernement vient d'approuver le rapport sur le renforcement de la sécurité en matière d'approvisionnement de l'électricité. L'hydraulique occupe une place maîtresse. Plus...

Petite commune deviendra riche

Les six communes valaisannes de Trient, Salvan, Vernayaz, Finhaut, Martigny et Martigny-Combe sont déjà sûres de toucher un joli pactole après le renouvèlement, début 2011, de la concession hydro-électrique détenue par les CFF pour l'exploitation des installations hydro-électriques de Châtelard-Barberine.

Les Chemins de fer fédéraux leur verseront 343 millions de francs au total pour continuer à utiliser l'aménagement. La concession actuelle, qui arrive à échéance en 2017, a été renouvelée pour une période de 80 ans. Le montant sera versé de manière échelonnée sur l'ensemble de la période. (MHJ avec ats)

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 19 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...