Bébé pressé de naître, son papa s’improvise gynéco

Accouchement expressLe nouveau-né a poussé son premier cri sur les catelles de la salle de bains familiale. Sa sœur, 2 ans, a assisté à ce moment insolite.

Les quatre acteurs de cet accouchement express dans leur appartement de la rue de Saint-Jean: Maurice Breguet avec Ava, Alexandra Klein et Joris… initiateur d’un souvenir exceptionnel pour toute la famille.

Les quatre acteurs de cet accouchement express dans leur appartement de la rue de Saint-Jean: Maurice Breguet avec Ava, Alexandra Klein et Joris… initiateur d’un souvenir exceptionnel pour toute la famille. Image: Georges Cabrera

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Pour la plupart des femmes, l’accouchement est minutieusement organisé, ne laissant aucune place au hasard. Pour d’autres, la mise au monde est plus… chaotique. Des naissances dans une ambulance, un taxi ou sur un parking ont parfois défrayé la chronique. Celle de Joris, né le 2 janvier au matin dans un appartement de la rue de Saint-Jean à Genève, doit, elle, être plutôt qualifiée d’extraordinaire.

Visiblement pressé de découvrir le monde, le nouveau-né a poussé son premier cri sur les catelles de la salle de bains familiale. Face à l’urgence, son papa, Maurice Breguet, 36 ans, a dû s’improviser gynécologue. Et la petite Ava – 2 ans – a, elle aussi, assisté à ce moment insolite.

Pas le temps de s’habiller

«Je devais accoucher autour du 8 janvier, raconte Alexandra Klein, rencontrée mercredi soir avec toute sa famille. Le 2 janvier, Ava s’est réveillée vers 8 heures et je suis allée la chercher pour qu’elle prenne son biberon dans notre lit. Or, très vite, j’ai senti de fortes contractions. Vers 8 h 30, j’ai pris un bain pour me détendre. Mais à 9 heures, les contractions devenant toujours plus intenses, j’ai dit à Maurice qu’il fallait qu’on se prépare pour partir à la maternité.»

Tout s’est alors accéléré, poursuit Alexandra: «Nous n’avons pas eu le temps de nous habiller. Mes douleurs étaient telles que j’ai juste pu regagner la salle de bains en hurlant.» Un spectacle difficile pour la petite Ava, qui commence à pleurer.

En plein téléphone avec un ambulancier, Maurice lâche l’appareil pour se précipiter vers ses deux femmes. «Alex était couchée sur le tapis de bain et alors que je m’approchais d’elle pour la soutenir, j’ai vu des cheveux apparaître, explique-t-il. Je lui ai dit spontanément de pousser et toute la tête est apparue.»

Cela amplifie les maux de sa compagne: «J’ai averti Maurice qu’on ne ferait plus d’enfant.»

Mais voilà déjà Joris qui, à la seconde poussée, tombe littéralement dans les bras de son père, agenouillé au sol. «Tout est allé si vite, observe-t-il. Pas le temps de stresser. On subit, on s’adapte, on est acteur. Une fois né, j’ai retourné le nourrisson pour voir s’il respirait. Heureusement il a vite poussé un cri. Et puis j’ai pu découvrir le sexe. Le choix du roi, on a fait le job!»

Ce spécialiste de la finance pourra assurément ajouter «Doc gynéco» sur son CV. «Chapeau, il a vraiment assuré», lâche Corine-Yara Montandon La Longe, sage-femme responsable de secteur à la maternité des HUG. Avant de livrer quelques conseils à nos lecteurs pour des naissances précipitées (lire ci-dessous).

Revenons à notre accouchement express de la rue de Saint-Jean. Juste après l’expulsion du bébé, Maurice le pose sur le ventre de la maman et les couvre tous les deux avec des serviettes de bain. Il calme aussi la pauvre Ava, marquée par les souffrances endurées par Alexandra. «Tout cela est normal quand un bébé arrive», rassure le papa protecteur, qui peut enfin consacrer du temps à sa petite fille. Car les secouristes arrivent eux aussi vite sur place pour prendre le relais. «Des ambulanciers et des soignants, dont un médecin, précisent les heureux parents. Ils ont été très efficaces et nous ont envoyé ensuite un petit mot pour nous féliciter. C’est classe.»

Le père submergé par l'émotion

Avant cela, les blouses blanches mettent une perf à la maman et demandent à Maurice s’il veut couper le cordon ombilical. Une plaisanterie après ce que vient de vivre le quatuor de Saint-Jean. «Je l’avais d’ailleurs déjà coupé pour Ava», réagit le père de famille.

Puis les ambulanciers emmènent la maman et son bébé à la maternité, où ils passeront deux nuits. Maurice et Ava les rejoignent un peu plus tard. Et là, en voyant Joris dans les bras d’Alexandra, une fois la tension retombée, Maurice est submergé par l'émotion. Et se met à fondre en larmes. «J’avais déjà pleuré à la naissance d’Ava», tempère-t-il.

Également impatiente de voir le jour, elle était, pour sa part, née deux semaines avant le terme prévu. Lors de notre entretien avec ses parents, la fillette chantonnait à tue-tête. Elle ne paraît guère traumatisée par les événements. «Elle a juste plus de peine à s’endormir et on doit rester plus longtemps à ses côtés, souligne sa maman. Mais je pense que c’est plus dû à l’arrivée de son petit frère qu’à l’accouchement.»

(24 heures)

Créé: 12.01.2018, 07h59

«Les cas sont rares»

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui ont enregistré 4183 naissances en 2017, ne disposent pas de statistiques particulières sur les accouchements insolites. «Nous n’en avons pas, car les cas sont trop rares», précise Nicolas de Saussure, responsable Médias et Relations publiques des HUG.

«À la maternité, ils n’avaient pas le souvenir d’une histoire comme la nôtre», renchérissent Alexandra Klein et Maurice Breguet. En dix ans d’expérience, Corine-Yara Montandon La Longe, sage-femme responsable de secteur à la maternité des HUG, ne se souvient que de quelque cas d’accouchements particuliers: «Les futurs parents ont souvent peur et plutôt tendance à arriver prématurément à la maternité.»

Afin de prévenir des accouchements précipités, «nous proposons des cours de préparation à la naissance, ainsi qu’une brochure informative, note la professionnelle. Nous encourageons à ne pas attendre le dernier moment pour venir. Mais les contractions, c’est compliqué et le seuil de tolérance à la douleur est très différent selon les individus.»

Et d’indiquer que pour les premières grossesses, les patientes peuvent attendre à la maison, si elles se sentent bien, jusqu’à des contractions régulières pendant deux heures. Pour un deuxième ou troisième bébé, cette durée se réduit de moitié. En cas de naissance express, à l’image de celle de Joris, la sage-femme relève qu’une salle de bains est un bon emplacement pour accueillir un bébé: «Elle permet de parer aux saignements et de garder la maman et l’enfant au chaud, grâce aux serviettes de bain.» Il n’est pas urgent de couper le cordon ombilical, relève-t-elle finalement. L.B.

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