Bernard Rappaz rêve d’aider les paysans népalais

CoopérationLe chanvrier valaisan vient de créer une ONG qui veut diversifier les cultures au Népal.

Bernard Rappaz a créé l'ONG Népal Evolution.

Bernard Rappaz a créé l'ONG Népal Evolution. Image: DR

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Sa longue crinière grise n’a pas changé. Son franc-parler non plus. A 63 ans, Bernard Rappaz se lance dans sa nouvelle aventure avec le même enthousiasme que jadis, lorsqu’il s’essayait à l’énergie éolienne ou à l’agriculture biologique. Cette fois, le chanvrier valaisan s’est mis en tête d’aider le Népal. «Un pays fantastique, même si c’est l’un des plus pauvres du monde, dit-il. J’y suis déjà allé cinq fois, et j’y ai posé mes yeux de paysan.» Son idée: soutenir les populations des villages les plus reculés, perchés à plus de 3000 mètres d’altitude.

L’homme est, pour quelques semaines encore, en liberté conditionnelle. Il finit de purger la peine de 5 ans et 8 mois de prison dont il a écopé pour violation grave de la loi sur les stupéfiants, faux dans les titres et blanchiment. Sa ferme et ses terres, à Saxon, ont été saisies. «Je n’ai plus rien. Pour la première fois de ma vie, je me retrouve à l’aide sociale», se désole-t-il. Le chômage? «Oh, je touche une bricole. Et je serai bientôt en fin de droits. Mais je vais bien!» Désormais installé à Isérables, l’irréductible, converti au bouddhisme, dit avoir été accueilli positivement dans cette petite localité accrochée à la montagne.

«Le quinoa serait bien adapté»

Son projet dans l’Himalaya n’a rien à voir avec la reconstruction des zones dévastées par les séismes de l’an dernier. «Il y a déjà de nombreuses ONG qui font ce travail, constate Rappaz. Notre mission se veut complémentaire.» Népal Evo­lution, l’association qu’il vient de fonder avec deux amis vaudois, entend proposer aux habitants des régions concernées de diversifier leurs cultures et leur alimentation. «Pour l’instant, en haute altitude, ils ne font pousser que de l’orge. Comme ils n’ont presque pas de viande, le quinoa, riche en protéines, serait bien adapté. Tout comme le seigle: je leur ai apporté une variété très résistante de la vallée de Conches l’année passée.»

L’ex-gréviste de la faim se réjouit de retourner sur place, dès que possible, pour voir comment ses graines ont supporté le climat. Et esquisse déjà les prochaines pistes: pommes, poires, abricots, châtaignes, voire l’élevage de truites. «Il y a de nombreux lacs, mais aucun poisson à pêcher!»

Pas de but lucratif

Népal Evolution ne vise pas de but lucratif, précise le Valaisan. Pour lancer la machine, il compte sur le soutien des nombreuses personnes qui lui ont écrit en prison. Les prospectus qu’il vient de faire éditer citent deux parrains de renom, l’animateur Jean-Marc Richard et Philippe Roch, ancien chef de l’Office fédéral de l’environnement. «Bernard est un ami. J’ai beaucoup de sympathie pour son engagement en faveur de l’écologie», confirme le Genevois. S’il avoue ne pas avoir une connaissance détaillée des projets de Rappaz au Népal, apporter sa caution morale à un personnage aussi controversé ne lui pose aucun problème. «C’est un bon gars qui a été maltraité par les autorités.»

Et le chanvre, dans tout ça? «Il y en a déjà des champs entiers, rigole Bernard Rappaz. A part le fumer, les Népalais n’en font rien. Mais je n’ai pas envie de m’en mêler là-bas.» L’ex-taulard restera cependant un militant convaincu jusqu’à sa mort. Il apportera son soutien à l’initiative populaire qui vient d’être lancée en Suisse alémanique pour exiger la légalisation du cannabis. (24 heures)

Créé: 30.04.2016, 10h24

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