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Berne multiplie ses efforts contre l'initiative UDC

L'initiative sur le renvoi effectif des criminels étrangers ne colle pas aux valeurs de la Suisse, a estimé dimanche Didier Burkhalter.

L'initiative UDC est «parfois injuste et incohérente», estime le chef du Département fédéral des affaires étrangères.
L'initiative UDC est «parfois injuste et incohérente», estime le chef du Département fédéral des affaires étrangères.
Keystone

A un mois de la votation sur le renvoi des criminels étrangers, le Conseil fédéral sort de sa réserve. Après Simonetta Sommaruga samedi, Didier Burkhalter a critiqué dimanche le texte de l'UDC. «L'initiative ne colle pas aux valeurs de la Suisse», selon lui.

Pour le conseiller fédéral, la volonté populaire sur la question de l'expulsion des criminels étrangers a été respectée. Le Parlement a fait son travail. Il a élaboré une loi «dure mais juste» qui permet de tenir compte de chaque cas individuel.

Au contraire, l'initiative UDC est «parfois injuste et incohérente», estime le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans une interview au Matin Dimanche. Elle impose un tarif unique sans tenir compte de la gravité des comportements. Elle ne punira par exemple pas des personnes qui préparent un attentat ou organiseraient un mariage forcé, illustre-t-il.

A l'inverse, elle sanctionnera pour des infractions mineures un voisin ou un collègue de travail, portugais ou italien, qui a passé 30 ans en Suisse, y a vu naître ses enfants et petits-enfants, rappelle le Neuchâtelois. Pour lui, il est légitime de vouloir augmenter la sécurité, mais sans omettre de respecter les principes d'humanité.

«Autogoal»

Le chef de la diplomatie suisse voit aussi dans ce texte le grain de sable qui rendra encore plus difficile la recherche d'une solution entre la Suisse et l'Union européenne pour le maintien de la voie bilatérale. Les Suisses veulent plus de sécurité et plus de prospérité. Mais en acceptant l'initiative, ils auront moins des deux, avertit-il, en évoquant même le terme d'«autogoal».

La Suisse a signé des conventions internationales qu'elle juge bonnes, à l'instar de celle sur les droits de l'enfant. «Ces valeurs-là sont celles de la Suisse. Et il ne faut pas les remettre en cause», assène-t-il.

Simonetta Sommaruga a d'ores et déjà prévenu que la Suisse ne dénoncera pas la Convention européenne des droits de l'Homme, même si le texte de l'UDC est accepté.

«Il n«y a eu à ce jour qu«une seule et unique dénonciation de la Convention européenne des droits de l'Homme: la Grèce à l«époque de la dictature des colonels. Est-ce vraiment cet exemple que la Suisse devrait suivre ?», lance-t-elle dans un entretien diffusé samedi par Le Temps.

Conflit avec le droit international

Pour la ministre de la justice, le but des initiants est de placer la Suisse dans une situation de conflit entre la volonté populaire et ses engagements internationaux. Elle relève d'ailleurs que «l'UDC veut aller encore plus loin sur ce terrain avec sa nouvelle initiative pour la primauté générale du droit constitutionnel suisse sur le droit international».

Ce droit est un moyen pour les petits Etats de se protéger vis-à-vis des grands Etats, martèle encore la socialiste bernoise.

ats

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