«A Berne, je ressens vraiment notre statut de minoritaires»

Un café avec...Lisa Mazzone, 28 ans, représente un panel de minorités à elle toute seule. Cela n’empêche pas la Genevoise de s’affirmer sous la Coupole

La Genevoise Lisa Mazzone au Palais federal.

La Genevoise Lisa Mazzone au Palais federal. Image: Jean-Bernard Sieber

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Le café, Liza Mazzone n’en boit pas. Elle propose d’aller plutôt admirer la vue depuis la Galerie des Alpes, côté sud du Palais. L’endroit est bien plus calme que le Vallotton, petit café qui jouxte le Conseil national, bondé en ce milieu de journée.

Une vie parlementaire très intense

Habituée aux chahuts et aux vannes du Grand Conseil genevois, la nouvelle conseillère nationale trouve l’hémicycle fédéral plus discipliné. Mais la session parlementaire est loin d’être reposante. «Ce Parlement est une véritable ruche, il y règne une agitation permanente. Pendant trois semaines, on est vraiment pris dedans. On bosse beaucoup.» On la suppose donc fatiguée, surtout après les festivités de l’inauguration du Gothard. «Je suis rentrée assez tôt, je ne suis pas tellement friande de ces grands raouts», admet-elle avec un sourire coupable. L’écologiste serait-elle un brin sauvage? «Non, j’aime bien être ces périodes intenses.?Mais il faut tenir sur les trois semaines. Je ne vais pas à toutes les soirées organisées à côté de la session, je trie.»

Genève paraît très loin

Pendant ces trois semaines, Lisa Mazzone vit en Vieille Ville de Berne, dans l’ancien appartement de l’ex-conseiller national genevois vert Ueli Leuenberger. «Ce studio est juste parfait, s’enthousiasme-t-elle. Genève est loin. Rentrer paraît difficile.» Cette distance entre Berne et Genève, Liza Mazzone la sent plus qu’elle ne le pensait sous la coupole. «On ressent vraiment notre statut de minoritaires. En tant que Genevois surtout, on ne se rend pas forcément compte des positions généralement plus conservatrices du reste de la Suisse. Au niveau de la langue aussi. Dans les chambres et en commission, l’allemand domine vraiment.» A ce niveau, Lisa Mazzone reconnaît qu’elle doit encore potasser un peu. Elle a planifié trois semaines de cours intensifs en Allemagne cet été.

Les premières amitiés

En attendant que la Verte améliore son vocabulaire, son intégration auprès des autres Parlementaires se fait gentiment. «Cela prend du temps, c’est normal. Bon, avec la délégation verte s’est facile d’apprendre à se connaître tous, nous sommes tellement peu!» reconnaît-elle en éclatant d’un rire franc. Un avantage lorsque l’on n’entre pas dans la médiane du profil-type du Parlementaire - mâle, la cinquantaine bien tassée et appartenant au camp bourgeois. L’élue de 28 ans s’est liée d’amitié avec sa collègue de commission et de parti Sibel Arslan (Vert/BS), élue en octobre elle aussi. «En tant que jeunes femmes, on sent qu’il est plus difficile de nous imposer. Nous nous motivons mutuellement en nous rappelant que nous avons été élues et que notre présence est tout aussi légitime que les autres.»

La défense des minorités

Lorsque l’on demande à la Genevoise le thème qu’elle tient en particulier à porter sous la coupole, la réponse ne surprend guère. «Faire avancer la question de l’égalité, tant pour les femmes que les minorités en général, me tient particulièrement à cœur.» (24 heures)

Créé: 03.06.2016, 12h58

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