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Berne veut des données incontestées dans la santé

Le Conseil fédéral donne suite à une motion d’Adèle Thorens et d’Olivier Feller. Un groupe de travail est créé.

Image d'illustration
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Le Conseil fédéral veut mettre de l’ordre dans les chiffres de la santé. Il recommande d’accepter deux motions identiques des conseillers nationaux Adèle Thorens (Verte/VD) et Olivier Feller (PLR/VD) qui demandent l’établissement de statistiques incontestées par un organisme indépendant, et dont nous révélions le détail en mai. Dans sa réponse publiée mercredi, le gouvernement précise qu’il est en train de créer un groupe d’experts chargé d’étudier la question.

«Je suis satisfait de voir que le Conseil fédéral partage notre constat, s’exclame Olivier Feller. Nous avons aujourd’hui des données provenant de sources différentes et parfois contradictoires.» Pour les motionnaires, l’établissement de statistiques fiables est aussi un préalable indispensable à un débat démocratique. «Les guerres de chiffres actuelles ne mènent à rien et entraînent une perte supplémentaire de confiance des uns envers les autres», résumait Adèle Thorens lors du dépôt des interventions.

«Afin d’améliorer la transparence du système de santé et d’identifier des mesures efficaces pour maîtriser les coûts, il est nécessaire de collecter les données de façon transparente et cohérente», renchérit le Conseil fédéral. Selon lui, cela permettra aussi d’éviter les pertes de temps liées aux doublons et aux erreurs de saisie. Il rappelle que les experts mandatés par la Confédération arrivent à la même conclusion dans leur rapport publié en octobre 2017.

Le parlement peut encore s’opposer à ces motions. Les travaux, eux, ont commencé. Sur la base du rapport d’experts, le Département de l’intérieur est en train de créer un groupe qui devra «élaborer une stratégie pour la collecte, le traitement et l’analyse des données dans le domaine sanitaire». Première étape: faire un état des lieux des données disponibles et identifier les lacunes. «Les travaux commenceront en octobre», confirme Grégoire Gogniat, porte-parole de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). On trouvera dans ce groupe, dont la composition est en cours, des représentants des «principaux secteurs de la santé» et les résultats sont attendus dans le courant de l’année prochaine.

Santésuisse, l’une des deux faîtières des assureurs, confirme qu’elle y participera. «Avoir des données solides pour mener notre politique de santé fait sens», souligne son porte-parole, Christophe Kaempf. Président de la Société vaudoise de médecine, Philippe Eggimann salue lui aussi cette décision. Ce médecin a soutenu les motions d’Adèle Thorens et d’Olivier Feller, dans une tribune publiée dans «Le Temps» et cosignée par les présidents des sociétés de médecine genevoise, jurassienne, fribourgeoise et neuchâteloise.

«Les données actuelles proviennent en grande majorité de la SASIS, un organisme lié aux assureurs, poursuit le Vaudois. Ces chiffres doivent être validés par un organisme indépendant et être confrontés avec ceux provenant des médecins. Ensuite, nous devrons nous mettre d’accord sur une méthodologie pour les traiter.» Il précise que, lors d’un vote indicatif, l’assemblée des délégués de la Fédération suisse des médecins (FMH) a soutenu ce principe.

Si cette première étape les satisfait, Adèle Thorens et Olivier Feller veillent au grain. «Il sera intéressant de voir qui exactement fera partie du groupe de travail», relève la première. «Il faudra vérifier que cette procédure conduira bel et bien à la production de données indépendantes analysées par une structure neutre avec une méthodologie rigoureuse», conclut le second.

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