Berne veut faire évacuer les zones dangereuses

SuisseLa Confédération veut faire exproprier les habitations dans des zones dangereuses. Des propriétaires contestent la pratique, surtout sans compensations.

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Aux grands maux les grands remèdes, estime l'Office fédéral de l'environnement dans un rapport paru fin janvier. Il propose d'exproprier les propriétaires de résidences dans les zones dangereuses et de faire évacuer les habitants pour prévenir des drames comme celui de Bondo, explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 29 août.

Les coûts pour la protection de ces zones à risque pourraient en effet prendre l’ascenseur et les communes concernées doivent être encouragées à étudier toutes les options comme le transfert et le démantèlement, écrit le directeur adjoint Josef Hess. «Dans certains cas, il s'avère parfois judicieux de résoudre ces conflits une fois pour toutes avec ces mesures.»

Des zones évoluent

La pratique recueille le soutien des spécialistes. «Il n'y a aucune raison à rejeter l'option de la relocalisation dans certains cas», estime Daniel Farinotti, glaciologue à l'EPFZ. Il s'agit en effet de trouver un équilibre entre les coûts et les avantages.

Cette évolution des pratiques s'explique par le réchauffement climatique qui transforme des régions considérées jusqu'à présent comme sûres en zones à risque. La Confédération évoque notamment des glissements de terrain et des détachements de parois rocheuses, qui peuvent être combattus par des moyens techniques.

Inquiétude des propriétaires

Le danger ne peut toutefois pas toujours être contenu et dans certains cas, le transfert de personnes reste la meilleure variante, souligne le géologue bernois Hans Rudolf Keusen. Il est en effet parfois impossible techniquement de protéger chaque maison.

Les propriétaires s'inquiètent et exigent que toute expropriation ne soit ordonnée qu'en cas d'urgence et que la valeur de leur habitation soit pleinement compensée. «Quiconque a bâti sa maison légalement a droit à une compensation totale, même si la commune change ensuite le terrain en zone à risques», souligne Ansgar Gmür, directeur de la fédération suisse des propriétaires.

Autre son de cloche toutefois chez le conseiller aux Etats Hannes Germann (UDC/SH), également président de l'Association des Communes suisses. «Si quelqu'un vit dans une zone à risque, c'est du ressort de sa propre responsabilité. Il est donc faux de vouloir relocaliser ces personnes.»

Créé: 29.08.2017, 11h47

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