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SuisseBerne veut freiner les salaires des diplomates

Diplomates et employés consulaires pouvaient compter sur une augmentation régulière de leur rémunération jusqu'à leur retraite. Le DFAE veut y mettre fin.

Parmi les dossiers que va transmettre Didier Burkhalter à son successeur Ignazio Cassis figure la réforme de la carrière diplomatique.
Parmi les dossiers que va transmettre Didier Burkhalter à son successeur Ignazio Cassis figure la réforme de la carrière diplomatique.
Keystone

Ignazio Cassis aura droit à un gros morceau lors de son entrée en fonction: la réforme du système des salaires et de carrière au sein du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Une réforme sur laquelle Micheline Calmy-Rey s'était cassée les dents et que Didier Burkhalter avait repris pour la faire progresser.

L'incertitude règne toutefois dans les rangs du DFAE où rien n'a filtré sur l'évolution du projet. Il est seulement connu que le Conseil fédéral en prendra connaissance en mars 2018 et qu'il entrera en vigueur au 1er janvier 2019, rappelle le Tages-Anzeiger dans son édition du 3 octobre.

Vers la fin des hausses continues

L'objectif de la réforme vise à harmoniser les rémunérations entre le corps diplomatique et l'administration fédérale. L'obligation de changer de poste et de fonction tous les trois ou quatre ans devrait s'accompagner d'une évolution de la rémunération, que ce soit à la hausse ou à la baisse.

Actuellement, le système de carrière garantit aux diplomates une hausse de leur salaire jusqu'à la retraite, peu importe le poste occupé. Des réductions de rémunération ne sont envisageables que comme sanction.

Inquiétude de l'association du personnel

A partir du 1er janvier 2019, le service du personnel du DFAE va évaluer 700 postes en Suisse et à l'étranger pour fixer les salaires. Didier Burkhalter assurait en son temps qu'il ne s'agissait pas d'un programme d'économies mais pour Maria Bernasconi, secrétaire générale de l'Association du personnel de la Confédération (APC), on n'en est pas loin.

«L'APC approuvera la réforme uniquement si le DFAE parvient à prouver qu'il ne va pas économiser. Ce n'est pas encore le cas», a souligné l'ancienne conseillère nationale socialiste genevoise.

Elle demande également de renforcer le service du personnel. «Il faut des critères objectifs pour un changement de poste. Car il y a le risque d'une baisse de salaire si le travail demandé sur le nouveau lieu de travail est moins exigeant. Ensuite, les qualités intrinsèques des personnes doivent jouer un plus grand rôle.»

Des diplomates sceptiques

La réforme est suivie de près par les milieux politiques. La commission de gestion du Conseil des Etats recommandait son introduction en 2016, demandant davantage de transparence dans le processus de promotion du corps diplomatique, ce qui n'est actuellement pas le cas, comme l'avait constaté le Contrôle fédéral des finances (CDF).

Ce dernier a sévèrement critiqué la direction des ressources au DFAE dans un rapport en mars 2017. Le CDF déplorait que les listes de candidats pour les postes à repourvoir étaient adaptées selon la hiérarchie, comprenez que les plus expérimentés étaient privilégiés. Une approche jugée «incompréhensible» puisque les processus privilégiaient l'expérience au détriment parfois de la qualité.

Ces critiques, ainsi que les projets de réforme, ont interpellé le corps diplomatique. Qui se demande comment le DFAE va mieux prendre en compte les compétences et les qualités s'il manque déjà de transparence. Et comment il compte rendre la carrière intéressante si les candidats doivent s'attendre à des baisses de salaires après plusieurs années d'expérience.

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