Berne veut ouvrir les vannes au vin étranger. C’est le tollé
TourismeL’Administration fédérale des douanes veut faire passer à 20 litres la limite d’importation sans taxe du vin. La profession est atterrée et se mobilise.
C’est la surprise de l’été. Alors que le secteur vinicole suisse est en crise, que le tourisme d’achat et le franc fort plombent les comptes des détaillants suisses, l’Administration fédérale des douanes, sans avoir préalablement consulté les milieux concernés, propose de faire passer à 20 litres par personne et par jour la limite d’importation sans taxe du vin, aujourd’hui fixée à 2 litres.
Inscrite dans un projet de «révision partielle des dispositions légales relatives à l’importation de marchandises dans le trafic touristique», la nouvelle disposition de l’article 65 de l’ordonnance sur les douanes (OD), qui représenterait une augmentation de 900% de la limite dès le 1er janvier 2014, provoque un tollé chez les professionnels de la branche.
«L’augmentation de la franchise s’impose»
Dans son rapport, la Direction générale des douanes, qui dépend du Département fédéral des finances dirigé par Eveline Widmer-Schlumpf, affirme que l’augmentation de la franchise s’impose pour des raisons de simplification administrative et qu’elle est destinée, de façon prioritaire, à préserver la fluidité du trafic.
«Il s’agit d’un véritable scandale, s’indigne Thierry Walz, directeur général du Groupe Uvavins et vice-président de Swiss Wine. Quel est donc le but recherché par les fonctionnaires bernois: favoriser encore davantage le tourisme d’achat, affaiblir un peu plus la branche vitivinicole du pays? Pourquoi choisissent-ils la période de vacances pour lancer une consultation de courte durée? Je n’ai pas les réponses, mais je sais que nous allons nous battre, parce qu’une fois de plus, on donne sans rien obtenir en échange. La frontière suisse, décidément, c’est du gore-tex à l’envers!» «Le projet est aberrant, proteste à son tour Willy Deladoëy, président de la Fédération vaudoise des vignerons. Alors que nous lui demandons de nous aider, le Conseil fédéral nous répond en nous tirant une balle dans le pied! C’est d’autant plus incompréhensible que rien ne justifie que l’on augmente la franchise: ce sont en effet des quantités d’importation qui ne sont pas régies par les accords bilatéraux… Quoi qu’il en soit, nous sommes en train de nous mobiliser à large échelle, et la partie n’est pas encore perdue.»
La colère de Philippe Leuba
Quant à Philippe Leuba, chef du Département vaudois de l’économie, il ne décolère pas et a donc signifié son opposition au Département fédéral des finances et écrit, dans la foulée, au conseiller d’Etat jurassien Michel Probst, président de la Conférence des chefs des départements cantonaux de l’économie publique, ainsi qu’à tous les membres de la députation vaudoise à Berne, pour les alerter sur la «profonde déstabilisation du marché» qui se produirait «au détriment de la production indigène à laquelle nous sommes tous naturellement attachés.»
Développement complet dans notre journal de ce samedi
Créé: 13.07.2013, 09h14
Articles en relation
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
Caractères restants:
J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.


Veuilliez attendre s'il vous plaît 

