Berset, Cassis et Blocher à la manœuvre sur le dossier UE

Conflit avec l’Union européenneSur le dossier européen, chaque acteur fait entendre sa petite musique ou sa grosse fanfare. Voici les derniers échos

Alain Berset, bien qu’europhile, adopte un langage plus ferme sur les relations avec l’UE.Ignazio Cassis propose une solution arbitrale aux conflits de droit avec l’UE. Christoph Blocher installe à coups de violentes attaques l’idée que des «traîtres» vendent la Suisse à l’UE.

Alain Berset, bien qu’europhile, adopte un langage plus ferme sur les relations avec l’UE.Ignazio Cassis propose une solution arbitrale aux conflits de droit avec l’UE. Christoph Blocher installe à coups de violentes attaques l’idée que des «traîtres» vendent la Suisse à l’UE.

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La vaisselle qui a été cassée entre la Suisse et l’Union européenne (UE) n’est pas près d’être recollée. Un grand accord institutionnel entre les deux parties au printemps, comme le souhaitait le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, tient de plus en plus de la science-fiction. Les prises de parole des différents acteurs sur la scène politique suisse ce week-end ne démentent pas cette impression. Revue des engagements de Berset, de Cassis et de Blocher ces trois derniers jours.

Berset ne veut pas être mis sous pression par Bruxelles

Le président de la Confédération, Alain Berset, ne prend pas de gants dans la NZZ am Sonntag. Interrogé sur l’insistance de Bruxelles pour que la Suisse signe rapidement un accord institutionnel, il lâche: «Nous ne nous laissons pas mettre sous pression.» Bien qu’europhile, il juge «incompréhensible et discriminatoire» le refus de l’UE d’accorder à la Suisse une équivalence boursière durable. Il estime aussi «inacceptable» que la Suisse se retrouve à nouveau sur une liste grise des paradis fiscaux. Faut-il voir dans ce langage ferme de Berset un geste de mauvaise humeur suite au fait que Jean-Claude Juncker n’ait pas une minute pour le rencontrer à Davos? Le Fribourgeois dément catégoriquement. Il souligne qu’il peut discuter avec le Luxembourgeois «à n’importe quel moment quand cela s’avère nécessaire». Sur les pattes arrière avec l’UE, Alain Berset se montre en revanche tout miel avec son collègue Cassis, «qui a bien démarré» sa nouvelle fonction de ministre des Affaires étrangères. Il attend de lui ces prochains jours des solutions pour sortir du guêpier européen.

Cassis propage une solution avec le Tribunal fédéral

Comment éviter les «juges étrangers» pour régler les litiges entre la Suisse et l’UE en cas d’accord institutionnel? Cette question taraude le Conseil fédéral depuis des années. Il sait qu’un accord trop favorable juridiquement à l’UE, et déjà attaqué préventivement par l’UDC, aurait des chances minimes de l’emporter lors d’une votation populaire. Selon la presse dominicale, Ignazio Cassis a trouvé la parade. Il pousserait à la roue pour incorporer dans le processus juridique le Tribunal fédéral suisse. L’idée serait que la Cour européenne ne soit pas la seule à dire le droit en cas de conflit, notamment sur sol suisse. En cas de divergence entre les deux instances juridiques, un tribunal arbitral paritaire trancherait. Il est douteux que l’UE applaudisse des deux mains à cette solution. Elle a toujours insisté pour que le droit européen constitue le socle juridique d’un accord institutionnel.

Blocher radicalise son discours avec les «salopards»

Vendredi, dans son antre de l’Albisgüetli, le patriarche de l’UDC Christoph Blocher a encore radicalisé son discours. Il a fait part des messages lui parvenant qui dénoncent «les salopards» qui ne respectent pas les victoires de l’UDC dans les urnes. Blocher n’a pas repris ce mot à son compte mais a dénoncé le «coup d’État» contre l’initiative sur l’immigration, non appliquée par le parlement. Il s’en est pris aussi violemment au Conseil fédéral. Il l’a traité de «syndicat d’escrocs sapant la démocratie» car mentant effrontément au peuple sur l’immigration UE, sur Schengen, sur les assurances-maladie ou sur le prix de l’énergie. Blocher installe de plus en plus l’idée que des «traîtres» sont à l’œuvre pour vendre la Suisse à l’UE.

Le PDC ne veut pas un «reset» du mandat de négociations

Premier petit succès de Cassis dans le dossier européen: le PDC rebaptise illico presto «l’accord institutionnel» avec l’UE en «accord sur l’accès aux marchés», comme le demande le Tessinois. Le PDC voit aussi d’un bon œil une solution arbitrale aux litiges où la Cour européenne de justice «ne joue pas un rôle prépondérant». En revanche, le PDC s’oppose à toute discussion autour d’un nouveau mandat de négociations au parlement. Pourquoi? «Cela servirait sur un plateau à nos partenaires de l’UE un aperçu de toutes les positions de la Suisse.»

Créé: 22.01.2018, 08h18

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