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Assurance maladieBerset: «On ne peut pas réaliser l’impossible»

Le ministre de la Santé Alain Berset revient sur la nouvelle hausse des primes. Et appelle les acteurs à faire des efforts.

Les primes de l'assurance maladie de base augmenteront de 4% en moyenne en 2018 pour les adultes, et même de 5% pour les enfants, d'après les données publiées jeudi par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les cantons romands sont les plus touchés. Vaud détient en effet la palme de la plus forte hausse avec 6,4%, devant le Valais (+5,9%), Genève (+5,4%) et Neuchâtel (+5,4%). Seul Fribourg est en dessous de la moyenne (3,8%). Le point avec le ministre de la Santé, Alain Berset (PS/FR).

Redaktion Tamedia: les cantons romands sont les plus mal lotis, pourquoi?

Alain Berset: Il y a d’une part une correction dans certains cantons pour des primes qui ont été perçues de manière trop basses ces dernières années. Et cela, on le voit de manière très simple à la fin de l’année: les assureurs encaissent les primes et à la fin de l’année, ils regardent si elles couvrent les coûts ou non. Si les coûts sont plus élevés que prévu, il y a un décalage qu’il faut rattraper l’année suivante. En outre, il y a, pour certains assureurs fortement ancrés en Suisse romande, un besoin de rattrapage pour les réserves. Ensuite, l’estimation des coûts pour l’année prochaine joue également un rôle.

Avec 4% de hausse moyenne des primes, on est proche de ce que préconise Santésuisse, la faîtière principale des assureurs. Le CF n’a pas pu faire davantage pression à la baisse?

Il faut dire que la hausse aurait été plus élevée sans l'adaptation sur les tarifs médicaux Tarmed décidée par le Conseil fédéral pour début 2018! On a pu montrer qu’il est possible d’agir. Il faut maintenant que cela tienne, que l’ensemble des prestataires de soins et les assureurs travaillent pour que cela soit appliqué l’année prochaine et qu’on soit capable de trouver un bon niveau entre les coûts et la performance.

L’une des craintes est que les médecins facturent davantage ailleurs pour récupérer un peu. Comment allez-vous pouvoir contrôler cela?

Nous avons prévu de mettre en place un monitoring relativement précis et pointu avec les assureurs, et cela doit nous permettre d’obtenir de la transparence dans ce domaine.

Et si cela ne fonctionne pas?

Peut-être qu’il y aura alors d’autres questions à se poser sur le système de santé. Le Conseil fédéral fait tout ce qu’il peut pour agir dans ce domaine-là. Il faut ensuite que le Parlement suive, que les partenaires tarifaires, les assureurs, les médecins et les hôpitaux fassent un travail sur le terrain. On ne peut pas réaliser l’impossible. On fait tout ce qu’on peut de notre côté, mais si à la fin on constate que des acteurs de la santé ne jouent pas le jeu, ce sera alors une toute autre question qui se posera.

Quelles sont les autres pistes envisagées mis à part Tarmed?

Nous avons des mesures importantes dans les médicaments qui arrivent. Mais nous aurons besoin pour cela du soutien du Parlement. Autre élément: nous souhaitons donner durablement la compétence aux cantons d’agir en matière ambulatoire pour n’autoriser sur leur territoire que les médecins nécessaires pour le bon fonctionnement du système de santé. Nous avons encore un rapport d'un groupe d’experts nationaux et internationaux qui vient d’arriver et sur lequel nous allons devoir nous pencher pour voir s’il n’y a pas d’autres mesures à prendre. Il y a aussi un projet sur la qualité sur lequel le Conseil fédéral travaille depuis des années, qui est pour le moment bloqué au Parlement. Si on arrivait à mettre en œuvre ces éléments-là, cela nous permettrait de faire des pas très importants.

Plusieurs initiatives populaires arrivent en vue de limiter les hausses de primes. Notamment une qui veut permettre la mise en place d'institutions cantonales ou régionales chargées notamment de fixer et d'encaisser les primes. Qu’en pensez-vous?

Les cantons jouent un rôle très important dans le domaine de la santé. Ils ont la responsabilité d'hôpitaux publics, celle de l’approvisionnement en soins sur leur territoire, ils ont beaucoup de tâches, notamment dans le domaine de la planification hospitalière. Et il est difficile pour eux d’avancer de manière stable. Ils sont engagés et il est très important que Confédération et cantons puissent travailler ensemble.

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