Un bilan mitigé selon la droite, extraordinaire selon les autres

Eveline Widmer-SchlumpfLes partis politiques réagissent au départ de la conseillère fédérale, qui ouvre la voie à un second siège UDC au gouvernement.

Eveline Widmer-Schlumpf quitte la scène avec classe.

Eveline Widmer-Schlumpf quitte la scène avec classe. Image: DR

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Eveline Widmer-Schlumpf quitte la scène avec classe. Un sentiment largement partagé dans le monde politique. Les élus des partis du centre et de la gauche tressent des couronnes à la ministre et à son bilan. «Elle a manifesté de l’élégance et de la dignité au moment de partir, malgré la période difficile que nous vivons. C’est à l’image de son travail, juge la sénatrice Géraldine Savary (VD), vice-présidente du PS suisse. Cela montre qu’elle attachait moins d’importance à sa propre personne qu’à la chose publique.»

Pour le socialiste Roger Nordmann (VD), Eveline Widmer-Schlumpf «a permis de libérer le pays de Christoph Blocher, de son mépris des lois et de la collégialité. Il fallait avoir le courage d’accepter la fonction. C’était déjà historique en soi! Surtout, elle a fait transiter le pays vers une place financière propre. Elle entrera dans l’histoire pour cela. Elle a aussi sauvé UBS, même si on peut discuter des détails du sauvetage. Et, sans elle, on n’aurait pas eu le tournant énergétique.»

Les écologistes saluent aussi une alliée pour la sortie du nucléaire: «J’ai beaucoup apprécié son travail, elle a mené à bien de nombreuses réformes importantes, réagit Adèle Thorens (VD), coprésidente des Verts. Elle a eu beaucoup de courage politique et a toujours agi dans l’intérêt de la Suisse.»

«Un très grand sens politique»

Le PDC suisse s’est fendu hier soir d’un communiqué plutôt laconique, où il remercie la conseillère fédérale «pour ces huit années d’excellente collaboration», tout en soulignant «sa connaissance approfondie des dossiers financiers». Dominique de Buman (FR), vice-président du PDC suisse, relève aussi «son travail en faveur des minorités linguistiques. Elle a fait l’effort d’apprendre le français mais s’est aussi beaucoup engagée pour le plurilinguisme au sein de la Confédération. J’ai senti chez elle un très grand sens politique.»

Son propre parti, le PBD, est le plus élogieux à son égard. «Eveline Widmer-Schlumpf était souvent en avance sur son temps, et malgré des oppositions massives, elle a mené à bien de nombreuses réformes. C’est grâce à elle que la place financière helvétique s’est orientée vers un avenir crédible et compétitif. Avec la réforme de la fiscalité des entreprises (RIE) III, c’est un projet important qui est prêt pour le débat parlementaire.» «Elle a gagné dix votations populaires ces dernières années», ajoute le président du PBD, Martin Landolt.

«Une politique financière catastrophique!»

A droite, on tire un bilan nettement moins enthousiaste. Le vice-président du PLR, Christian Lüscher (GE), évoque un parcours «très nuancé. Son passage au Département fédéral de justice et police (DFJP) en 2008 a été inodore et incolore. Aux Finances, on peut lui reprocher quelques sérieux faux pas, comme l’accord avec les USA et la convention sur les successions signée avec la France, estime le Genevois. On ne peut, par contre, pas lui en vouloir pour l’abandon du secret bancaire: n’importe quel ministre aurait agi de même. Si ce n’est qu’il y avait chez elle une volonté d’en faire toujours un petit peu trop pour montrer que la Suisse est première de classe!» L’UDC Céline Amaudruz (GE) reconnaît que la conseillère fédérale «connaissait et maîtrisait bien ses dossiers», mais c’est tout. «Sa politique financière a été catastrophique, juge la Genevoise. La Suisse a perdu beaucoup de souveraineté avec l’échange automatique d’informations et la fin du secret bancaire. Plutôt qu’une ministre capable de défendre les intérêts du pays, on avait l’impression qu’elle se voyait toujours comme la perceptrice du canton des Grisons.»

L’Association suisse des banquiers se montre moins sévère. Elle relevait hier soir qu’Eveline Widmer-Schlumpf «a défendu résolument les intérêts de la Suisse et de la place financière au niveau international. Elle s’est aperçue rapidement que l’échange automatique d’informations serait imposé comme standard international. Elle a emprunté ce chemin et a en conséquence bien positionné la Suisse.»

Les papables à la succession

Créé: 28.10.2015, 21h33

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