Le bruit perturbe les bébés prématurés

SciencesUne étude de l’Université de Genève montre que les enfants nés avant 33 semaines souffrent d’un environnement bruyant.

Il faut veiller à limiter le bruit dans les unités de néonatologie, afin de ne pas affecter le développement cérébral des prématurés.

Il faut veiller à limiter le bruit dans les unités de néonatologie, afin de ne pas affecter le développement cérébral des prématurés. Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ / STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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Des chercheurs de l’Université de Genève, en collaboration avec une équipe grenobloise, ont montré les conséquences négatives du bruit sur les capacités sensorielles des bébés prématurés. Le résultat est publié dans la revue Scientific Reports.

De manière générale, les bébés nés entre 28 et 33 semaines d’aménorrhée – soit environ deux mois avant terme – risquent de développer des difficultés ou des troubles neurodéveloppementaux à cause de la prématurité en soi et de l’environnement défavorable qui suit la naissance. En effet, le bébé prématuré est constamment entouré de bruits – les alarmes des pompes d’alimentation, par exemple. On savait que ce bruit perturbait notamment son sommeil. Désormais, il est prouvé qu’un bruit quotidien affecte également les capacités tactiles du nourrisson et son apprentissage sensoriel.

L’étude, dirigée à Genève par Fleur Lejeune et Edouard Gentaz, portait sur 63 bébés, certains placés dans un environnement silencieux, d’autres dans un milieu bruyant. L’expérience a consisté à placer un prisme dans les mains des bébés et à le leur redonner chaque fois qu’ils le faisaient tomber. Dans le groupe silencieux, au bout d’un moment, les bébés lâchaient l’objet assez vite, signe qu’il leur était devenu familier. Dans une deuxième partie de l’expérience, la moitié des bébés recevait un autre objet, qu’ils tenaient plus longtemps en main, car il était nouveau.

Dans le milieu bruyant, les bébés se sont moins bien familiarisés au prisme et ne l’ont pas lâché au fur et à mesure des essais, comme si le processus de mémorisation de l’objet se faisait plus difficilement en présence du bruit. Lors de la deuxième phase, les nouveau-nés tenaient longtemps le prisme et le nouvel objet, signe qu’ils ne faisaient pas la différence entre les deux. Ces résultats montrent qu’il est important de diminuer les niveaux sonores dans les unités de néonatologie pour ne pas affecter la genèse des circuits neuronaux, soulignent les chercheurs.

Créé: 23.03.2016, 20h06

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