Après Bruxelles, des élus exigent une loi urgente

Service de renseignementAprès les attentats, plusieurs élus veulent muscler immédiatement un Service de renseignement «aveugle et sourd»

Isidor Baumann (PDC/UR) est président de la Commission 
de la politique de sécurité des Etats.

Isidor Baumann (PDC/UR) est président de la Commission de la politique de sécurité des Etats. Image: Keystone

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Les attentats de Bruxelles rendent nerveux le monde politique suisse. Certains élus nationaux, issus du PDC, demandent que le Conseil fédéral renforce en urgence les compétences du Service de renseignement de la Confédération (SRC). Une information parue dans la NZZ am Sonntag . Elle fait écho à l’interview de Pierre Maudet, le ministre de la Sécurité à Genève, qui déplore la faiblesse des services secrets suisses.

«C’est quand même insensé la manière dont le SRC est entravé dans son travail dans la période que nous vivons», explique Isidor Baumann (PDC/UR), président de la Commission de la politique de sécurité des Etats. Il est rejoint par sa collègue du Conseil national Ida Glanzmann-Hunkeler (PDC/LU) pour qui «Bruxelles a montré que la menace terroriste était réelle».

Que réclament-ils donc? Un arrêté fédéral urgent. Ils estiment qu’on ne peut pas attendre l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le renseignement, qui renforce les pouvoirs du SRC. Largement acceptée par le parlement l’an passé, elle est actuellement bloquée par un référendum, issu des Verts et d’une partie de la gauche. Ces derniers dénoncent une intrusion trop grande dans la sphère privée, qui menacerait aussi les citoyens ordinaires. Le peuple tranchera en septembre.

Refus du droit d'urgence

Le ministre genevois PLR de la Sécurité, Pierre Maudet, pense que cette loi, c’est le minimum indispensable. «Quand on regarde en Europe, il est frappant de voir combien le Service de renseignement suisse dispose d’aussi peu de compétences», déclare-t-il dans la SonntagsZeitung. Et d’ajouter cette formule lapidaire. «Pour illustrer notre situation, nous sommes aveugles et sourds.»

A gauche, la conseillère nationale Rebecca Ruiz (PS/VD) fait partie des élus «sécuritaires». Elle relève que le SRC n’a aujourd’hui pas les moyens légaux de faire correctement son travail. Notamment pour accéder aux informations cryptées ou espionner des cellules dormantes terroristes via des chevaux de Troie. Mais elle refuse un droit d’urgence avant la votation. «C’est un sujet sensible qui mérite d’être débattu sans précipitation. Mais après, il faut que la loi entre en vigueur le plus vite possible.»

Chef de file des opposants à la loi, le président du groupe des Verts, Balthasar Glättli, ne veut absolument pas entendre parler d’un droit d’urgence. «On donne l’illusion aux gens qu’on peut agir tout de suite. C’est faux! Cela demande du temps pour implémenter les mesures pour une surveillance accrue. Et un droit d’urgence est aussi néfaste. On prétend qu’il est provisoire et ensuite il devient définitif.» (24 heures)

Créé: 29.03.2016, 08h39

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