«C’est à nos adversaires de faire des propositions pour relancer une réforme»

Votations fédéralesLe non à la réforme des retraites est une lourde défaite pour le Parti socialiste. Le Vaudois Roger Nordmann réagit.

Image: VANESSA CARDOSO

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La défaite du jour est aussi celle de la coalition de centre gauche qui a concocté la Prévoyance 2020. Roger Nordmann, chef du groupe socialiste, s’est fortement engagé en Suisse romande pour défendre le oui. Et le Vaudois n’est pas très optimiste pour la suite. Interview.

Le Parti socialiste a porté cette réforme à bout de bras. Comment réagissez-vous à cet échec?
Je suis évidemment déçu de ce résultat. Je suis inquiet aussi. Ça ne va pas être simple de trouver une autre proposition qui permette de résoudre l’ensemble des problèmes auxquels la prévoyance vieillesse est confrontée.

Regrettez-vous de ne pas avoir embarqué le PLR dans ce compromis? Partir seul avec le PDC, n’était-ce pas suicidaire?
Suicidaire, en tout cas pas. Le résultat très serré le prouve. Evidemment que cela aurait été mieux si le PLR nous avait suivis. Mais comme le parti était totalement opposé aux 70 francs; et que sans les 70 francs, le compromis aboutissait à une baisse des rentes, il était très difficile de se mettre d’accord. J’ai espéré jusqu’à la fin que les libéraux-radicaux fassent comme les Vert’libéraux, et se rallient au projet. Aujourd’hui, les PLR n’ont pas de quoi fanfaronner. Ils ont surtout un immense problème. C’est à eux de proposer une solution qui soit meilleure que celle qu’ils viennent de couler.

La gauche a donné une raclée à la droite sur la troisième réforme de l’imposition des entreprises. Peut-on parler d’un retour de manivelle?
Si la droite a fait cela, alors ce n’est pas très intelligent. Contrairement à la RIE III, où les opposants avaient un plan B assez clair – il avance d’ailleurs très bien – ce n’est pas le cas pour la prévoyance vieillesse. Ça va être très compliqué de mettre tout le monde d’accord. Entre la vision de la droite dure et celle de la gauche alternative, il y a un gouffre.

Justement, cette victoire, c’est celle de qui? De la droite ou de la gauche alternative?
C’est la gauche alternative qui a aidé la droite dure à s’imposer. La moitié des gens ont dit non parce qu’ils trouvaient que le projet de Prévoyance 2020 serrait trop la ceinture, alors que l’autre moitié des gens estimaient que la ceinture n’était pas assez serrée. Dans cette configuration, je ne vois pas vraiment quelle pourrait être une solution alternative.

Il faudra pourtant trouver rapidement un compromis. Dans quelle direction faut-il travailler?
Ce n’est clairement pas à nous de faire des propositions, mais à nos adversaires, à tous ceux qui ont dit qu’ils avaient un plan B. Je suis d’ailleurs curieux de voir comment les vainqueurs du jour arriveront à se mettre d’accord. Entre l’Union patronale suisse et l’extrême gauche genevoise, je ne vois pas beaucoup de terrain de discussion.

On vous sent revanchard. Le PS sera-t-il une force d’opposition ou de proposition dans ce dossier?
Nous attendons les propositions de nos adversaires du jour. Ensuite, nous les décortiquerons, et ferons nos contre-propositions.

La droite veut diviser la réforme en plusieurs paquets et renoncer au bonus de 70 francs. Cela peut-il vous convaincre?
L’augmentation du taux de conversion sans compensation va être très difficile à faire accepter, tout comme l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes. Quant à la hausse de la TVA, il faut voir. Le PS s’est fixé comme ligne directrice de renforcer le financement des 1er et 2e pilier; et – s’il y a des baisses de prestations dans un secteur – de trouver comment les compenser ailleurs. Enfin, nous n’accepterons pas une hausse de l’âge de la retraite au-delà de 65 ans.

La gauche alternative et certains syndicats aimeraient renforcer le 1er pilier au détriment du 2e. Est-ce acceptable?
Ça me paraît difficile. Ils ont fait beaucoup de bla-bla. Ils doivent désormais passer de la parole aux actes et mettre leurs idées sur la table. Ils seront rapidement confrontés à la réalité.

Est-ce que vous regrettez qu’Alain Berset reste au Département fédéral de l’intérieur? Un nouveau conseiller fédéral aurait pu amener de nouvelles idées.
Au contraire. Je suis content qu’il soit toujours à la tête de ce dicastère. Ça permettra de protéger la prévoyance vieillesse de propositions trop nuisibles. (24 heures)

Créé: 24.09.2017, 18h11

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