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«C’est la meilleure option pour sauver les barrages»

Faut-il un traitement de faveur pour l’énergie hydraulique? L’idée de la préserver des aléas du marché convainc à Berne.

Daniel Brelaz (Verts/VD) était l'ancien responsable des Services industriels de la ville de Lausanne.
Daniel Brelaz (Verts/VD) était l'ancien responsable des Services industriels de la ville de Lausanne.
PHILIPPE MAEDER

Avec un réseau de distribution réglementé, l’énergie hydraulique pourrait être commercialisée de manière rentable. Pour sauver les barrages, une partie du Parlement propose de réserver la houille blanche aux clients dits «captifs», à savoir les ménages et les PME. Une idée que défend Daniel Brélaz (Verts/VD), ancien responsable des Services industriels de la ville de Lausanne. Interview.

Est-ce vraiment à la population de payer le sauvetage des barrages?

Il y a déjà pas mal d’endroits, où l’hydraulique est prioritaire. Si cette disposition est étendue à toute la Suisse, cela obligera bon nombre de distributeurs à avoir des contrats à long terme avec l’hydraulique, voire à acquérir des barrages, s’ils ont la certitude de pouvoir écouler le courant sans perdre de l’argent. Pour l’heure, c’est la meilleure option. J’entends toutefois cette critique des associations de consommateurs et de Monsieur Prix. Je la trouve dogmatique. Cela revient à dire qu’on se fiche si ce sont les chinois qui achètent nos barrages.

Quel effet cette mesure aurait-elle sur le porte-monnaie?

Pour le canton de Genève ou la ville de Lausanne qui connaissent déjà un tel système, cela ne changera rien. Pour le reste, en moyenne suisse, les experts évaluent le surplus à 0.5 centimes par kilowattheures, soit environ une hausse de 2% du prix. Ceux qui ont le plus à perdre, ce sont les clients des distributeurs qui profitent du système actuel pour acheter de l’énergie sale. Ils seront obligés de changer leur pratique. La hausse pourrait être de 1 à 1.5 centimes par kwH.

On cherche des solutions pour corriger un système ambigu, où le marché n’a été que partiellement libéralisé.

On pourrait totalement libéraliser le marché, mais cela n’apporterait rien aux petits consommateurs. Les économies potentielles pour les ménages ou les PME seraient englouties par les coûts administratifs induits par le système. En Allemagne, où le marché est totalement libéralisé, il y a moins de 5% des consommateurs qui changent de producteur. La plupart parce qu’ils veulent le courant le plus écologique possible.

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