«C’est un signal très fort pour les proches aidants»

Assurances socialesLe Conseil des Etats a décidé ce mercredi d’octroyer un congé de 14 semaines aux parents qui s’occupent d’un enfant gravement malade. Réaction de l’ancien conseiller national Jean Christophe Schwaab.

Jean Christophe Schwaab: «Tout enthousiasme mis à part, il reste beaucoup de choses à faire pour soutenir les proches aidants - que ce soit du point de vue financier ou pratique.»

Jean Christophe Schwaab: «Tout enthousiasme mis à part, il reste beaucoup de choses à faire pour soutenir les proches aidants - que ce soit du point de vue financier ou pratique.» Image: Keystone

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Les parents pourront bénéficier d’un congé indemnisé de 14 semaines pour s’occuper de leur enfant gravement malade. Le Conseil des Etats a accepté sans opposition un projet en ce sens, ce mercredi matin. Cette nouvelle règle, déjà adoptée par le Conseil national, doit aider les proches aidants.

Toujours dans ce même but, trois autres mesures sont prévues. D’abord, ceux qui prennent soin d’un autre membre de leur famille ou d’un partenaire pourront avoir un congé de trois jours au maximum par cas (et dix jours au maximum par année).

Ensuite, l’allocation pour impotent et le supplément pour soins intenses de l’AI continueront à être versés durant le premier mois d’hospitalisation d’un enfant.

Finalement, les bonifications pour tâches d’assistance dans l’AVS seront étendues. Aujourd’hui, la condition est que l’aîné bénéficie d’une allocation pour impotence grave ou moyenne, ceux avec une impotence faible seront ajoutés.

L’ancien conseiller national Jean Christophe Schwaab (PS/VD, qui a cessé ses activités parlementaires pour s’occuper de l’un de ses enfants atteint d’un trouble du comportement, répond à nos questions.

Quelle est votre réaction à la décision du Conseil des Etats?

Je suis très content que le projet soit accepté. Sincèrement, je n’y croyais pas. J’ai déjà été surpris quand le Conseil national a dit oui en septembre, surtout dans son ancienne composition qui était davantage hostile au droit des travailleurs. C’est un signal très fort. Tout enthousiasme mis à part, il reste beaucoup de choses à faire pour soutenir les proches aidants - que ce soit du point de vue financier ou pratique.

Une mesure vous semble-t-elle particulièrement importante?

Les 14 semaines de congé offertes ici sont très bien si la maladie est limitée dans le temps, mais cela ne suffit pas si la situation dure. Les parents qui ont un employeur compréhensif peuvent alors réduire leur temps de travail. Mais les autres doivent quitter leur emploi. Il devrait y avoir un droit de demander une réduction du temps de travail pour tous ceux qui s’occupent d’un proche malade. Une intervention en ce sens avait été déposée au Conseil national, mais elle a été refusée. Ce serait d’autant plus important que notre société est vieillissante: nous avons toujours plus de personnes dont nous devons nous occuper et toujours moins d’employés compétents.

Selon vous, les nouvelles règles se concentrent trop sur les parents d’enfants malades?

Les 14 semaines prévues pour ces parents devraient être étendues à tous les proches aidants. On parle beaucoup de vieillissement de la population et de maladies dégénératives. Il y a là un gros besoin! C’est vrai qu’il y a un devoir légal de s’occuper de ses enfants. Ceci dit, il y a aussi un devoir moral de prendre soin de ses parents, de son conjoint ou d’autres proches.

Dans votre histoire personnelle, vous êtes-vous senti abandonné par l’Etat?

J’ai une situation très particulière car je ne suis pas employé. Mais la collectivité publique pourrait également améliorer les choses en mettant les informations à disposition des proches aidants. Aujourd’hui, si votre enfant est malade, vous devez jongler entre différentes questions liées aux soins, à la scolarisation, aux assurances sociales, à votre organisation quotidienne… Ces questions sont gérées par différents services, autorités, assurances sociales... J’ai moi-même un doctorat en droit et je m’y suis perdu, sans oublier le temps que vous y passez, ne serait-ce que pour savoir ce qui existe. On devrait s’inspirer de Taïwan qui a créé une sorte de guichet destiné aux proches aidants. Les informations sont ainsi centralisées en un seul lieu.

Créé: 04.12.2019, 13h55

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