Le caissier des Tigres: «Notre but était d'aider»

BellinzoneLe procès des militants tamouls accusés d'avoir récolté des fonds en Suisse se poursuivait mercredi. Un cadre du comité de soutien dit avoir agi de bonne foi.

Le procès a débuté le 8 janvier à Bellinzone.

Le procès a débuté le 8 janvier à Bellinzone. Image: Keystone

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Le dernier cadre du comité des Tamouls en Suisse a été interrogé mercredi matin par le Tribunal pénal fédéral. Comme les trois autres dirigeants, il a refusé de répondre aux questions de la présidente.

Désigné par l'accusation comme secrétaire et caissier de l'organisation des Tamouls en Suisse (WTCC), cet homme de 41 ans a renvoyé à ses précédentes déclarations durant l'enquête. En revanche, il a longuement répondu aux questions de son avocat Jean-Pierre Garbade.

Des membres du comité acquittés

Le prévenu a expliqué que c'est de bonne foi, en croyant que la récolte de fonds était légale en Suisse, qu'il s'était engagé dans le WTCC. Il a rappelé que plusieurs membres du comité avaient été arrêtés en 1997 mais qu'ils avaient ensuite été acquittés pour leurs activités de collecte.

«Notre but était d'aider la population du Tamil Eelam», a rappelé le caissier, précisant que le gouvernement tamoul décidait de l'affectation des fonds. Il n'a pas exclu que l'argent ait pu servir aussi à la défense du territoire tamoul, au nord-est du Sri Lanka.

Administration tamoule

A la demande de Me Garbade, le prévenu a parlé des exactions de l'armée gouvernementale et de la reprise des combats, en 2006, qui a mis fin à l'accord de paix signé en 2002. Il a expliqué aussi comment les Tigres tamouls (LTTE) avaient occupé son village dès le départ des troupes indiennes en 1989 - «des soldats comme ceux de toutes les armées du monde, en uniforme».

Une administration complète, avec police et tribunaux, avait alors été mise en place très rapidement, a expliqué cet homme. Il a indiqué que, jusqu'en 1995, la population se sentait beaucoup plus en sécurité. Cette période a pris fin avec l'offensive de l'armée sri lankaise et l'occupation du Tamil Eelam. Alors que de nombreux jeunes étaient arrêtés, l'accusé a décidé de quitter le Sri Lanka.

Interrogé par la procureure fédérale Juliette Noto, il a refusé de s'exprimer sur l'assassinat du premier ministre Rajiv Gandhi, attribué aux Tigres tamouls. Des photos d'enfants soldats retrouvées au domicile du numéro 2 du WTCC ont été projetées par l'accusation: le caissier a indiqué que, selon le LTTE, des enfants s'étaient engagés en mentant sur leur âge. Lorsque la supercherie avait été découverte, les enfants avaient été renvoyés dans leur famille. (ats/nxp)

Créé: 17.01.2018, 11h22

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