Passer au contenu principal

La campagne sur les devoirs de maths est fausse

Le mystère est levé: la pub décriée et taxée de sexime vise en réalité à dénoncer des stéréotypes.

Cette campagne s'est affichées dans les gares de Lausanne mais aussi de Zurich, Berne et Lugano.
Cette campagne s'est affichées dans les gares de Lausanne mais aussi de Zurich, Berne et Lugano.
DR

Ceux qui pariaient sur une supercherie avaient vu juste. Placardées dans les gares de Lausanne, Zurich, Berne et Lugano, les affiches annonçant le lancement prochain de «Math Dealer», un «nouveau service où les filles font les devoirs de maths des garçons pour de l’argent», ont suscité indignation ou incrédulité. Elles ont même conduit à une dénonciation pour contenu sexiste auprès de la Ville de Lausanne. Le site alémanique Watson a levé le mystère jeudi: cette application censée offrir plus de temps libre aux garçons est une pure invention. La campagne vise en réalité à inciter à la réflexion en inversant des stéréotypes de genres.

«Mettre le doigt sur les racines du problème»

À l’origine de la provocation? L’Union suisse des sociétés d’ingénieurs-conseils (USIC). Elle a lancé l’action avant la Journée des ingénieures et ingénieurs du 15 mars prochain. Et non pas dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, comme le supposaient – ou l’espéraient – certains. «Les femmes s’intéressent peu à cette profession et nous voulions mettre le doigt sur les racines du problème», explique Lea Kusano, porte-parole de l’USIC. Le problème, détaille-t-elle, est «structurel»: victimes dès leur plus jeune âge de stéréotypes sur leurs capacités dans les branches techniques que sont les maths, les sciences ou l’informatique, les écolières sont défavorisées par rapport à leurs camarades.

«À l’école primaire déjà, enseignants et parents contribuent à ancrer dans leur esprit qu’elles sont moins bonnes en maths, ce qui n’est pas le cas. Les filles ont aussi tendance à se sous-évaluer. Tout cela conduit à ce que, à la fin de leur scolarité obligatoire, elles ne se sentent plus capables et délaissent les branches techniques, poursuit Lea Kusano. Notre objectif est que filles et garçons bénéficient d’une égalité de chances pour pouvoir choisir librement leur métier.»

«La lutte contre la discrimination n’est pas un jeu»

Les passants et internautes qui craignaient un dérapage sexiste peuvent souffler. La campagne laisse cependant un goût amer à Léonore Porchet, députée au Grand Conseil (Les Verts). C’est elle qui a signalé les affiches à l’Office de la signalétique urbaine de la Ville de Lausanne. «Les intentions sont louables. Mais la lutte contre la discrimination n’est pas un jeu. Et sans le vouloir, le message véhiculé renforce un autre stéréotype: les femmes peuvent faire le boulot pénible à la place des hommes. C’est une réalité qui perdure.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.