Campagne lancée en faveur du diagnostic préimplantatoire

Votations du 14 juinAlain Berset a lancé la campagne pour cette technique permettant d'analyser un embryon conçu in vitro avant son implantation dans l'utérus.

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La Suisse doit se doter des bases permettant aux couples risquant de transmettre une maladie grave à leur enfant de recourir au diagnostic préimplantatoire. Le conseiller fédéral Alain Berset a lancé le lundi 23 mars la campagne en vue de la votation du 14 juin.

Aujourd'hui, la Suisse pratique une des réglementations les plus strictes d'Europe en matière de procréation médicalement assistée. Les couples porteurs d'une maladie héréditaire ne peuvent détecter sa transmission que pendant une grossesse, ce qui conduit souvent à un avortement. Certains se rendent à l'étranger pour procéder à des fécondations in vitro (FIV) dans des conditions plus souples.

A l'avenir, les intéressés devraient pouvoir demander un diagnostic préimplantatoire, une technique permettant d'analyser un embryon conçu in vitro avant son implantation dans l'utérus pour y dépister d'éventuelles anomalies.

Sujet émotionnel

Ce thème ne laisse personne indifférent; «il s'agit de questions délicates», a jugé Alain Berset lors d'une conférence de presse. Mais, pour lui, au vu de la détresse des personnes concernées, il faut lever l'interdiction. Le peuple ne se prononcera pas sur les détails de la réglementation pour l'heure.

La votation porte sur une modification générale de la constitution qui créera un cadre permettant aux médecins de pratiquer le diagnostic préimplantatoire. Le texte précise que «ne peuvent être développés hors du corps de la femme jusqu'au stade d'embryon que le nombre d'ovules humains nécessaire à la procréation médicalement assistée».

Actuellement, la charte fondamentale interdit de facto le diagnostic préimplantatoire car elle n'autorise de développer que le nombre d'ovules pouvant être immédiatement implantés. Exit ainsi tout examen préalable ou toute congélation d'embryons.

Pas de bébés sauveurs

Mais il n'est pas question d'autoriser la sélection d'embryons sur la base du sexe ou d'autres caractéristiques physiques comme la couleur des cheveux, a précisé le ministre de la santé.

La conception de «bébés sauveurs», qui pourraient faire don de cellules souches pour un frère ou une sœur gravement malade, restera également proscrite. Les familles intéressées devront continuer de se rendre dans des pays plus libéraux comme l'Espagne ou la Grande-Bretagne pour y recourir.

Menaces de référendum

Une fois le débat de fond sur la libéralisation du diagnostic préimplantatoire mené, il s'agira de passer à la concrétisation. En cas d'acceptation de la modification constitutionnelle, une loi est prête à entrer en vigueur. Mais le parti évangélique, qui la juge trop laxiste, a déjà annoncé son intention de lancer un référendum.

Une éventuelle votation serait remise à l'an prochain, selon Alain Berset. Mais si le référendum n'aboutit pas, la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée pourrait entrer en vigueur en 2016.

Contrairement au Conseil fédéral, qui voulait limiter les indications à des cas de maladies génétiques très rares, les Chambres fédérales ont autorisé le dépistage de la trisomie 21 et d'autres aberrations chromosomiques lors de la FIV. Nombre de pays européens admettent déjà ces examens.

Réduire le nombre de grossesses multiples

Le nombre d'embryons pouvant être développé par cycle de traitement en vue d'une procréation assistée devrait être limité au maximum à douze. Aujourd'hui, seuls trois embryons sont autorisés par tentative de FIV.

L'interdiction de conserver des embryons sera supprimée. A l'avenir, les femmes qui recourent à une FIV devraient pouvoir se faire implanter un seul embryon et congeler les autres, ce qui devrait réduire le nombre de grossesses multiples. L'utilisation des spermatozoïdes d'un donneur après sa mort serait autorisée.

Le diagnostic préimplantatoire ne serait pas remboursé par l'assurance maladie de base. Les caisses ne prennent déjà pas en charge les coûts d'une fécondation in vitro. (ats/nxp)

Créé: 23.03.2015, 10h21

La Suisse et l'Autriche sont les pays les plus stricts

Les deux pays interdisent la pratique. L'Irlande et le Luxembourg peuvent être assimilés au camp des Etats restrictifs, puisqu'ils n'ont même pas légiféré sur la question.

Tous les autres pays européens recensés par le Département fédéral de l'intérieur autorisent le diagnostic préimplantatoire lors de la fécondation in vitro.

Le dépistage de la trisomie 21 et autres maladies chromosomiques est en revanche plus controversée. Outre en Suisse et en Autriche, cette extension du diagnostic est interdite en France, en Grèce, en Norvège et aux Pays-Bas.

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