Le Canada, modèle contre l'immigration de masse

Libre circulationChristoph Blocher veut imposer des charges salariales plus élevées pour les travailleurs immigrés. Comme au Canada.

Image: JEAN-PAUL GUINNARD - A

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Christoph Blocher aime le Canada. L’an passé, après l’adoption de l’initiative «Contre l’immigration de masse», il proposait d’introduire un système de points, «com­me au Canada». Pour obtenir leur permis, les candidats à l’immigration doivent répondre à des critères et obtenir un nombre minimum de points.

Un an et demi plus tard, le pays des caribous fascine toujours le vieux loup de l’UDC. Dans la SonntagsZeitung, Christoph Blocher s’est prononcé dimanche en faveur de charges sociales plus élevées pour la main-d’œuvre immigrée. Cette dernière deviendrait ainsi plus chère – et moins attractive – pour les employeurs. «Le Canada pratique ainsi. Autant que je sache, ça fonctionne.»

«Le peuple devrait revoter»

Pour le stratège de l’UDC, la Suisse doit désormais agir seule puisque Bruxelles ne veut pas négocier sur la libre circulation par peur d’une réaction en chaîne au sein de l’Union. Les charges sociales seraient un levier permettant de réduire l’immigration sans recourir aux contingents. Ce mécanisme ne correspond pas, cependant, à la lettre de l’article 121a de la Constitution fédérale. «Le peuple devrait revoter», concède Christoph Blocher.

On est bien loin des déclarations musclées de la direction du parti, qui exigeait le 25 mai dernier l’application «stricte et sans tergiversation» du vote du 9 février 2014.

Pour la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD), la volte-face de Christoph Blocher montre bien que l’UDC réalise que l’on va droit dans le mur. «L’UDC a fait preuve d’une impréparation totale avec son initiative», s’est indignée la Vaudoise sur la RTS.

Sceptiques

En qualité de syndicaliste, Jean Christophe Schwaab se montre très dubitatif. «Le système canadien n’est pas compatible avec la libre circulation car il discrimine les travailleurs étrangers.» Pour le conseiller national (PS/VD), le défi n’est pas de rendre la main-d’œu­vre étrangère plus chère mais d’éviter la sous-enchère salariale. «En rendant obligatoires les CCT et les contrats types, ce que l’UDC a toujours combattu.»

Bernhard Salzmann, chef de la communication à l’Union suisse des arts et métiers, exprime aussi ses réserves. «Dans le contexte du franc fort, il serait problématique d’alourdir encore les charges salariales. Aujourd’hui, les branches exportatrices font face à une situation difficile et une telle mesure accroîtrait encore la pression. C’est pourquoi nous ne la jugeons pas pertinente.»

Créé: 23.11.2015, 21h29

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