«Notre candidat devra faire passer les idées PLR»

Succession BurkhalterLe vice-président du PLR, le Genevois Christian Lüscher, explique ce que son parti attend des papables à la succession de Didier Burkhalter.

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Le suspense autour de la succession du Didier Burkhalter au Conseil fédéral durera tout l'été. Le PLR suisse a dévoilé jeudi ses exigences et son calendrier. Il veut des candidatures latines, mais toutes les sections peuvent faire des propositions d'ici au 11 août. Interview avec son vice-président Christian Lüscher.

24 heures - Pour vous, c’est clair, le PLR a droit à 2 sièges au Conseil fédéral…

Christian Lüscher - C’est une évidence et je crois que cela ne fait aucun doute pour personne. Ça l’était déjà il y a 8 ans quand Didier Burkhalter avait été élu. A l’époque le PDC avait tenté de revendiquer ce siège. Aujourd’hui, il apparait très clairement que tout le monde tient pour acquis qu’il s’agit bien d’un siège PLR. D’autant que l’écart s’est accentué entre le PDC et le PLR depuis les dernières élections fédérales de 2015.

Vous voulez un représentant de la Suisse latine. Pourquoi ?

Dans notre parti, nous avons toujours privilégié une représentation plurielle. Et en ce moment, cela paraît d’autant plus normal que la Suisse romande est la branche gagnante de notre parti. Le PLR romand a gagné plusieurs sièges aux élections fédérales, dans les élections cantonales, et nos amis suisses alémaniques sont d’accord avec cette vision. Lorsque M. Schneider-Ammann partira, il sera aussi évident pour nous les Latins, qu’il s’agira d’un siège pour un candidat alémanique.

«Si on veut être un élu fédéral crédible et qui compte, il faut en tout cas comprendre l’allemand, voire bien le parler si on est latin.»

On pourrait s’attendre à ce que vous présentiez un ticket homme-femme. Or cela n’a pas l’air d’être un critère. Pourquoi ?

D’abord nous détestons les quotas dans notre parti. En outre, ce sont les partis cantonaux qui vont décider qui ils présenteront. Et nous partons du principe que plusieurs sections cantonales auront à cœur de présenter une femme.

Vous parlez d’un représentant latin. Mais vous parlez bien d’une candidature tessinoise ?

Ce sont les cantons qui viendront avec leurs candidats et au groupe parlementaire à Berne, nous devrons analyser ces candidatures et nous choisirons notre ticket. Le fait qu’il y ait sans doute une candidature tessinoise est non seulement possible mais souhaitable. Et à nouveau, c’est le groupe parlementaire qui se prononcera au final le 1er septembre sur les candidats qui seront ensuite auditionnés par les autres groupes parlementaires.

Mais certains disent à Berne qu’il y a de la pression chez les Alémaniques pour un candidat tessinois, et ceci depuis l’élection de Guy Parmelin…

Je n’ai jamais entendu parler de cela et il n’y a aucune pression de quelque nature que ce soit. Nous avons une procédure qui répond à des statuts et à des règles très claires et ce n’est pas la pression qui nous ferait changer quoi que ce soit.

Parmi tous les critères que devront remplir les candidats, il n’est pas fait mention de la langue. Pas besoin de maîtriser l’allemand pour entrer au Conseil fédéral?

Si on veut être un élu fédéral crédible et qui compte, il faut en tout cas comprendre l’allemand, voire bien le parler si on est latin. Et inversement s’il s’agit d’un Alémanique. Il est évident que notre candidat latin parlera soit français soit italien, et devra très bien comprendre l’allemand. Si ce n’était pas le cas, cette personne se serait probablement pas retenue.

«Vous n’avez jamais vu Didier Burkhalter en maillot de bain, je peux vous dire qu’il est très musclé car c’est un ancien footballeur!»

Les candidatures alémaniques seront-elles recalées?

Pour l’instant, nous en sommes au stade où nous avons écrit à tous les partis cantonaux et ce sont ceux-ci qui décideront en fonction des critères fixés de présenter un candidat. Les partis alémaniques feront leur pesée d’intérêt : est-ce que je vais envoyer mon meilleur candidat maintenant pour un siège latin, est-ce que je veux forcer ma chance ou non ? A eux de prendre cette décision.

Parmi les critères définis, le candidat devra représenter clairement le PLR. Cela veut-il dire qu’il faut être clairement à droite pour avoir une chance?

Le PLR est un parti de droite. Et ce n’est pas un vilain mot que d’être de droite. Oui nous sommes un parti de droite, progressiste, humaniste, une droite parfaitement compatible avec les critères sociaux qui font la fierté de notre pays. Nous sommes aussi une droite ouverte sur l’étranger, pas fermée sur elle-même, et nos candidats devront représenter cela. Il ne s’agit pas de porter devant l’assemblée fédérale quelqu’un qui soit totalement obtus et qui n’écoute pas les autres; la droite PLR écoute ses alliés et ses adversaires mais elle veut faire prévaloir ses idées . Et si en adaptant ses idées, on arrive à des compromis qui soient bons pour le peuple suisse, et bien nous sommes toujours prêts à le faire. Mais nous voulons que notre candidat fasse passer avant tout nos idées.

Du coup, vous cherchez clairement quelqu’un de plus «musclé» que Didier Burkhalter ?

Vous n’avez jamais vu Didier Burkhalter en maillot de bain, je peux vous dire qu’il est très musclé car c’est un ancien footballeur! Non, plus sérieusement, Didier Burkhalter n’est pas un homme de confrontation. C’est un homme qui essaie de convaincre par la persuasion douce et c’est l’un des traits de sa personnalité. Personnellement, j’estime que c’est une qualité, d’autres peuvent voir les choses différemment.

Créé: 15.06.2017, 16h35

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