Carlo Janka n’a plus de genoux ou presque mais il s’accroche

Ski alpinAprès Patrick Küng, le ski suisse va-t-il perdre encore un crack? Tombé mardi sur la Streif, le Grison est rentré en Suisse.

Carlo Janka, tombé lors du premier entraînement sur la Sreif, est au repos forcé. Mais il entend bien revenir. Est-ce bien raisonnable?

Carlo Janka, tombé lors du premier entraînement sur la Sreif, est au repos forcé. Mais il entend bien revenir. Est-ce bien raisonnable? Image: Keystone

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Après Patrick Küng, qui a tiré sa révérence mercredi, le ski suisse a-t-il perdu un autre champion dans la neige de Kitzbühel? Carlo Janka, qui skie sans ligament croisé (!) depuis le début de l’hiver, se traîne sur le cirque blanc comme une âme en peine. Au point que mardi, le Grison a même quitté le Tyrol par la petite porte avec de grosses douleurs à son genou droit.

Tombé lors du premier entraînement, le vétéran d’Obersaxen (32 ans) est rentré en Suisse pour effectuer des examens. Si selon le médecin, le Dr Christian Schlegel, il n’y a pas de complications supplémentaires, «Iceman» ne prendra pas, malgré tout, le départ de la descente ce vendredi sur la Streif. Il va devoir observer quelques jours de repos avant d’envisager un retour à Garmisch la semaine prochaine. Vraiment? Est-ce bien raisonnable?

Champion du monde de géant à Val d’Isère (2009), titré aux JO 2010 de Vancouver dans la même discipline, victorieux de onze épreuves en Coupe du monde et du grand Globe de cristal (2010), il a tout gagné ou presque. De quoi se demander si le jeu en vaut la chandelle. Comme Lindsey Vonn du côté féminin, doit-il insister au péril de sa santé, lui dont le meilleur résultat de la saison n’est qu’une 11e place, en descente à Beaver Creek? À quoi bon courir après son passé qui ne reviendra jamais?

Piero Gros sceptique

«Je suis convaincu que je peux revenir au sommet», répète-t-il à l’envi. C’est aussi l’avis de son jeune coéquipier Gilles Roulin. «J’ai un monstre respect et de l’admiration pour ce qu’il a fait, pour ses titres, ses succès, mais aussi pour l’homme qui souffre sans jamais se plaindre, raconte le Zurichois. Moi je suis certain qu’il va encore gagner des courses!»

Champion olympique de slalom en 1976 à Innsbruck, Piero Gros (64 ans) se montre sceptique. «Même si cela doit faire mal à son entourage, Carlo devrait avoir le courage de dire qu’à 32 ans, c’est le moment pour lui d’arrêter, estime l’Italien. Le skieur veut commander avec la tête mais son corps se rebelle et se défend. Avec son genou en compote, il ne peut plus skier qu’à 80%. Or, il y a d’autres skieurs plus forts que lui, c’est la loi du sport, terrible. Le niveau actuel est tel que si tu veux jouer le podium, il est indispensable d’être à 110%. Pour tous ces grands athlètes qui n’arrivent pas à raccrocher, c’est un choix de vie. Mais, s’interroge l’ex-technicien transalpin, je ne comprends pas trop où ils trouvent encore la motivation l’été pour se battre pour un 15e rang qui reste un résultat anecdotique par rapport à leur carrière. Comme Peter Fill à 37 ans ou Julien Lizeroux à bientôt 40, ils prennent de gros risques. Mais pourquoi?»

«Je ne comprends pas trop où ils trouvent encore la motivation l’été pour se battre pour un 15e rang qui reste un résultat anecdotique par rapport à leur carrière»

Piero Gros se souvient qu’il avait 28 ans quand il a tiré la prise. «Je n’étais pas blessé, mais je voulais voir grandir mes enfants et ça, c’était plus important qu’une course, dit-il. Surtout quand tu n’as plus les résultats que tu aimerais. J’avais terminé pourtant 6e des Mondiaux de Schladming. Mais pour moi, qui avais gagné des Coupe du monde à 20 ans, cela ne voulait rien dire. À l’époque on ne gagnait pas d’argent, c’est peut-être ça qui retient des athlètes aujourd’hui.»

Mais à quel prix ? Comme Patrick Küng, Carlo Janka doit se poser la question.

Créé: 24.01.2019, 21h37

La descente avancée à ce vendredi

Les météorologues de Kitzbühel, qui se trompent rarement, sont catégoriques: il ne va pas faire beau ce samedi. Du coup, comment faire pour sauver la descente si importante pour les organisateurs du Hahnenkamm? Eurêka! On l’avance d’un jour, sachant que le ciel devrait être ensoleillé ce vendredi. C’est donc ce matin (départ à 11 h 30) que Beat Feuz tâchera de prendre sa revanche par rapport à Vincent Kriechmayr, qui l’avait battu la semaine passée à Wengen. «Mais pour gagner sur cette Streif, je vais devoir réussir la course parfaite», s’exclame le Bernois.

Cela n’a malheureusement pas été le cas ce jeudi, où «Kugelblitz» a commis deux à trois erreurs qui se sont payées cash. «Heureusement, ce n’était que l’entraînement, car avec une telle concurrence, je ne pourrai pas me le permettre le jour de la course.» Après avoir manqué à deux reprises de peu le succès ici, Beat Feuz rêve cette fois-ci de lever les bras devant Niki Lauda, Arnold Schwarzenegger et tous les people autrichiens qui vont devoir changer leurs habitudes s’ils entendent assister à l’épreuve reine. À moins qu’ils décident de soutenir, samedi, Marcel Hirscher et les slalomeurs qui auront droit, pour une fois, à une ambiance aussi folle que mardi prochain à Schladming.

Le super-G qui devait se dérouler ce vendredi est donc reporté à dimanche à 13 h 30. Pour autant que le temps le permette, ce qui n’est pas encore certain. Mais à Kitzbühel, peu importe, cette épreuve est moins valorisante que la descente. Of course…

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