Carlos Leal dira «non» le 28 février à l'UDC

VotationL'ex-chanteur de Sens Unik estime que si le texte de renvoi des criminels étrangers existait à l'époque de sa jeunesse, il aurait été expulsé.

Carlos Leal vit à Los Angeles mais se rend encore régulièrement en Suisse pour ses contrats publicitaires.

Carlos Leal vit à Los Angeles mais se rend encore régulièrement en Suisse pour ses contrats publicitaires. Image: Keystone

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Carlos Leal garde en général ses opinions politiques pour lui d'autant plus qu'il vit depuis 2010 avec sa famille à Los Angeles. «Mais pour l'initiative de l'UDC, je trouve utile de m'exprimer. Si les règles de ce texte s'étaient déjà appliquées à l'époque de ma jeunesse, j'aurais été expulsé et je n'aurais pas pu grandir en Suisse», déclare-t-il dans une interview parue dans le Blick.

L'ex-chanteur du groupe de rap lausannois Sens Unik se définit comme«un Secondo classique», avec ses nationalités suisse et espagnole. «Et plus je voyage dans le monde, plus je comprends à quel point je suis Suisse.»

«Pas des criminels irrécupérables»

Il ne cache pas avoir commis de petits délits à l'époque. «J'étais un ado rebelle, probablement parce que je devais me trouver une identité dans un pays où je me sentais étranger à cause de mes racines espagnoles.» Mais il se dit convaincu que cela aurait suffi à ce qu'il soit expulsé à la lumière de l'initiative «Pour le renvoi effectif des étrangers criminels (dite de mise en œuvre).

A ses yeux, les adolescents qui commettent de petits délits «ne sont pas des criminels irrécupérables mais simplement des jeunes qui sondent les frontières». Il établit cependant une limite très nette avec la criminalité. «Un violeur qui vit depuis peu de temps en Suisse doit être expulsé, c'est évident. Mais l'initiative fait une différence entre les Suisses et les étrangers qui ont fait leur vie dans ce pays.»

Des secondos divisés

Il redoute qu'un «oui» le 28 février provoque une scission. «Cela m'inquiète, ce n'est pas sain pour la Suisse.» D'autres secondos se montrent nettement moins pessimistes, comme ils le disent dans 20 Minuten. Ils se répartissent ainsi plutôt selon leur tendance politique.

Arber Bullakaj, d'origine kosovare et membre du Parti Socialiste, combat ainsi l'initiative. «Je veux un Etat de droit qui protège la population contre les criminels mais qui respecte aussi la Constitution fédérale qui stipule que tous sont égaux devant la loi. Une justice à deux vitesses est indigne de la Suisse.»

Pas question d'un retour

Pour Niko Trlin, d'origine croate et membre de l'UDC, chacun a son destin en main et l'argument d'une justice à deux vitesses n'a aucun sens pour lui. «A mon avis, les juges ont été trop cléments dans le passé. S'ils avaient été plus durs, la question ne se poserait peut-être pas à l'heure actuelle.»

Jasna Milanovic, d'origine serbe, votera «oui» le 28 février. «Même si j'aurai de la peine qu'un jeune soit expulsé pour avoir commis des broutilles.» Tous ces secondos disent aimer la Suisse et n'envisagent pas un instant de retourner dans leur pays d'origine. «Ce serait pour moi très, très dur de devoir revivre en Serbie», souligne Jasna Milanovic.

Créé: 11.02.2016, 08h49

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