Sans carotte ni bâton, pas d’égalité salariale

Fact checkingLa conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a dit avoir perdu foi dans les mesures volontaires. En cinq ans, seules 28 entreprises privées ont pris part à ce projet, selon le rapport d’évaluation final.

«Je pense que la voie volontaire est sans issue», déclare la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

«Je pense que la voie volontaire est sans issue», déclare la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Image: YVAIN GENEVAY

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«Cela fait des années qu’on cherche à avancer sur l’égalité salariale. L’économie a déjà tenté la voie des mesures volontaires. Sur les 66 000 entreprises qui auraient pu participer à ce programme, seules vingt-huit l’ont fait en cinq ans»

Interrogée dans Le Matin Dimanche sur les moyens de parvenir à l’égalité salariale entre hommes et femmes, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a dit avoir perdu foi dans les mesures volontaires: «Cela fait des années qu’on cherche à avancer sur l’égalité salariale. L’économie a déjà tenté la voie des mesures volontaires. Sur les 66 000 entreprises qui auraient pu participer à ce programme, seules vingt-huit l’ont fait en cinq ans. Je pense que la voie volontaire est sans issue.»

La cheffe du Département fédéral de justice et police fait référence au «Dialogue sur l’égalité des salaires», un programme mené de 2009 à 2014 par les partenaires sociaux (Union patronale suisse, Union suisse des arts et métiers, Union syndicale suisse, Travail.Suisse) avec le soutien de la Confédération. Objectif: inciter les entreprises à vérifier, sur une base volontaire, s’il existait en leur sein des écarts de salaire entre hommes et femmes, et à corriger les discriminations éventuelles.

La déclaration de Simonetta Sommaruga est parfaitement exacte. En cinq ans, seules 28 entreprises privées ont pris part à ce projet, selon le rapport d’évaluation final, auxquelles il faut ajouter 23 entreprises publiques. Novartis, Syngenta, McDonald’s Suisse, Audemars Piguet ou encore la Bâloise ont participé pour ce qui est des privés. Du côté des entités publiques, on retrouve La Poste Suisse, les CFF, la Banque nationale suisse, la SSR ou encore la Ville de Berne. Ensemble, ces 51 sociétés et administrations représentent tout de même 230 000 employés, soit 10% des salariés de l’ensemble des firmes de plus 50 collaborateurs qui pouvaient être retenues. Mais on est loin de l’objectif de 100 entreprises participantes qui avait été fixé.

Suite à un bilan intermédiaire réalisé en 2011, il avait été décidé de permettre aux responsables du projet de contacter directement les entreprises pour solliciter leur participation. Quelque 90% des 171 entreprises contactées en l’espace de deux ans ont soit opposé un refus, soit omis de réagir au courrier. Les refus ont été les plus nombreux du côté de l’économie privée. Les principaux motifs invoqués par les firmes qui ont décliné l’invitation à participer au programme ont été de deux ordres: un tiers d’entre elles considéraient que l’égalité salariale était déjà acquise en leur sein et déclaraient disposer de leur propre système de contrôle des salaires. Un autre tiers a fait savoir que le «Dialogue» ne figurait pas parmi leurs priorités.

À noter qu’au moment où le projet a pris fin, la procédure n’était close que pour 22 entreprises qui avaient contrôlé leurs salaires et supprimé, le cas échéant, les discriminations. Les 29 autres engagées dans le programme mais qui n’avaient pas encore rendu leur rapport final avaient jusqu’à 2018 pour le faire.

(24 heures)

Créé: 08.03.2018, 15h20

Égalité salariale



«En 2014, le salaire médian des femmes était de 2,3% inférieur à celui des hommes»


Office cantonal de la statistique





Mercredi, en préambule de la conférence de presse de l’Alternative (lire page 12), Audrey Schmid, candidate d’Ensemble à Gauche au Grand Conseil, a rappelé ce chiffre de l’Office cantonal de la statistique (Ocstat): en 2014, le salaire médian des femmes (7069 fr.) est 2,3% plus bas que celui des hommes (7234 fr.).

La secrétaire syndicale d’Unia ne conteste pas le calcul de l’Ocstat, mais elle signale qu’il tend à minimiser l’ampleur des inégalités de genre. «De fait, la médiane amoindrit les très hauts et les très bas salaires, relève-t-elle. Or, les très hauts salaires sont généralement détenus par les hommes, les très bas par les femmes.»

Pour rappel, la médiane est la valeur qui sépare l’ensemble des données étudiées en deux parties égales. Si en 2014 le salaire brut médian – tous genres confondus – dans le canton s’élevait à 7154 francs, cela veut dire qu’il y avait autant de Genevois qui gagnaient plus que cette somme que de personnes qui gagnaient moins.

Audrey Schmid estime qu’en matière d’inégalités salariales, la comparaison entre les revenus moyens – et non médians – s’avère plus pertinente. La syndicaliste a sorti sa calculette pour confronter les deux résultats. Ainsi, pour la même période, les salaires moyens des femmes étaient 12% inférieurs à ceux des hommes. En 2014, l’écart entre les revenus moyens est donc cinq fois plus important qu’entre les salaires médians.

La secrétaire syndicale tient à préciser que si ces différences restent trop importantes, Genève est plutôt bon élève en comparaison avec les autres cantons. Selon les données de l’Office fédéral de la statistique, en 2014 toujours, le salaire médian des femmes pour l’ensemble du pays était 12,5% plus bas que celui des hommes. C.G.

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