Les Catalans de Suisse ont commencé à voter

Référendum en CatalogneLa délégation catalane en Suisse soutient la tenue d'un référendum. Ils peuvent déjà donner leur voix.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Tout est mis en place par le gouvernement de Barcelone pour que les expatriés catalans en Suisse puissent voter sur le référendum de l'indépendance. Contrairement aux habitants de la Catalogne, ils peuvent déjà donner leur voix avant le 1er octobre.

La délégation catalane en Suisse soutient la tenue d'un référendum. Elle n'a pas émis de recommandation de vote, mais défend ce droit démocratique. Toutes les informations liées aux modalités du vote organisé par le gouvernement à Barcelone se trouvent en ligne. Plus de 14'300 Catalans vivent en Suisse. Etre expatrié catalan signifie posséder un passeport espagnol avec la Catalogne comme dernier lieu de résidence (avant la Suisse) ou être un descendant direct d'un parent catalan.

«Cela ne veut pas dire qu'ils se sentent tous Catalans ou qu'ils participent à la vie politique catalane», précise Manuel Manonelles, représentant du gouvernement catalan à Genève. Il ne peut malheureusement pas dire combien de personnes ont déjà voté. Les observateurs s'attendent néanmoins à ce que le chiffre soit relativement bas. La mise en place de ce genre de vote est chère et compliquée, mais «c'est très important d'un point de vue symbolique», au niveau des droits démocratiques«, ajoute-t-il.

Peur des fraudes

La communauté catalane de Suisse ne semble d'ailleurs pas unanime sur la réponse à donner au référendum. «Il y a tous les avis», commente Jordi Tejel. Ce professeur d'histoire à l'université de Neuchâtel fait partie de ces Catalans qui se sont inscrits sur le site de la délégation pour pouvoir prendre part au référendum.

Il raconte qu'il y a trois ans, lors du référendum symbolique du 9 novembre 2014 qui portait déjà sur l'indépendance de la Catalogne, il n'avait pas reçu à temps son bulletin de vote. Il tient l'Etat espagnol responsable de ce blocage.

Manuel Manonelles confirme que des incidents de ce genre avaient effectivement eu lieu à l'époque, mais qu'aucune responsabilité n'avait pu être prouvée. «On dit que les Catalans de l'étranger sont majoritairement indépendantistes. C'est peut-être pour cela qu'ils avaient eu autant de difficulté à recevoir leur bulletin de la part de l'Espagne.» A l'époque, le vote avait été organisé par les autorités espagnoles. Il assure que le moyen utilisé pour le référendum d'octobre correspond aux standards européens de validité électorale.

Aucun lien avec Madrid

Les précautions ont été prises. Les Catalans voulant participer au débat sur l'indépendance doivent s'inscrire sur le site dédié au référendum, recevoir des codes leur permettant d'imprimer leur bulletin de vote, puis le renvoyer à l'une des délégations internationales. Manuelle Manonelles n'a pas précisé laquelle.

Le vote ne transitera pas par la délégation en Suisse, et en aucun cas par l'administration espagnole. «La délégation ne peut pas donner tous les détails publiquement», commente Jordi Tejel. En effet, «les administrations catalanes et espagnoles jouent au chat et à la souris» entre les partisans du référendum et ceux qui le considèrent comme illégal.

Au travers des réseaux sociaux, on sait par contre que les enveloppes de votes passeront par la délégation catalane à Berlin avant d'être comptabilisées par les autorités catalanes.

«Un déni de démocratie»

Le groupe parlementaire d'amitié helvético-catalan ne prend pas non plus position concernant la question de l'indépendance de la Catalogne. Membre de ce groupe, le conseiller national Matthias Reynard (PS/VS) considère pourtant le blocage espagnol comme un «déni de démocratie».

«En tant que Suisses, nous avons l'habitude des référendums, cette question nous parle donc particulièrement: cela nous semble surréaliste de ne pas pouvoir voter», ajoute le Valaisan, qui dit lui-même avoir une sympathie pour les indépendantistes.

«Dans tous les cas, et peut-être surtout pour les opposants à l'indépendance, un référendum serait le meilleur moyen de régler la question», analyse Matthias Reynard. Manuel Manonelles conclut: «Si c'est accepté, nous nous adapterons. Si c'est refusé, nous nous adapterons aussi.»

(ats/nxp)

Créé: 14.09.2017, 10h57

Articles en relation

Les maires pro-référendum convoqués et menacés

Catalogne Le ton se durcit. Le parquet général convoque et met en examen les maires prêts à organiser le référendum. Ils seront arrêtés s'ils ne se présentent pas. Plus...

La police chargée d'empêcher la tenue du référendum

Espagne -Catalogne La Cour constitutionnelle exclut un Etat catalan. Elle suspend une loi du parlement catalan sur l’autodétermination. La police pourra saisir les urnes, les enveloppes électorales. Plus...

Rafael Nadal opposé à un référendum en Catalogne

Espagne La Majorquin, qui est membre du Real Club de Tenis Barcelona (RCTB), se dit «très proche des Catalans, mais aussi très Espagnol». Plus...

Des milliers de Catalans dans les rues de Barcelone

Espagne A trois semaines du référendum d'autodétermination de la Catalogne, la pression monte avec les institutions espagnoles. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.