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Certains accusent l’UDF de voler des signatures

De nombreux Romands affirment avoir signé le référendum après avoir été induits en erreur. Le parti dément.

Mathias Reynard (PS/VS) se trouve être l’auteur du texte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle attaqué par l’Union démocratique fédérale.
Mathias Reynard (PS/VS) se trouve être l’auteur du texte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle attaqué par l’Union démocratique fédérale.
Keystone

Si les faits sont avérés, la Chancellerie fédérale risque de crouler sous les courriers ces prochaines semaines. Fanny Noghero, responsable communication du PLR, s’est joint au conseiller national Mathias Reynard (PS/VS) ainsi qu’à deux juristes pour aider les personnes qui le souhaitent à retirer leur signature du référendum de l’Union démocratique fédérale (UDF), «Non à la censure!» «Des centaines de personnes m’ont contacté pour savoir comment faire, raconte le conseiller national, qui n’est autre que l’auteur du texte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle attaqué par l’UDF. Ils me disent qu’ils ont honte!»

Vendredi à Sion, Mathias Reynard surprend une amie juriste en train de signer le référendum. Elle lui assure qu’elle était persuadée de signer un texte contre l’homophobie. La scène est filmée et postée sur les réseaux sociaux. Depuis, les témoignages se multiplient. «Je suis moi-même tombée dans le panneau à Neuchâtel, alors que la politique, c’est mon métier, souligne Fanny Noghero, qui se dit «folle de rage». Autour de moi, des juristes et des avocats ont vécu la même chose. Alors je n’ose pas imaginer le citoyen lambda…»

«Ils récoltaient des signatures sans aucune banderole ni signe distinctif autour»

L’histoire se répète dans de nombreuses villes romandes, de Bienne à Genève, en passant par Lausanne, Morges ou encore Fribourg. Sur Facebook, Isabelle Pasquier, de l’Initiative des Alpes, raconte s’être presque fait avoir à Genève. Audrey Voutat, avocate de formation, confesse avoir eu une «réaction assez vive», le 16 février dernier en pleine rue de Bienne, lorsqu’elle a «enfin compris» à qui elle avait à faire. «Ils récoltaient des signatures sans aucune banderole ni signe distinctif autour, se souvient-elle. La dame qui m’a interpellée parlait clairement de lutter contre l’homophobie, mais évoquait en même temps la censure… comme j’ai suivi le débat sur la modification de loi au parlement, j’ai tiqué. J’ai dû lui demander de me montrer sa brochure, qu’elle ne m’avait pas donnée, et sa formation politique. J’ai vraiment failli signer, alors que par ma formation, je suis bien informée!»

«La technique est la même pour chacun», souligne Mathias Reynard. «Il ne s’agit pas d’un démarcheur isolé, mais bien d’une opération pilotée et répandue dans toute la Suisse», renchérit Fanny Noghero.

Alors qu’ils n’étaient qu’à 25'000 signatures le 16 mars dernier, l’UDF en compte désormais 62'000 (dont 18'000 en cours de vérification) sur les 50'000 nécessaires. Elles ont été récoltées tant par des militants de l’UDF que l’association Incop, chargée d’une partie de la collecte contre rémunération. C’est d’ailleurs l’un de ses collecteurs qui apparaît dans la vidéo de Mathias Reynard. Samedi, l’association faisait savoir à nos collègues de la RTS qu’il s’agissait d’un «cas isolé» et que le collaborateur en question avait été «remis à l’ordre».

Mutisme agacé

Malgré la multiplication des témoignages, l’association ne souhaite pas en dire plus. On nous communique, non sans agacement, que le mandat avec l’UDF a pris fin «d’un commun accord» samedi. Pour le reste, Incop renvoie à l’UDF.

Le parti dément fermement. «C’est de la diffamation, ces affirmations sont parfaitement malhonnêtes!» s’emporte Marc Früh, son représentant en Suisse romande. Si une personne active en politique ne sait pas faire la différence entre une initiative, un référendum ou une pétition et signe quelque chose sans le savoir, où va-t-on? s’interroge-t-il. «Les arguments de notre référendum sont écrits avec une grande clarté, la récolte des signatures s’est faite dans le plus grand respect des citoyens et de notre démocratie», assure-t-il. L’UDF devrait déposer prochainement les signatures du référendum à la chancellerie. «Nous ne donnons pas la date précise à cause des menaces que nous avons reçues!» précise Marc Früh.

La chancellerie se dit peu compétente pour traiter le problème: les signatures sont bien valables. La lettre que Mathias Reynard et Fanny Noghero appellent à signer et envoyer évoque la violation de l’article 34 al. 2 de la Constitution fédérale assurant que «la garantie des droits politiques protège la libre formation de l'opinion des citoyens et des citoyennes et l'expression fidèle et sûre de leur volonté». Affaire à suivre.

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