Les CFF déçoivent avec leur projet d’accès gratuit au web

TransportsL’ex-régie va tester un système pour surfer gratuitement dans le train. Seuls les clients Salt et Sunrise pourront participer.

Les CFF veulent offrir un accès à Internet dans tous les trains grandes lignes à partir de 2020.

Les CFF veulent offrir un accès à Internet dans tous les trains grandes lignes à partir de 2020. Image: GIAN VAITL

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La Suisse est à la traîne par rapport à ses voisins en matière d’accès gratuit à internet dans les trains. Les CFF veulent combler leur retard. En partenariat avec des opérateurs, ils vont expérimenter au début de 2019 – à une date indéterminée – une technologie permettant de surfer sans frais sur le web. Les passagers des 44 Intercity circulant sur les lignes Lausanne-Bienne-Saint-Gall, Genève-Bienne-Zurich et Bienne-Bâle pourront se connecter sur leur smartphone. L’entreprise ambitionne d’étendre cette possibilité à tous ses trains longue distance dès 2020, a-t-elle déclaré jeudi.

Très attendue, cette annonce ne convainc pas le conseiller national Fathi Derder (PLR/VD). Auteur en 2016 d’une interpellation à ce sujet, l’élu juge «consternant de voir à quel point les CFF refusent d’offrir la qualité minimale de communication dans ses trains».

Appelé «FreeSurf CFF», le projet risque de faire des mécontents. À l’heure actuelle, il est prévu que seuls les clients de Salt et Sunrise puissent profiter d’un accès gratuit. Swisscom ne voit pas l’utilité de participer alors que parmi ses abonnés, deux tiers des utilisateurs de smartphones ont un contrat forfaitaire. «Ils surfent sans limites, qu’ils soient dans le train ou ailleurs. Mais nous continuerons à discuter avec les CFF», affirme une porte-parole.

Comment ça marche?

Pour pouvoir accéder à internet, un passager doit avoir un smartphone et une carte SIM suisse. Il devra télécharger une application mobile sur son téléphone puis y entrer son numéro. Il recevra ensuite un code de vérification par SMS qui lui permettra de commencer à surfer. Aucune solution spécifique n’est prévue pour se connecter directement sur un ordinateur, mais il sera possible de partager son réseau avec son mobile. La session est illimitée en temps et interrompue à la sortie du train. Les CFF régleront la facture reçue des opérateurs. Qu’en est-il des passagers qui n’ont pas de carte SIM, notamment les touristes? Les CFF évoquent la mise en place d’un «hotspot mobile». Ils ne pouvaient cependant pas donner plus de détails, jeudi, sur son fonctionnement.

L’accès gratuit des CFF repose sur la couverture de téléphonie mobile 3G et 4G. Disposés dans le train, des petits émetteurs permettent de localiser un passager et de transmettre des informations à son mobile. L’entreprise assure que cette technologie offre une connexion plus rapide et plus fluide qu’un accès wi-fi. Celle-ci serait aussi moins chère. Les CFF ne communiquent pas le coût exact du test, indiquant seulement que celui-ci se chiffre à quelques millions.

«Au prix de l’abonnement de train, il est indéfendable de ne pas offrir de wi-fi. Les CFF évoquent le coût d’investissement, mais alors pourquoi tous les autres le font?»

Un émetteur coûte 15 à 20 francs – 1000 pièces serviront pour la phase d’essai. Installer le wi-fi sur toute la flotte longue distance aurait coûté plus de 100 millions, selon l’ex-régie.

Longtemps, les CFF ont déclaré ne pas souhaiter offrir un accès gratuit, notamment pour des questions de coûts. En mai, ils ont surpris tout le monde en annonçant qu’ils examinaient une telle possibilité, mais qu’il ne s’agirait pas de wi-fi, solution d’accès pourtant utilisée dans les cars postaux et ailleurs sur le rail européen. Le mystère planait autour de la technologie à l’étude.

«Du bricolage»

Malgré les promesses des CFF, Fathi Derder qualifie le système choisi de «bricolage». «Au prix de l’abonnement de train, il est indéfendable de ne pas offrir de wi-fi. Les CFF évoquent le coût d’investissement, mais alors pourquoi tous les autres le font?» Expert en télécommunication, Pascal Martin se montre aussi critique: «Les CFF essaient simplement de proposer quelque chose car ils sont sous pression. À voir ce qui sera fait pour les touristes, mais tout cela me semble compliqué alors que le wi-fi est tellement plus simple et universel.»

Du côté de la Fédération romande des consommateurs, Robin Eymann salue, lui, un «projet globalement positif» même s’il pointe du doigt de nombreuses questions ouvertes, notamment sur l’utilisation des données. Il juge aussi regrettable la non-participation de Swisscom. «Cela donne l’impression que l’opérateur délaisse ses petits clients, ceux qui n’ont pas d’abonnement illimité pour surfer sur internet.»

Créé: 18.10.2018, 21h22

Les Romands sont davantage touchés par des retards

Selon les CFF, 89% de ses passagers sont arrivés à destination à l’heure en 2017, soit avec moins de 3 minutes de retard. Une enquête du quotidien «Aargauer Zeitung» ternit cependant ce tableau. Elle se base sur les données récoltées par le site Pünktlichkeit.ch, qui calcule les retards enregistrés par les trains eux-mêmes. La méthode des CFF, en ne s’intéressant qu’aux voyageurs, occulte le taux d’occupation: si elle montre que 9 passagers sur 10 sont arrivés à l’heure, elle ne dit pas qu’un train, même peu fréquenté, enregistre souvent des retards. En se concentrant sur les trains, le site met donc en lumière des retards plus conséquents, en particulier sur les lignes Intercity romandes. Ainsi, 54% des trains Montreux-Lausanne ont accusé un retard de plus de 3 minutes au cours des 365 derniers jours. Ce taux est de 68% pour Sion-Montreux et grimpe à 73% entre Brigue et Sion.


(Cliquez sur l'infographie pour l'agrandir)

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