«Pour moi, il n’y a rien de changé»

Succession BurkhalterL’annonce de la candidature de Jacqueline de Quattro au Conseil fédéral n’a pas surpris le président du PLR vaudois, Frédéric Borloz.

Le président du PLR vaudois Frédéric Borloz reste très zen. (Archives)

Le président du PLR vaudois Frédéric Borloz reste très zen. (Archives) Image: Keystone

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Elle sera « candidate à la candidature ». Dans la presse alémanique de ce samedi, la conseillère d’Etat vaudoise Jacqueline de Quattro a levé les derniers doutes. Elle entend bien tenter sa chance pour la succession de Didier Burkhalter et se met donc à disposition de sa section cantonale, qui doit se prononcer le 10 août prochain. Isabelle Moret, également pressentie pour une éventuelle candidature libérale-radicale vaudoise, n’a pas commenté l’annonce de sa collègue de parti et désormais potentielle rivale. La conseillère nationale assure simplement qu’elle continue à réfléchir. Quant au président du PLR vaudois, le conseiller national Frédéric Borloz, il reste très zen. L’annonce de Jacqueline de Quattro ne change rien pour lui. Interview

Frédéric Borloz, avez-vous été surpris par l’annonce de Jacqueline de Quattro ?

Non, pour moi ce n’est pas une surprise. Jacqueline de Quattro avait déjà dit à fin juin son intérêt pour le Conseil fédéral. On s’excite un peu par rapport à sa déclaration. Mais la situation ne change pas par rapport à trois ou quatre semaines en arrière. Jacqueline de Quattro a simplement répondu aux insistances des journalistes. Mais je le répète, je savais qu’elle était intéressée.

Jacqueline de Quattro ne siège pas à Berne, au contraire d’Isabelle Moret. Sa candidature est-elle légitime, selon vous ?

Oui, je suis content qu’il y ait des personnalités qui s’intéressent à ce poste dans le canton de Vaud. C’est une bonne nouvelle pour le parti, surtout si c’est une personnalité cantonale comme Madame de Quattro. Bien sûr, les autres conseillers nationaux et aux Etats sont tous potentiellement intéressés, eux aussi. Et avoir une femme, c’est positif, car c’est trop souvent difficile de motiver les femmes à se lancer en campagne. Cela peut aussi susciter des vocations.

Ce n’est pas le cas cette fois-ci. Isabelle Moret pourrait aussi se lancer. Est-ce qu’on va au-devant d’un duel de femmes ?

C’est encore trop tôt pour le dire. Madame Moret est dans une réflexion positive et on sent bien qu’elle a envie d’y aller. Alors, un conflit de femmes, je ne l’espère pas. Mais c’est la politique et c’est donc difficile à éviter.

Entre les deux, laquelle soutiendrez-vous ?

Vous savez bien que comme président, je n’ai pas d’avis là-dessus. Ce qui est légitime, c’est que le canton de Vaud présente une candidature. On est un grand canton. On n’est pas surreprésenté au Conseil fédéral durant le demi-siècle qui s’est déroulé. Et notre section cantonale est forte et en progression constante depuis 5 ans.

Le canton de Vaud a déjà un élu au Conseil fédéral, avec Guy Parmelin. N’est-ce pas de l’arrogance que d’en réclamer un deuxième alors que le Tessin n’a plus de conseiller fédéral depuis 18 ans ?

On n’en réclame pas un deuxième. Et nous ne sommes pas contre le Tessin. Simplement, ce que l’on dit, c’est que nous sommes légitimés à présenter un candidat au vu de notre représentation ces dernières années. Si on regarde sur le long terme, on constate que le Tessin a une représentation conforme, voire supérieure au pourcentage de sa population. La formule magique n’est pas très précise. Elle s’appuie sur le fait que tout le monde doit trouver une place de temps en temps, ce qui ne veut pas dire que c’est maintenant. On doit faire une pesée des intérêts entre plusieurs critères : les personnalités, les régions linguistiques, mais aussi l’égalité homme-femme. Et là, il faut bien reconnaître que les femmes ont encore une marge de progression pour être représentées de manière équitable.

Au risque de faire encore attendre le Tessin durant dix ans ?

Dix ans, c’est beaucoup et c’est peu. Il faut apprécier la formule magique sur le long terme. Et aucune zone en Suisse n’est prétéritée parce qu’elle n’a pas de conseiller fédéral. Notre système est équilibré. Et avoir deux Bernois, ou deux Zurichois au Conseil fédéral n’a posé aucun problème. Encore une fois, on n’agit pas contre le canton. On est un des plus grands cantons de Suisse deux fois plus nombreux et on n’a pas pléthore de représentants vaudois. Quant aux femmes PLR, elles attendent depuis longtemps.

Quelle va être maintenant la stratégie du PLR vaudois ?

Le comité se réunira le 10 août prochain et nous communiquerons notre position au terme de notre réunion. On verra alors si on présente un ou plusieurs candidats, ou aucun. D’ici là, nous souhaitons que les candidats s’annoncent, idéalement jusqu’à fin juillet. On n’est pas à un jour près, mais il faut que cela soit suffisamment tôt pour que nous puissions nous organiser au sein du comité. Je proposerai les règles de décision dans quelques jours.

Le PLR vaudois n’organisera pas de congrès, qui pourrait montrer une forte mobilisation derrière une candidature. N’est-ce pas une erreur ?

C’est conforme à nos statuts. Lors de notre dernier congrès, le 28 juin, j’ai proposé un congrès extraordinaire, mais l’assemblée ne l’a pas souhaité. Elle a simplement dit qu’elle préférait un candidat, et non pas deux. Quant au comité, il représente les forces en présence et les régions. Il a donc toute légitimité pour se prononcer. De toute façon, ce sont les 246 parlementaires qui désigneront le prochain conseiller fédéral.

Créé: 22.07.2017, 21h06

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