Le chef des diplomates suisses fait l'éloge de l'immigration

Yves RossierLe secrétaire d'Etat Yves Rossier estime que les 70 000 Européens qui s'installent en Suisse chaque année sont une chance. Il s'en explique en interview à la 24 heures. Extrait.

Yves Rossier, secrétaire d'Etat du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Yves Rossier, secrétaire d'Etat du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Image: Keystone

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La Suisse négocie avec l'Union européenne pour savoir comment développer les accords bilatéraux. Pendant ce temps, 70 000 ressortissants européens s'installent chaque année sur sol suisse. Comment le patron des diplomates , le secrétaire d'Etat Yves Rossier, juge-t-il cette immigration? Interview. 24 heures – Est-ce que l’immigration des ressortissants européens doit être freinée?

Yves Rossier – La Suisse est un des pays au monde qui profite le plus de la globalisation. On a une immigration d’une extrême qualité. Soixante pour cent des gens ont un diplôme du troisième cycle. On en a besoin. Ils fondent pour une bonne part la prospérité de la Suisse. Ils contribuent à la santé de notre système social. Comment voulez-vous que je voie l’immigration comme autre chose que bénéfique pour notre pays?

Pas d’effets négatifs?

Si, sur le logement, le transport, le dumping salarial. Mais ce sont les désavantages d’une société qui se porte très bien. Sans chômage. Si la Suisse était en déflation comme le Japon, alors là vous avez des loyers qui sont bas. Mais il n’y a plus de boulot, plus de médecins, plus de magasins, etc. Vous me direz: «Ça me fait une belle jambe quand on cherche un logement.» Mais je préfère être vivant et avoir mal au dos, que de ne pas avoir mal au dos et être mort.

Donc les effets positifs l’emportent largement selon vous sur les effets négatifs?

Ce n’est pas en tuant le patient que vous guérissez la maladie. Les effets négatifs, il faut certes les traiter mais sans éliminer les effets positifs. Il faut se lever très tôt pour dire que l’immigration est néfaste. A l’école où vont mes enfants, s’il n’y avait pas de profs étrangers, il y aurait beaucoup de classes avec 60 élèves. Dans nos hôpitaux, dans nos homes, s’il n’y avait pas les étrangers, vous attendriez longtemps avant d’être soignés. Et la même chose est valable à l’EPFL ou dans les entreprises.

Vous ne pouvez pas nier que la forte immigration suscite la crainte d’une grande partie de la population? Ne va-t-on pas vers un Minder bis en votation?

Peut-être. Il y aura une campagne. Nous avons gagné des votations, comme celle sur l’élévation du taux de la TVA, où on nous a dit qu’on n’avait aucune chance. Les autorités peuvent aussi agir sur les effets négatifs de l’immigration.

Lisez l'interview complète jeudi 14 mars dans les éditions payantes 24 heures

Créé: 13.03.2013, 16h39

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