Le chef de la diplomatie turque reçu par Burkhalter

Suisse-TurquieMevlüt Cavusoglu va s'entretenir jeudi avec son homologue suisse sur fond de tensions entre l'Europe et Ankara.

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Le conseiller fédéral Didier Burkhalter et le ministre turc des affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu se sont rencontrés jeudi à Berne au Palais fédéral en marge d'une visite de ce dernier à son ambassade. Le référendum qui doit avoir lieu le 16 avril en Turquie a notamment été évoqué.

«En vue du référendum qui doit avoir lieu très prochainement sur la réforme constitutionnelle en Turquie, M. Burkhalter a souligné que le droit national s'appliquait en Suisse et il a appelé la Turquie à le respecter», rapporte un communiqué du Département fédéral des affaires étrangères. Le chef du DFAE a précisé que la Suisse enquêtera sur toute allégation d'activités de renseignement commises sur son territoire.

«La liberté d'expression est une valeur universelle reconnue par la Suisse qui souhaite qu'elle soit également valable pour les citoyens turcs qui voteront, que ce soit en Suisse ou dans leur pays», a encore affirmé M. Burkhalter.

Il a par ailleurs fait part à son homologue turc de sa compréhension à l'égard de la situation difficile dans laquelle se trouve la Turquie suite à la tentative de putsch de l'été dernier. Mais il a aussi exprimé ses préoccupations quant aux nombreux licenciements et arrestations qui ont suivi, et rappelé que «la proclamation de l'état d'urgence ne dispense pas la Turquie de respecter les engagements internationaux en matière de droits de l'homme».

A la demande d'Ankara

Les deux ministres ont d'autre part échangé leur point de vue sur divers sujets, comme l'éventuelle réintroduction de la peine de mort, le caractère proportionnel des mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence et la durée de ce dernier, l'indépendance de la justice ou encore la coopération avec des institutions comme le Conseil de l'Europe.

La rencontre a été organisée à la dernière minute au Palais fédéral à la demande d'Ankara, en marge d'une visite de Mevlüt Cavusoglu à son ambassade. Ce dernier a souhaité cette entrevue sur le chemin de retour de son voyage aux Etats-Unis.

Moment charnière

Il faut «mener un dialogue intensif, très direct, à tous les niveaux avec les responsables turcs», avait soutenu M. Burkhalter peu avant de recevoir son homologue turc à Berne. Ce dialogue permet «peut-être un peu de faire comprendre que certaines des positions de la Turquie posent des problèmes à ses partenaires».

Le chef de la diplomatie suisse était interrogé par la RTS pour l'émission Forum, en marge de la signature à Paris de l'accord fiscal sur l'aéroport Bâle-Mulhouse-Fribourg. «La Turquie est un grand pays qui a fait beaucoup de progrès pendant des dizaines d'années», a poursuivi le conseiller fédéral. «Maintenant, il est à un moment charnière de son histoire et il pourrait peut-être prendre une direction inquiétante en contradiction avec ses propres engagements.»

Pas de remous en ville

En ville de Berne, la police a bouclé jeudi matin dans un vaste périmètre le secteur autour du Palais fédéral et de l'hôtel Bellevue tout proche. La Bundesgasse était fermée au trafic.

Sur les places et aux carrefours du centre-ville, des policiers bien équipés marquaient leur présence, de même que dans le quartier de l'Elfenau où se trouve l'ambassade de Turquie. La situation était calme aux abords du Palais fédéral et de l'ambassade en début d'après-midi, a constaté sur place un journaliste de l'ats.

Contacté, le service de presse de la police cantonale bernoise n'a pas voulu s'exprimer sur le dispositif en place. La mission est de garantir la sécurité, a-t-il été indiqué. La mise sur pied se conforme sur l'évaluation actuelle du niveau de menace.

Sur fonds de tensions

Cette visite survient alors que les relations entre la Turquie et plusieurs pays européens se sont fortement tendues ces dernières semaines. En cause: l'interdiction de meetings de campagne dans ces pays avant le référendum du 16 avril en Turquie sur le renforcement des pouvoirs présidentiels.

En Suisse aussi, un rassemblement de ce type prévu à Zurich, auquel devait participer M. Cavusoglu, a été annulé en mars à la suite du désistement de l'hôtel où il devait se tenir. Un autre meeting de campagne prévu le 10 mars, présidé par un responsable du parti AKP, au pouvoir en Turquie, avait été interdit, la police invoquant un risque de trouble à l'ordre public.

Des meetings auxquels devaient participer des ministres turcs ont été également été annulés en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas. (ats/nxp)

Créé: 23.03.2017, 10h33

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