Les chiens de combat sont en voie de disparition

AnimauxLes cantons qui les ont interdits recensent moins de molosses. Mais les morsures, elles, ne diminuent pas. Explications.

A Genève, en 2008, on dénombrait 583 molosses des quinze?races indésirables, contre 137 à la fin de l’an dernier. Les morsures, elles, sont passées de 165 à 254.

A Genève, en 2008, on dénombrait 583 molosses des quinze?races indésirables, contre 137 à la fin de l’an dernier. Les morsures, elles, sont passées de 165 à 254. Image: Keystone

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Lentement mais sûrement, les chiens dits dangereux sont en train de disparaître dans les cantons qui les ont interdits. A Zurich, 350 «chiens de combat» étaient enregistrés en 2010, date de l’entrée en vigueur de leur interdiction. Six ans plus tard, le canton n’en compte plus que 259. A Genève, la tendance est encore plus marquée. En 2008, on dénombrait 583 molosses des quinze races indésirables, contre 137 à la fin de l’an dernier. En Valais, le vétérinaire cantonal, Jérôme Barras, estime qu’il ne «doit pas rester beaucoup» de représentants des douze races prohibées.

«Les différentes mesures produisent leurs effets»

Les services des affaires vétérinaires se réjouissent de cette évolution. Pourtant, les cas de morsures, toutes races confondues, sont en hausse. A Zurich, 543 incidents étaient annoncés en 2010, rapportait récemment le Tages-Anzeiger. Ce chiffre a grimpé à 667 l’an dernier. La palme revient au berger allemand, qui ne figure pas sur la liste des chiens prohibés. A Genève, on est passé de 165 morsures en 2008 à 254 en 2015.

Obligation d’annonce

Comment l’expliquer? Le Service des affaires vétérinaires (SCAV) de Genève répond prudemment: «Cette progression est peut-être liée à un accroissement des agressions canines, mais elle peut aussi être imputée à une meilleure prise en compte de l’obligation d’annoncer les morsures.»

Depuis 2008, l’ordonnance fédérale sur la protection des animaux astreint vétérinaires, médecins, éducateurs canins, entre autres, à déclarer les blessures provoquées par un chien ou des signes d’un comportement excessivement agressif. Certaines lois cantonales sont même plus exigeantes. «La pratique n’est pas encore totalement respectée, mais elle rentre dans les mœurs, estime Jérôme Barras. En réalité, il y a sûrement plus de cas.» Une plus grande sensibilité de la part du public conduirait aussi à plus facilement rapporter des attaques.

Cas bagatelles

L’augmentation des annonces de morsures ne doit pas cacher les avancées qui ont suivi l’introduction de règles plus sévères: en Valais, il n’y a eu aucune morsure grave ces dernières années, se félicite Jérôme Barras. «Les différentes mesures, notamment les cours obligatoires que doivent suivre les propriétaires, produisent leurs effets.» La majorité des agressions d’êtres humains sont des «cas bagatelles», assure-t-il. «Il y en aura toujours, cela fait partie de la cohabitation avec le chien.»

Même constat dans le canton de Vaud, qui n’a pas fixé d’interdiction mais soumet à autorisation trois races potentiellement dangereuses. Si les effectifs sont stables, le nombre de morsures de ces chiens est en nette diminution. «Cela prouve que la loi responsabilise les détenteurs», estime Giovanni Peduto, vétérinaire cantonal.

Critiques sur les listes

A Genève, les agressions à l’encontre d’enfants restent stables depuis 2013, oscillant autour des 30 cas. «Ce qui tendrait à confirmer que les activités exercées par l’Association Prévention des accidents par morsure commencent à porter leurs fruits», avance le SCAV. Sur 115 morsures d’êtres humains annoncées l’an dernier, neuf étaient graves. Deux ont conduit à l’amputation d’une phalange – elles étaient le fait de chiens qui ne sont pas interdits. Les races prohibées sont, elles, à l’origine de 3,5% de tous les incidents recensés en 2015.

L’association de protection des animaux Tier im Recht salue les progrès, mais reste très critique sur l’existence de listes. «Il n’existe pas de races dangereuses», défend Nora Flückiger, collaboratrice juridique. «La dangerosité est le fait de maîtres irresponsables», ajoute Heinz Lienhard, président de la Protection Suisse des Animaux. Ces associations regrettent par ail­leurs le patchwork de lois cantonales. Un projet d’harmonisation n’a pas passé la rampe du parlement il y a quelques années. Pour Nora Flückiger, la meilleure solution consiste à renforcer la mise en place de cours et de mesures de prévention.

Créé: 20.04.2016, 20h37

Interdire ou soumettre à autorisation

C’est à la suite d’accidents tragiques – notamment la mort du petit Süleyman, 6?ans, tombé sous les coups des mâchoires de?pitbulls, à Oberglatt (ZH) – que plusieurs cantons ont introduit, au terme de débats émotionnels, des mesures pour garantir la sécurité du public.

Une dizaine d’entre eux ont?adopté une liste de races de?chiens interdites. A Genève, une initiative populaire en ce?sens avait été plébiscitée par?65% des votants en 2008. Et?l’objectif de faire fondre les?effectifs des chiens dangereux est à bout touchant, au fur et à mesure que les canidés vieillissants décèdent. Les?propriétaires qui en possédaient avant le vote bénéficient d’une?autorisation de détention. Ils sont soumis à des tests de maîtrise et de comportement et les molosses doivent porter une muselière dès qu’ils?quittent leur domicile.

D’autres cantons ont préféré soumettre la détention de?certaines races à autorisation, comme Vaud, pour les pitbulls, amstaffs et rottweilers.

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