Les chiens de protection, angoisse des promeneurs

AlpagesPro Natura organise des randonnées d’initiation pour apprendre à se comporter face aux patous qui veillent sur les troupeaux.

La protection des troupeaux par des chiens a fait ses preuves, selon une étude d’Agridea.

La protection des troupeaux par des chiens a fait ses preuves, selon une étude d’Agridea. Image: DR

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Sur l’alpage de Savoleyre, au Pays-d’Enhaut, Sibelle accueille la vingtaine de randonneurs en ce samedi de juillet. La chienne de protection de troupeaux lance plusieurs aboiements imposants, puis s’éloigne des moutons pour analyser la présence des visiteurs. Et plus encore pour lorgner quelques caresses: un visage familier, le berger Julien Valloton, dirige la petite troupe. Sibelle, grand et pelucheux patou blanc, surveillera néanmoins de près l’ascension des marcheurs.

C’est Pro Natura, en collaboration avec le service de vulgarisation agricole Agridea, qui organise l’excursion. Le but: sensibiliser et informer sur les bonnes attitudes à avoir face aux chiens de troupeaux. Charles Lehmann, un accompagnateur en montagne genevois, y participe. «J’ai eu quelques expériences désagréables avec des chiens de protection lors de randonnées, raconte-t-il. Je viens pour savoir comment réagir et encadrer au mieux mes clients.»

Garder son calme

Que faire? Les consignes sont claires. Rester tranquille, attendre que le chien se calme, contourner le troupeau si possible, descendre du vélo pour les cyclistes. «Le chien accourt vers le randonneur en aboyant. C’est parfois très impressionnant, explique Jean-Daniel Spicher, un des cinq conseillers spécialisés en chiens de protection de troupeaux (CPT) en Suisse. Il renifle, vous tourne autour, analyse la situation. Si on crie et qu’on commence à gesticuler en levant ses bâtons, le chien risque de réagir et ça peut devenir dangereux. Par contre, si vous restez calmes et faites comprendre au chien que vous n’êtes pas agressif, il s’apaise, se désintéresse de vous et part.» Et cet éleveur de préciser: «Ils ne sont pas dangereux, il faut simplement respecter leur travail.»

Depuis le retour naturel du loup en 1995 – une trentaine aujourd’hui dans tout le pays –, la protection des troupeaux est une problématique importante pour la Confédération, qui mandate Agridea pour la coordonner sur le plan national. Pro Natura soutient le projet: «C’est un moyen pour améliorer l’acceptation du loup en Suisse. Une cohabitation avec des élevages de moutons est possible. En Suisse, il y a bien assez de place pour le loup! Il suffit de lui en faire dans nos têtes», commente Mirjam Ballmer, spécialiste des grands prédateurs chez Pro Natura.

169 chiens de protection

Les dernières statistiques recensent 169 chiens de protection de troupeaux sur quelque 87 alpages suisses. Selon une étude menée par Agridea entre 2009 et 2013, 153 animaux ont été tués dans des troupeaux non protégés, contre seulement 15 dans des troupeaux protégés. «Quinze victimes qui s’expliquent essentiellement par la météo, la taille ou la dispersion des troupeaux. La méthode a fait ses preuves!» conclut François Meyer, collaborateur scientifique d’Agridea.

Quant à l’intégration des chiens avec les moutons, «elle se fait toute seule, raconte le conseiller spécialisé. Le chien naît dans la bergerie au milieu des moutons et grandit avec eux. Il faut juste l’habituer à voir des humains.»

Chiens plus sociables

Afin d’éviter les accidents avec les randonneurs, il faut également une bonne formation des chiens et des moniteurs. Si Agridea recense 28?cas de morsures légères sur des humains entre 2011 et 2014, la tendance est à la baisse ces deux dernières années. Jean-Daniel Spicher pense que l’accent mis sur la sociabilisation des chiens y est pour beaucoup. C’est dans ce sens que travaille l’association CPT-CH, créée en 2011 par les éleveurs et formateurs suisses. «Auparavant, l’éleveur se concentrait sur le binôme chien-mouton. Maintenant, le chien passe une partie du temps hors du troupeau. Personnellement, j’emmène mes jeunes chiens en ville pour qu’ils s’habituent au passage, aux gens, au bruit», précise Jean-Daniel Spicher.

Indispensable, la sociabilisation a parfois son revers. «Sibelle est justement trop gentille, rigole Julien Valloton. Elle a la fâcheuse habitude de suivre les rares randonneurs qui passent. On l’a déjà retrouvée au col de Jaman ou à la fourrière de Lausanne!» (24 heures)

Créé: 25.07.2015, 09h44

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