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Le chômage des quinquas agite les partis

Des élus bourgeois réclament des mesures pour lutter contre le chômage des seniors. Mais sans recourir à la création d'une loi.

Les employés de plus de 45 ans bénéficient d'une protection accrue dans la pharma et la chimie à Bâle.
Les employés de plus de 45 ans bénéficient d'une protection accrue dans la pharma et la chimie à Bâle.
Keystone

Les personnes de plus de 50 ans représentent désormais la catégorie la plus importante en recherche d'emploi. Elles sont passées de 30'000 en 2011 à près de 40'000 en mars 2017, selon les chiffres du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Une situation inacceptable pour le conseiller aux Etats Philipp Müller (PLR/AG), comme le rapporte le Tages-Anzeiger dans son édition du 11 avril. «Auparavant on parlait beaucoup et on ne faisait rien. Surtout du côté des employeurs.» Et il est temps d'agir, ajoute l'ancien président du PLR, «sinon les patrons ne devront pas être surpris de voir inscrire dans la loi une meilleure protection face aux licenciements.»

Délai de licenciement de six mois

Une thématique que soutient son confrère Pirmin Bischof (PDC/SO), qui met en avant la solution existante depuis dix ans dans l'industrie de la chimie et de la pharmacie à Bâle. Dès 45 ans, le délai de licenciement passe à six mois, au lieu des trois mois habituels. Puis à 12 mois pour les employés de plus de 55 ans.

Une pratique que le conseiller aux Etats aimerait bien voir étendue à toute la Suisse. Mais à l'instar de Philipp Müller, il aimerait éviter qu'elle soit inscrite dans une loi. Leur collègue Karin Keller-Sutter (PLR/SG) estime également que ce serait contre-productif. Elle espère que le recul de l'immigration de masse va améliorer la situation des seniors sur le marché de l'emploi.

Pirmin Bischof met aussi en garde le Conseil fédéral. «Si Johann Schneider-Ammann et les employeurs n'arrivent pas à trouver de solution pour combattre le chômage des seniors, le dossier de l'immigration reviendra sur le devant de la scène.»

Juste avant la conférence nationale

Un avertissement lâché alors que le chef du Département fédéral de l'économie (DFE) doit rencontrer les cantons et les partenaires sociaux à la fin avril pour la troisième conférence nationale sur le chômage croissant des seniors. Un sommet qui ne devrait pas proposer de protection accrue contre les licenciements, croit savoir le quotidien zurichois.

Cette solution est soutenue par Daniel Lampart, chef économiste de l'Union syndicale suisse (USS). L'avocat Denis G. Humbert rappelle que le Tribunal fédéral a constaté à plusieurs reprises que cette catégorie de travailleurs nécessitait une meilleure protection. L'âge à partir duquel cette norme devrait s'appliquer divise les partenaires sociaux mais Denis G. Humbert la juge nécessaire dès 55 ans au plus tard.

De bonnes expériences à Bâle

Quant aux entreprises concernées, elles font part de résultats positifs. Novartis évoque de «bonnes expériences avec les délais de licenciement rallongés». Le conseiller national Corrado Pardini (PS/BE) et membre de la direction d'Unia, a négocié la convention collective de travail au sein de la branche.

Il explique que la nouvelle norme n'a pas rencontré de problèmes. Elle a même permis de sensibiliser les départements du personnel. Les employés âgés sont désormais moins licenciés, ajoute Kathrin Ackermann du syndicat Syna.

La Confédération se défend de vouloir introduire une telle protection en prétextant qu'elle empêcherait ces travailleurs de plus de 50 ans d'être recrutés, de peur que les entreprises ne puissent plus s'en séparer. Mais ni Novartis ni les syndicats n'ont constaté de telle tendance.

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