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Christian Vitta prêt à jouer le challenger dans la course au Conseil fédéral

En annonçant son intérêt pour le Conseil fédéral, le ministre tessinois des finances bouscule la stratégie du PLR cantonal. Analyse.

Christian Vitta, ministre tessinois des finances.
Christian Vitta, ministre tessinois des finances.
Keystone

Ignazio Cassis, Ignazio Cassis. Depuis le 14 juin et l'annonce de la démission de Didier Burkhalter, le nom du conseiller national tessinois tourne en boucle sous la Coupole. Le chef du groupe PLR aux Chambres fédérales fait figure de grandissime favori. Non seulement par son profil très affûté et son large réseau à Berne, mais aussi et surtout parce que «c'est le tour du Tessin!». Le canton n'est plus représenté au gouvernement depuis 1999 et le départ de Flavio Cotti. Et comme les Romands ont trois conseillers fédéraux, le siège laissé vacant par Didier Burkhalter pourrait donc échoir au Tessin sans provoquer de remous.

Tout semblait donc le désigner pour être le candidat officiel du PLR tessinois, avec une place quasi assurée sur le probable double ticket du parti national. La fin de la semaine dernière, le président du parti Bixio Caprara avait d'ailleurs précisé ses intentions: pas question de disperser les forces en présentant deux candidats. Même si l'appel aux candidatures est ouvert jusqu'au 10 juillet prochain, autant dire que les choses semblaient réglées d'avance au Tessin.

C'était sans compter le scepticisme croissant à l'égard d'Ignazio Cassis. Le conseiller national est en effet dans le viseur du PS, qui lui reproche ses liens avec les caisses maladie (il est président de Curafutura, un poste rémunéré à 180 000 francs par an), ainsi que son opposition à la réforme des retraites. Son élection n'est peut-être pas si assurée que cela, se dit-on désormais au sein du PLR. Et pour assurer le retour du Tessin au Conseil fédéral, mieux vaudrait avoir deux candidats transalpins à présenter à l'Assemblée fédérale.

Qui alors pour accompagner Ignazio Cassis? Alors que beaucoup voyaient l'ancienne conseillère nationale et conseillère d'Etat Laura Sadis, c'est un autre Tessinois qui profite de l'occasion pour se profiler. Dans le Blick de ce mercredi, le conseiller d'Etat Christian Vitta déclare son intérêt pour le poste, pour autant que le PLR tessinois ouvre le jeu. «Ma décision dépend de mon parti. S'il ne présente qu'un candidat, alors Ignazio Cassis a certainement les meilleures cartes. Mais si le PLR tessinois présente plusieurs candidats, alors là les choses sont différentes», analyse-t-il.

A 44 ans, le conseiller d'Etat tessinois en charge des finances se pose d'ailleurs en alternative d'Ignazio Cassis: plus jeune et avec une autre façon de faire de la politique. «J'apporte mon expérience d'homme d'exécutif. Je représente une autre génération de politicien. Et j'ai un background totalement différent. Je suis économiste. Mes thèmes sont les finances et l'économie. Et je peux utiliser ces compétences dans tous les départements. Même dans le domaine de la santé, où les enjeux sont moins liés à la santé qu'aux questions financières, souligne-t-il. Le PLR doit trouver une voie médiane. Nous devons défendre nos valeurs, mais nous devons aussi rechercher des solutions progamatiques. Nous devons être prêts à nouer des compromis». Allusion à peine voilée à l'instransigence d'Ignazio Cassis.

Il n'empêche que la route s'annonce escarpée pour ce jeune loup. Même s'il est vice-président du PLR suisse et qu'il siège au conseil de banque de la BNS, Christian Vitta est loin de bénéficier du large réseau fédéral d'Ignazio Cassis. En attendant, sa candidature bouscule la stratégie de son parti.

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