Christophe Darbellay perd contre la «Weltwoche» et riposte

JusticeLe conseiller d'Etat valaisan annonce le dépôt d'une plainte contre l'article, interdit en ligne, qui traitait d'une procédure relative à son quatrième enfant.

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C’est l’histoire d’un double coup de tonnerre. Mardi en fin d’après-midi, le conseiller d’État valaisan Christophe Darbellay annonce dans un communiqué déposer une plainte contre le journal alémanique «Weltwoche» pour atteinte à la personnalité. Cette annonce intervient près de deux mois après la publication d’un article concernant le quatrième enfant du politicien, né hors mariage en septembre 2016.

Ledit article traitait d’un différend portant sur la pension alimentaire dans le cadre d’un procès intenté aux États-Unis par la mère de l’enfant. Cette dernière vit en effet au Texas depuis fin 2016. Interdit de publication par une ordonnance du Tribunal de Zurich saisi par Christophe Darbellay, le texte n’était pas paru en ligne mais la publication dans la version papier du 28 mars dernier n’avait pu être évitée. Aujourd’hui, le politicien valaisan dénonce «des allégations inacceptables et de fausses déclarations».

Dans son communiqué, Christophe Darbellay ajoute que, «contrairement à la décision de mesures superprovisionnelles du 27 mars 2019, la «Weltwoche» a publié l’article en question».

Mais la manœuvre et le timing peuvent surprendre. En effet, le Tribunal d’arrondissement de Zurich a depuis statué sur le fond des restrictions demandées par le conseiller d’État valaisan. Le verdict a été rendu le 2 mai et la notification aux parties effectuée ce lundi 27 mai. Nous nous sommes procuré ce document.

«Je ne tolérerai aucune autre ingérence dans ma vie privée»

Il nous apprend que Christophe Darbellay a été désavoué. Il a été condamné à payer une indemnité de plus de 9000 francs à la «Weltwoche» et 8000 francs de frais de justice. Le jugement peut faire l’objet d’un recours dans les dix jours et, tant qu’il n’est pas en force, les mesures restent en vigueur.

Cela étant, le tribunal estime que certains documents relèvent effectivement de la protection de la sphère privée, mais cela ne s’applique pas aux éléments de la procédure américaine. En effet, ceux-ci sont accessibles publiquement et la mère de l’enfant y a également fait référence dans un blog. Pour les juges, la restriction demandée par Christophe Darbellay ne peut donc s’appliquer à ces parties du dossier. Nous avons tenté de contacter le conseiller d’État pour qu’il réagisse à cette décision de justice et connaître sa détermination. Il n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Directeur de la «Weltwoche», le conseiller national zurichois Roger Köppel (UDC) a toujours estimé que les mesures préventives ne se justifiaient pas, l’article traitant d’une «personnalité publique». On s’en souvient, l’ancien président du PDC suisse avait par ailleurs lui-même annoncé cette naissance hors mariage au «SonntagsBlick» juste avant sa campagne pour le gouvernement valaisan.

Aujourd’hui, il avertit dans son communiqué qu’il ne tolérera «aucune autre ingérence illégale dans sa vie privée» et qu’il se «réserve tous les moyens légaux pour défendre ses droits personnels».

Créé: 28.05.2019, 21h35

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