Les cinq leçons de Zurich pour les élections fédérales

PolitiqueÀ 6 mois des élections fédérales, les élections cantonales depuis 2015 donnent des enseignements précieux. Analyse

Sous la Coupole, les élus – ici Carlo Sommaruga (PS) et Christian Lüscher (PLR) – peuvent déjà esquisser des projections.

Sous la Coupole, les élus – ici Carlo Sommaruga (PS) et Christian Lüscher (PLR) – peuvent déjà esquisser des projections. Image: Keystone

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Comparaison n’est pas raison. Zurich est certes le plus peuplé des cantons suisses, mais il ne suffit pas de prendre les résultats des élections cantonales du week-end dernier pour pronostiquer ceux des élections fédérales le 20 octobre prochain. La météo électorale, qui était favorable aux partis verts, peut se calmer et un autre thème s’imposer à la une dans les six mois qui viennent. Les résultats de Zurich, associés à ceux des élections cantonales depuis 2015, permettent néanmoins de tirer quelques enseignements intéressants.

L’UDC doit obtenir l’aide de… l’UE pour gagner

La défaite mortifiante de l’UDC à Zurich frappe par son ampleur (–9 sièges au parlement cantonal). Mais le parti se trouve dans une phase déclinante depuis 2015. Il a même reçu une fessée spectaculaire à Neuchâtel (–11 sièges). Pourquoi ce coup de mou? La peur de la vague migratoire, qui avait fait son succès, reflue. Et comble de malchance pour elle, le PS marche sur ses plates-bandes en flinguant l’accord institutionnel avec l’UE. L’Union européenne, justement, est paradoxalement la dernière planche de salut pour l’UDC. Si la Commission européenne met sa menace à exécution de ne pas accorder l’équivalence boursière à la Suisse en juillet, elle déclenchera les hostilités. Et ce sera du pain bénit pour l’UDC de capitaliser sur le «diktat» de l’UE et son «arrogance» envers un petit pays qui ne file pas droit.


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Le PS décrochera son but de guerre mais ne flambera pas

Le but de guerre du PS pour les élections fédérales est de casser la majorité de droite UDC-PLR au Conseil national. Celle-ci dispose, avec la Lega et le MCG, de 100 sièges sur 200. Au vu du recul UDC-PLR à Zurich, cet objectif peut facilement être atteint. Autre satisfaction pour le PS: les velléités du PLR de s’imposer comme deuxième parti suisse tiennent plus du rêve inaccessible que d’un objectif réaliste. Ces petites victoires risquent néanmoins d’avoir un goût amer pour le PS. Il était en effet sur une tendance favorable mais à Zurich il recule. De mauvais augure pour octobre. Il risque de perdre son carburant de voix chez les jeunes au profit des Verts, mieux positionnés sur le climat, et de voir une partie de ses «bobos» proeuropéens le délaisser au profit des Vert’libéraux.

L’opportunisme vert du PLR est une opération risquée

Le PLR croyait qu’avec un peu de peinture verte badigeonnée à la va-vite sur son programme, il pourrait freiner les Vert’libéraux à Zurich. Grave erreur. Le parti perd, alors qu’il était jusqu’ici sur un trend hyperpositif dans les élections cantonales. Plus étonnant, le PLR persiste et signe. Il présentera ce jeudi son sondage sur sa politique environnementale qu’il enverra à ses 120 000 membres. Il focalise donc sur un thème qui n’est pas central pour lui et prend le risque de la division en pleine année électorale. Le danger? Au lieu de stimuler sa base, il risque de démotiver ses électeurs conservateurs face à la «lubie écolo» ou au contraire de pousser les plus sensibles à l’environnement dans les bras des Vert’libéraux.

Les partis verts capitalisent, mais jusqu’à quand?

Carton plein pour les deux partis verts, l’officiel de gauche et le dissident de droite, qui ont parfaitement capitalisé sur les manifestations des jeunes de ces dernières semaines. Leur thème fétiche n’a pas quitté la une. Mais tiendront-ils la distance jusqu’en octobre? Si les deux partis ont prouvé qu’ils étaient là pour durer, ils subissent souvent des aléas conjoncturels. Reste que pour eux, le trend est positif, notamment pour les Verts.

Contrairement au PDC, le PBD commence à sentir le sapin

Les grands partis ne meurent jamais. Si le PDC recule inexorablement depuis des décennies, il parvient toujours à limiter les dégâts. On l’a vu encore à Zurich. Il pourrait donc limiter les pertes en octobre. L’avenir est nettement plus sombre pour le petit Parti bourgeois-démocratique, dissidence de l’UDC. Il disparaît du parlement zurichois et tout indique qu’il n’aura plus de groupe (5 élus) au National cet automne. Il n’a toujours pas trouvé un thème saillant qui le distingue des autres.

Créé: 25.03.2019, 22h29

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