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Cartel dans les GrisonsConfiance malgré tout au commandant de la police

Malgré les critiques de la commission d'enquête dans l'affaire du cartel de la construction, le gouvernement grison continue de travailler avec le chef de la police.

La Commission d'enquête parlementaire a donné son avis mardi sur le cartel de la construction aux Grisons.
La Commission d'enquête parlementaire a donné son avis mardi sur le cartel de la construction aux Grisons.
Keystone

Le gouvernement grison maintient sa confiance au chef de la police cantonale malgré l'arrestation contestée du lanceur d'alerte du cartel de la construction. La Commission d'enquête parlementaire (CEP) avait critiqué mardi le commandant dans son rapport.

Le conseiller d'Etat en charge de la Sécurité, Peter Peyer (PS), a déclaré mercredi aux médias vouloir continuer à travailler avec les personnes impliquées dans le cas du lanceur d'alerte Adam Quadroni. Ancien membre du cartel, ce dernier avait révélé les ententes illicites survenues sur le marché de la construction en Basse-Engadine, le plus grand scandale du genre en Suisse.

L'Exécutif cantonal a particulièrement renouvelé sa confiance à Walter Schlegel, commandant de la police grisonne. La veille, la CEP avait pourtant déploré que le chef des forces de l'ordre n'avait pas suffisamment pris ses responsabilités lors de l'arrestation manu militari du lanceur d'alerte et de son placement dans une clinique psychiatrique, le 15 juillet 2017.

Gestion des menaces à améliorer

Mercredi, le gouvernement a présenté le rapport de l'ancien procureur général zurichois Andreas Brunner, mandaté pour mener une enquête administrative sur l'attitude des dirigeants de la sécurité publique et des forces d'intervention dans cette affaire. Dans ses conclusions, le spécialiste livre 19 recommandations permettant d'améliorer leur travail.

Il y évoque une sensibilisation et une formation des officiers de police en matière de contrôles et de leadership. Les Grisons ont un besoin urgent d'un véritable concept de gestion des menaces, a déclaré Andreas Brunner aux journalistes. Le gouvernement a d'ores et déjà décidé d'intégrer ce point dans son prochain programme législatif 2021-2024.

Pas de danger justifiant l'arrestation

Dans l'ensemble, le rapport d'Andreas Brunner rejoint largement celui de la CEP concernant les interventions de la police au domicile du lanceur d'alerte. S'il constate que l'arrestation d'Adam Quadroni a été déclenchée par un appel téléphonique de son épouse, il réfute en revanche catégoriquement que celui-ci ait pu représenter un danger pour lui-même ou pour ses proches, sous forme de suicide ou de drame familial, en raison des menaces présumées qu'il aurait formulées.

Pour l'auteur du rapport, les membres du cartel de la construction n'ont pas instrumentalisé les autorités dans les mesures prises au sujet du lanceur d'alerte. Seule la situation tendue au sein de la famille d'Adam Quadroni a provoqué les trois interventions de la police à domicile. Les tensions au sein du couple provenaient indirectement du retrait de ce dernier du cartel, qui avait entraîné une dégradation de sa situation professionnelle et familiale.

Sanctions de la Comco

L'affaire des ententes illicites en Basse-Engadine est le plus important cas de manipulations dans la construction découvert en Suisse jusqu'ici. La Commission de la concurrence (Comco) a ouvert dix enquêtes.

En avril 2018, la Comco a annoncé qu'elle sanctionnait sept entreprises de construction impliquées dans le cartel pour un montant total de 7,5 millions de francs. En septembre dernier, elle a infligé de nouvelles amendes pour près de 11 millions de francs.

Les sociétés de construction du cartel s'accordaient sur les prix des offres et sur les entreprises qui devaient remporter les adjudications, principalement des constructions de routes. Ces entreprises se sont entendues sur 650 projets correspondant à un volume d'achat d'au moins 190 millions de francs.

ats

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