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Conseil fédéral: départs coordonnés souhaités

PS et PDC souhaitent que Johann Schneider-Ammann et Doris Leuthard se coordonnent pour quitter le Conseil fédéral.

Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann vont-ils partir ensemble? Telle est la question.
Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann vont-ils partir ensemble? Telle est la question.
Keystone

Johann Schneider-Ammann a annoncé vendredi dans une interview de la NZZ qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat de conseiller fédéral au terme de la législature, fin 2019. Reste à savoir si le ministre PLR de l'économie quittera le gouvernement au même moment que la ministre des transports Doris Leuthard (PDC).

Agé de 66 ans, Johann Schneider-Ammann est entré au Conseil fédéral pour aider à assurer le plein emploi, maintenir l'industrie et soutenir son parti. Or l'emploi se porte mieux que jamais, l'industrie est forte et le PLR a le vent en poupe, se félicite le Bernois dans les colonnes de la Neue Zürcher Zeitung.

Au gouvernement depuis 2010, il aurait déjà pu démissionner, confie-t-il. Mais il veut encore mettre sur pied une bonne politique agricole en collaboration avec le monde paysan. Ingénieur en électricité de formation, le ministre est resté fidèle au Département de l'économie, de la formation et de la recherche. Une de ses plus grandes fiertés est l'accord de libre-échange avec la Chine, en vigueur depuis 2014.

Femmes aux avant-postes

Son annonce va susciter des convoitises au PLR. L'échec de la Vaudoise Isabelle Moret lors de la succession de Didier Burkhalter en ayant fâché plus d'une, les femmes feront entendre leur voix. Avec Ignazio Cassis, le parti ne compte que des représentants masculins au gouvernement.

La pression pour qu'une libérale-radicale entre au gouvernement sera forte, et Karin Keller-Sutter pourrait prendre sa revanche. Candidate en même temps que M. Schneider-Ammann en 2010, la conseillère aux Etats (SG) pourrait enfin voir les portes du Conseil fédéral s'ouvrir. A moins qu'elle ne se représente pas. D'autres femmes siégeant au Parlement pourraient aussi se lancer, comme Petra Gössi, conseillère nationale (SZ) et présidente du parti.

La Suisse orientale, la Suisse centrale et la Suisse du nord-ouest ne sont pas représentées au gouvernement, cette donnée pourrait aussi motiver Daniela Schneeberger (BL). Mais Regine Sauter (ZH), Christa Markwalder (BE), Doris Fiala (ZH) ou Corina Eichenberger (AG) pourraient aussi jouer la carte «femmes». Et il n'est pas exclu que des ministres cantonales y songent.

Ticket exclusivement féminin

Pour donner toutes les chances à une femme, le PLR pourrait rompre avec ses habitudes et présenter un ticket exclusivement féminin. S'il mise sur un ticket homme-femme, plusieurs candidats masculins sont à même de se profiler. La provenance régionale revêtirait un rôle important.

Les conseillers aux Etats Andrea Caroni (AR), Martin Schmid (GR) et Damian Müller (LU), de même que le conseiller national Marcel Dobler (SG) pourraient jouer cet atout. Pourraient également se lancer le conseiller aux Etats Ruedi Noser (ZH) et les conseillers nationaux Beat Walti (ZH), Hans-Peter Portmann (ZH) et Christian Wasserfallen (BE).

Le remplacement de M. Ammann dépendra en tous les cas de la succession de Mme Leuthard. Ministre depuis 2006, l'Argovienne vit aussi sa dernière législature. Si son départ coïncidait avec celui du Bernois, le Parlement disposerait d'une large marge de manoeuvre.

Départs coordonnés ou non

Vendredi, les partis n'ont pas été surpris par l'annonce du ministre de l'économie, une «non-nouvelle» pour Christian Levrat. A l'instar des chefs des groupes parlementaires PDC Filippo Lombardi et UDC Thomas Aeschi, le président du PS insiste avant tout sur la coordination entre les deux conseillers fédéraux sortants.

Toutefois la décision leur appartient, rappellent-ils tous les trois. Il est ainsi «très difficile pour leurs partis respectifs de se coordonner» afin de prévoir une date de départ commune, souligne M. Lombardi. «L'expérience démontre que c'est compliqué», abonde le chef du groupe PLR Beat Walti.

Un retrait simultané des deux ministres permettrait certes d'esquisser plus de variantes, fait valoir le conseiller national zurichois, «mais nous prendrons les choses comme elles viennent». Pour sa part, Christian Levrat estime qu'un départ coordonné n'est pas «obligatoire» mais qu'il serait «sain» pour le collège gouvernemental.

Thomas Aeschi critique par ailleurs le procédé consistant à annoncer son départ sans en préciser la date. «C'est devenu une mauvaise habitude», remarque le conseiller national zougois, «qui fait des conseillers fédéraux des canards boiteux, au sujet desquels chacun se demande quand il s'en ira enfin». Un point de vue que ne partage pas le chef du groupe PLR, son ministre étant sous pression dans les dossiers de l'agriculture et du libre-échange.

Deux Alémaniques dont une femme

Concernant les profils des conseillers fédéraux qui succéderont à Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann, «ce que l'on sait, c'est qu'ils seront très probablement Alémaniques, et que l'un des deux devrait être une femme», résume Filippo Lombardi. Comme Thomas Aeschi, il considère que les candidats devront être compétents et connaître les dossiers.

«Un candidat avec une forte personnalité lui permettant de s'imposer à son administration tout en étant apte à travailler collégialement, ainsi qu'une une solide expérience, mais aussi d'un regard neuf et dynamique», poursuit M. Lombardi. La quadrature du cercle, en somme ou la «tarte à la crème» pour reprendre ses termes.

A ce stade, les représentants des partis gouvernementaux refusent d'évoquer plus précisément le profil idéal. La plupart mettent néanmoins en avant la question féminine. Et l'UDC de réclamer en outre du PLR et du PDC qu'ils présentent chacun au moins deux candidats. «Nous voulons avoir le choix», dit-il.

(ats)

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