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Le Conseil fédéral doit améliorer sa surveillance

La commission de gestion du Conseil des États n'a pas identifié de manquements graves ou d'agissements contraires à la loi, mais plutôt une surveillance trop lacunaire dans le dossier CarPostal.

Roberto Cirillo est le nouveau numéro un de La Poste. Il succède à Ulrich Hurni, qui a pris la tête du géant jaune ad interim après le départ de Susanne Ruoff de la direction, suite aux affaires liées à CarPostal. Il entrera en fonction en avril 2019. (Jeudi 22 novembre 2018)
Roberto Cirillo est le nouveau numéro un de La Poste. Il succède à Ulrich Hurni, qui a pris la tête du géant jaune ad interim après le départ de Susanne Ruoff de la direction, suite aux affaires liées à CarPostal. Il entrera en fonction en avril 2019. (Jeudi 22 novembre 2018)
Keystone
Affaire Carpostal: la Confédération veut aussi enquêter sur les années avant 2007. (Vendredi 6 juillet 2018)
Affaire Carpostal: la Confédération veut aussi enquêter sur les années avant 2007. (Vendredi 6 juillet 2018)
Keystone
Le scandale CarPostal a des ramifications au Liechtenstein, où l'autorité des marchés financiers a ouvert une enquête pour blanchiment d'argent. (Vendredi 29 juin 2018)
Le scandale CarPostal a des ramifications au Liechtenstein, où l'autorité des marchés financiers a ouvert une enquête pour blanchiment d'argent. (Vendredi 29 juin 2018)
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Le Conseil fédéral n'est pas au bout de ses peines après le scandale de CarPostal. Malgré les enseignements déjà tirés, la commission de gestion du Conseil des Etats tire à boulets rouges sur une surveillance lacunaire et exige toute une série d'améliorations.

L'organe de surveillance parlementaire a présenté jeudi les résultats de son enquête sur les irrégularités comptables chez CarPostal. En raison de la procédure pénale administrative en cours, il ne se prononce pas sur les responsabilités individuelles ni les démarches de l'entreprise depuis 2018.

Faiblesses

La commission juge en revanche incompréhensible que les agissements illégaux aient pu perdurer des années sans être décelés par les instances de surveillance de l'entreprise ni signalé à la Confédération. Les unités administratives représentant Berne ont aussi exercé une surveillance lacunaire avant que l'affaire n'éclate.

Selon la commission, cela s'explique par une conjugaison de faiblesses du Département fédéral des transports (DETEC), de l'Office fédéral des transports (OFT) et du Contrôle fédéral des finances. Le département et les contrôleurs étaient informés depuis 2011 au moins du conflit d'objectifs auquel était confronté CarPostal concernant la réalisation de bénéfices, confirme l'inspection.

Inaction coupable

La commission ne comprend pas et critique vivement qu'ils n'aient pas agi à l'époque. Ses informations ne permettent en revanche pas de confirmer les affirmations de certains médias selon lesquelles le DETEC aurait été averti dès septembre 2011 des pratiques comptables illégales de CarPostal. La commission va toutefois continuer à examiner ce point et y reviendra si elle apprend des choses déterminantes.

Président de la sous-commission en charge du dossier, le conseiller aux Etats Claude Hêche (PS/JU) met en cause «une déresponsabilisation de chacun attribué à une confiance un peu naïve». Mais il rappelle que La Poste est la principale responsable des agissements illégaux et «du comportement inadmissible de dirigeants de l'entreprise.»

La commission n'a par ailleurs pas identifié de manquements graves ni d'agissements contraires à la loi. L'enquête pénale pourrait faire évoluer les choses. Les acteurs concernés ont globalement réagi de manière adéquate après la révélation de l'affaire (2018-2019) même si les pouvoirs publics se sont largement reposés sur les travaux de La Poste.

Bilan exigé

Le Conseil fédéral a pris des mesures, mais il doit aller plus loin. La commission de gestion formule quinze recommandations, six postulats et une motion à son attention.

Elle exige un bilan global de l'affaire sous forme de rapport et une enquête externe sur la surveillance par l'OFT de la comptabilité de CarPostal entre 2007 et 2015 après la fin de la procédure pénale administrative. Les manipulations comptables remontant vraisemblablement aux années 1990, les faits antérieurs à 2007 ayant conduit au système de transferts comptables illicites devront également être étudiés.

Renforcer la haute surveillance

Mais il faut également renforcer la haute surveillance. Les objectifs stratégiques de La Poste sont à adapter dès que possible pour délier CarPostal de l'obligation de réaliser un rendement conforme à la branche ou pour préciser qu'un rendement proche de zéro est attendu dans le domaine subventionné.

Le DETEC et l'OFT ont amélioré la surveillance des entreprises du transport régional de voyageurs. Mais les interfaces et la répartition des rôles entre l'office et les autorités cantonales doivent être clarifiées. Le Conseil fédéral devra examiner s'il faut réviser le cadre légal portant sur l'utilisation de bénéfices dans le secteur.

Délégation de surveillance

Il est encore invité à renforcer la surveillance des entreprises proches de la Confédération. De manière générale, les autorités devraient se montrer plus actives dans la conduite et la surveillance stratégiques. La commission réclame davantage de ressources et l'instauration d'une délégation de surveillance permanente consacrée aux entreprises liées à la Confédération.

Une délégation permanente du Conseil fédéral doit également être consacrée aux entreprises proches de la Confédération afin que les conflits d'objectifs soient identifiés. Dans le cas de CarPostal, la ministre Doris Leuthard n'avait pas signalé le conflit d'objectif, déplore l'organe de surveillance.

L'affaire a éclaté en février 2018 lorsque l'OFT a rendu un rapport révélant des transferts illégaux entre 2007 et 2015 de coûts et de produits du transport régional indemnisé vers d'autres secteurs. CarPostal a déjà remboursé environ 205 millions de francs de subventions indues. Le scandale fait rouler plusieurs têtes dont celle de la directrice générale de La Poste Susanne Ruoff en juin 2018.

Le gouvernement est invité à prendre position d'ici au 26 février 2020.

(ats)

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