Passer au contenu principal

Le Conseil fédéral lance la campagne contre l'initiative sur l'or

La bataille est lancée en vue de la votation du 30 novembre sur le texte «Sauvez l'or de la Suisse» de l'UDC. Eveline Widmer-Schlumpf est venue dire tout le mal qu'elle pensait de ce texte.

Peter Hegglin, président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances, et la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf.
Peter Hegglin, président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances, et la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf.

L'initiative populaire pour sauvegarder les réserves d'or de la Banque nationale (BNS) entraverait la politique monétaire de l'établissement, nuirait à la stabilité du franc suisse et compromettrait la distribution de bénéfices à la Confédération et aux cantons. Fort de cet avis, le Conseil fédéral appelle à rejeter ce texte le 30 novembre.

L'initiative «Sauvez l'or de la Suisse» demande à la BNS de stopper ses ventes d'or, de ramener en Suisse tout l'or stocké à l'étranger et de constituer des réserves d'or pour au moins 20% de ses actifs. Des mesures qui «entraveraient considérablement» la marge de manoeuvre de la BNS, a averti mardi devant la presse à Berne la ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf.

Serge Gaillard, directeur de l'Administration fédérale des finances, résume pourquoi le gouvernement rejette l'initiative Sauver l'or de la Suisse:

Selon les inititants, le maintien du stock de la banque centrale - actuellement à 1040 tonnes d'or - est indispensable pour garantir la stabilité du franc suisse. Faux, rétorque le Conseil fédéral. Cela fait longtemps que l'or n'a plus d'incidence directe sur la stabilité des monnaies.

Emplois menacés

La banque nationale assure la stabilité des prix en mettant la quantité de monnaie adéquate à la disposition de l«économie et par une politique monétaire cohérente et transparente, a expliqué Eveline Widmer-Schlumpf. Une part élevée d«or inaliénable dans les actifs de la BNS nuirait à cette politique.

Une mesure comme l«instauration d«un cours plancher par rapport à l«euro ne pourrait plus être annoncée et mise en œuvre avec la même détermination. «L'indépendance et la crédibilité de la BNS contribuent de manière décisive à ce que le franc soit l'une des devises les plus stables du monde», a illustré Peter Hegglin, président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances.

Si la liberté d'action de la banque centrale est contrecarrée, «des emplois de la place industrielle et financière pourraient être menacés», a mis en garde le ministre zougois des finances.

De plus, le stock actuel d'or reste substantiel en comparaison internationale. Avec 1040 tonnes de métal jaune (valant environ 60 milliards de francs à la mi-année), la Suisse se place au 7e rang, derrière l'Allemagne, la France, l'Italie, les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Par ailleurs, 70% des 1040 tonnes de métal jaune détenues par l'institut d'émission se trouvent en Suisse même. Le solde se situe au Royaume-Uni (20%) et au Canada (10%).

Pour Serge Gaillard, miser sur l'or est extrêmement risqué et pourrait avoir des effets secondaires très inquiétants pour les finances des cantons:

Placement volatil et risqué

Le stock actuel est important pour la diversification des réserves monétaires de la BNS, mais l«or figure parmi les placements les plus volatils et donc les plus risqués dans le bilan de la BNS, a poursuivi Eveline Widmer-Schlumpf. «Quiconque opère des placements diversifie ses risques et évite de mettre tous ses œufs dans le même panier», a illustré Peter Hegglin.

Une part élevée de métal jaune ferait augmenter ce risque et diminuer le rendement, car l«or ne génère pas de revenus courants sous forme d«intérêts ou de dividendes. L«interdiction des ventes d«or ne permettrait pas non plus de réaliser des plus-values.

Enfin, la baisse du potentiel de rendement réduirait le bénéfice distribué à la Confédération et aux cantons. L'absence de distribution du bénéfice de la BNS aux cantons cette année «montre qu'une telle mesure intensifie la pression sur les hausses d'impôts, la diminution des prestations et/ou le nouvel endettement des cantons», a rappelé Peter Hegglin.

Si, à elle seule, la part actuelle de l'or - qui s'élevait à 7,5% fin août - s'est traduite à une perte d'évaluation de 15 milliards «on ne peut qu'imaginer le trou béant qu'aurait laissé une part de 20% dans la réserve des bénéfices», s'est alarmé le ministre zougois des finances.

(ats/cht)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.