Le Conseil fédéral roule pour les pistes cyclables

Politique des transportsLe Gouvernement lance un contre-projet à l’initiative vélo. Les partisans saluent un premier pas positif.

Jean-François Steiert, conseiller national, PS/FR, président de Pro Velo.

Jean-François Steiert, conseiller national, PS/FR, président de Pro Velo. Image: CHRISTIAN BRUN/Keystone

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Le vélo a sa place dans la Constitution! Le Conseil fédéral défend l’idée de mettre les cyclistes sur un pied d’égalité avec les piétons ou les randonneurs. Il a chargé hier le Département fédéral des transports d’élaborer un contre-projet direct à l’initiative de Pro Velo. Si le gouvernement partage l’objectif des initiants – renforcer la mobilité douce – il refuse certains aspects contraignants du texte. Les voies cyclables relèvent en effet de la compétence des cantons et des communes.

Le projet n’en est qu’à ses balbutiements, mais l’accueil est plutôt favorable. Membre du comité de la Conférence des directeurs cantonaux des transports publics, la conseillère d’Etat Nuria Gorrite (PS/VD), réagit positivement. «L’initiative était déjà très respectueuse de l’autonomie des cantons. Il faudrait que le contre-projet précise encore la nature de l’encouragement de la mobilité douce dans les agglomérations.»

L’opposition se cantonne à l’UDC. «Je doute de l’intérêt de porter ce sujet au niveau fédéral, explique Manfred Bühler (UDC/BE), membre de la Commission des transports. Les collectivités locales sont les mieux placées dans ce domaine. Une stratégie négociée avec 26 cantons et 3000 communes, c’est le risque d’une paperasserie inutile».

Pas de quoi refroidir Jean-François Steiert (PS/FR). A l’origine de l’initiative, le président de Pro Velo salue la décision de faire un contre-projet. Interview.

A quelles conditions pourriez-vous retirer votre initiative?

On ne donne jamais ses critères quand on est en négociations. Ce contre-projet n’est pas une surprise. Nous avions déjà discuté avec Doris Leuthard de nos revendications. Il faudra voir ce qu’il en ressort à la fin. Pour nous, il est essentiel qu’il existe une base constitutionnelle. Son absence bloque de nombreux projets. Il faudra aussi une loi d’application qui permette de prendre des mesures concrètes pour l’encouragement et la sécurité du vélo.

Que faut-il améliorer?

Prenez l’aménagement du territoire. On ne doit plus octroyer de nouvelles zones à bâtir sans penser au préalable à la mobilité douce. Lorsque vous devez faire des pistes cyclables après coup, ça coûte tout de suite plus cher. La sécurité est également essentielle. 10 à 20% des gens renoncent au vélo parce qu’ils estiment que c’est trop dangereux. Des études montrent aussi que plus il y a de cyclistes, moins il y a d’accidents qui impliquent des vélos.

D’où peut venir l’opposition?

Nous avons élaboré un projet modéré qui respecte le fédéralisme. Nous avons consulté de larges milieux, dont le TCS avant le lancement, pour éviter une guerre entre la route et la mobilité douce. Si vous réussissez à convaincre 10% d’automobilistes de prendre le vélo, vous résolvez de nombreux bouchons.

Créé: 10.06.2016, 19h04

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