«Une conseillère fédérale doit savoir montrer la voie aux gens»

Succession de Doris LeuthardLa candidate PDC Heidi Z’graggen est favorable au report du pacte sur la migration. Et soutient le niveau salarial des médecins.

Heidi Z’graggen n’a jamais siégé à Berne, mais elle vante sa longue expérience à Uri. Image: Keystone

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Heidi Z’graggen, la conseillère d’État d’Uri, fait figure de Petit Poucet dans la course au Conseil fédéral. Peu de monde lui donne une chance d’arriver à reprendre le fauteuil de Doris Leuthard. Z’graggen a le défaut de ne pas siéger à Berne comme ses trois concurrents PDC Viola Amherd, Peter Hegglin et Elisabeth Schneider-Schneiter.

Pourtant lors d’un récent débat contradictoire, elle a montré sa détermination et son énergie. Sur les dossiers fédéraux, elle répond clairement sans tourner autour du pot.

Quel a été le déclic pour votre candidature?
Je me suis posé la question après l’annonce du départ de Doris Leuthard. Le fait que je sois issue du PDC et du canton d’Uri, qui n’a jamais eu de conseiller fédéral, a joué un rôle. La question des femmes a été un élément important aussi. Si les femmes ne se présentent pas, elles ne pourront jamais être élues. Mais plus généralement, je me suis dit que je pourrais contribuer à faire que la Suisse reste un pays formidable.

Quel est votre atout principal dans cette course?
Ma longue expérience à l’Exécutif d’Uri. Elle me donne la capacité de mener avec succès un dossier du début à la fin. Le travail au Conseil fédéral est similaire, simplement à une autre échelle.

Vous ne siégez ni au National, ni aux États contrairement aux trois autres candidats. Pourquoi l’Assemblée fédérale devrait-elle vous faire confiance?
C’est clair, c’est un défi. Mais je connais les parlementaires de mon groupe. Ils savent comment je travaille. Et je vais contacter encore ceux qui ne me connaissent pas très bien. Lors des auditions PDC, je dirai pourquoi ma fonction actuelle est une bonne base pour le Conseil fédéral. N’oublions pas que les cantons jouent un rôle essentiel dans la politique fédérale. Et je siège au comité de la Conférence des gouvernements cantonaux. Les dossiers fédéraux me sont familiers.

Quelle est la mesure la plus urgente à prendre pour freiner les coûts de la santé, hormis l’initiative du PDC?
Un rapport a montré que 20% des coûts de la santé sont superflus. Il faut commencer par là. Cela passe par la diminution des traitements qui n’apportent rien, le renforcement de la responsabilité individuelle et la suppression des mauvaises incitations à la consommation médicale.

Le niveau élevé des salaires des médecins spécialistes indépendants, c’est un problème ou non?
Quand je vois les opérations difficiles de 10 heures que ces médecins font, la responsabilité qu’ils prennent dans une intervention qui engage la vie ou la mort du patient, je crois qu’il faut honorer financièrement cette prestation. Si on compare avec les salaires extrêmes dans le privé, je comprends que certains médecins spécialistes gagnent bien, même très bien leur vie. Cela dit, il faut regarder suivant les cantons et les spécialités si, pour certains médecins, on n’est pas allé trop loin.

Êtes-vous favorable au pacte sur la migration de l’ONU?
Je suis réservée et sceptique. La Suisse a une particularité. Elle applique les obligations internationales toujours plus consciencieusement que les autres. Il faut donc regarder quelles conséquences cela aurait pour notre pays. Je comprends les réserves au parlement sur ce pacte. Un débat doit avoir lieu.

Si vous étiez conseillère fédérale, vous ne sauriez donc pas quoi décider maintenant?
Si. Comme conseillère fédérale, vous devez prendre position. Et montrer à la population si quelque chose est bon ou mauvais. Dans le contexte actuel, je trouve que ce pacte de l’ONU sur la migration est difficile pour la Suisse. Nous avons beaucoup de votations de politique extérieure qui nous attendent. Donc, si j’étais au Conseil fédéral, j’aurais remis ce projet à plus tard.

(24 heures)

Créé: 08.11.2018, 19h37

Un plan B en cas d’impasse avec l’UE

Un accord institutionnel avec l’Union européenne est-il indispensable pour la prospérité suisse?

La population suisse a plusieurs fois voté pour la poursuite des accords bilatéraux. On doit continuer dans cette voie. Voilà pourquoi je suis favorable à un accord institutionnel à condition bien sûr qu’il respecte les lignes rouges du Conseil fédéral. La souveraineté de la Suisse reste prioritaire. Concrètement j’approuve le tribunal arbitral pour régler les litiges et je suis pour la reprise dynamique du droit européen. En revanche, je suis absolument contre l’interdiction des aides étatiques existantes, la remise en cause des mesures d’accompagnement et les nouvelles exigences de l’UE comme l’application de directives sur la citoyenneté.

L’UE trouve que les discussions s’éternisent. Elle menace de ne pas accorder l’équivalence boursière à la Suisse en cas de non-accord institutionnel. Vous pouvez le comprendre?

Non. Il n’y a rien d’étonnant que des négociations durent longtemps. Il n’est pas aisé d’arriver à un compromis. Dès lors il est inacceptable de discriminer la Suisse sur l’équivalence boursière. Voilà pourquoi la Suisse doit avoir un plan B si cela se produit.

Pour ou contre?

La retraite des femmes à 65 ans

Je comprends qu’on vise la retraite à 65 ans pour tous car
les femmes vivent plus longtemps et nous avons un problème de financement de l’AVS. Mais en parallèle, nous devons prendre des mesures pour une réduction rapide et conséquente des inégalités salariales hommes-femmes.

Le mariage pour tous en faveur des couples homosexuels

Je suis heureuse que nous vivions dans une société où chacun peut vivre comme il l’entend. C’est une des plus grandes conquêtes de notre société. Doit-on parler de «mariage», qui évoque plutôt la famille? Je suis ouverte sur le choix des mots. Mais je suis résolument pour une adaptation de la loi afin que les couples homosexuels ne soient plus discriminés.

La procréation médicale assistée

Là, je suis plutôt très réservée comme l’est mon parti.

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