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«Je suis contente, mais la suite sera dure quand même»

Gros soulagement pour les employés de la RTS, suite au refus de No-Billag au terme d’une campagne pesante. Reportage dans les coulisses de la tour à Genève.

Gilles Marchand, directeur général de la Société suisse de radiodiffusion et télévision, répond aux journalistes.
Gilles Marchand, directeur général de la Société suisse de radiodiffusion et télévision, répond aux journalistes.
Keystone

Après avoir vécu sous une chape de plomb pendant des mois, les collaborateurs de la RTS peuvent enfin respirer. Dès les premières annonces de résultats en début d’après-midi, quand il devient de plus en plus évident que le non à «No-Billag» l’emporte, le soulagement est palpable dans les coulisses de la tour, à Genève.

Une clameur de joie descend de la cafétéria, exceptionnellement ouverte un dimanche pour permettre aux employés de se réunir afin de suivre en direct les résultats des votations. Une centaine de personnes s’y sont regroupées, dont nombre de retraités de la RTS, mais pas question d’aller recueillir leurs réactions à chaud ni d’assister aux démonstrations de soulagement. Ici, on célèbre la victoire en privé, hors caméra. Les journalistes extérieurs à la maison ne sont pas admis au cénacle, même si certains sont venus de loin. Radio France, la Radio télévision belge francophone (RTBF) ou Radio Canada sont notamment là, car ce débat sur les médias de service public a lieu un peu partout.

En guise de manifestations de liesse, il faut faire avec les témoignages grappillés dans les couloirs. «Nous avons été tellement marqués par ces mois de campagne, qu’on avait envie de vivre le jour J tous ensemble», confie Sébastien Dayer, chargé de relations publiques digitales, venu à la tour exprès pour partager ce moment avec ses collègues, alors qu’il ne travaille pas ce dimanche. «Ce matin, en me réveillant, je me suis dit: peu importe le résultat, ce qui compte, c’est que tout cela, ce «bashing» contre la RTS, se termine.»

Ce sentiment est largement partagé. Tous décrivent un climat pesant, à travailler depuis l’automne dernier dans l’incertitude. «Je suis très contente de voir que «No-Billag» est rejeté à plus de 70%, se réjouit Esther Heinimann, chargée de production. Cela montre que les gens restent attachés à la RTS et au service public. Mais la suite va être dure quand même.»

En effet, malgré le verdict très net des urnes, il n’y a pas vraiment de quoi parader. La prochaine baisse de la redevance, qui imposera à la SSR de sévères coupes budgétaires, force à avoir le triomphe modeste. Du coup, à la cafétéria, pas de champagne. On se contente de vin et de gâteaux. «Je ne cache pas ma joie au terme d’une des campagnes les plus longues de la démocratie suisse, lâche le directeur de la RTS, Pascal Crittin. Nous avons senti passer le vent du boulet, mais nous avons maintenant une grande responsabilité, car il y a beaucoup d’attentes de changements.»

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