La convention sur les Vernets livre enfin ses secrets

Votation du 28 févrierLe document révèle que l’armée voulait déjà quitter les Vernets en 2006. Puis, faute d’argent à Berne, Genève a pris les devants.

Six militants du GSsA ont manifesté devant les bureaux de Pierre Maudet, provoquant l’intervention «disproportionnée» des gendarmes.

Six militants du GSsA ont manifesté devant les bureaux de Pierre Maudet, provoquant l’intervention «disproportionnée» des gendarmes. Image: Olivier Vogelsang

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Genève a très mal négocié le départ de l’armée des Vernets.» C’est la thèse du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA). Une thèse qu’il martèle dans sa campagne contre la nouvelle caserne que le Canton veut construire à Meyrin et au sujet de laquelle les Genevois voteront le 28 février. Aujourd’hui, le GSsA se dit conforté dans ses soupçons. Car il vient d’obtenir la convention, jusqu’ici restée secrète, liant l’armée au Canton. «On constate clairement que c’est le Conseil d’Etat qui était prêt à mettre 74 millions de francs sur la table pour maintenir une présence militaire à Genève», commente Tobias Schnebli, du GSsA.

Après avoir essuyé un refus, le GSsA a fini par obtenir les documents qui fixent les conditions d’accueil de l’armée à Genève. Le Département de la sécurité de Pierre Maudet les a publiés lundi après-midi sur son site Internet, non sans affirmer qu’il avait toujours été disposé à le faire.

L’armée voulait déjà partir

Aux côtés de la convention de 1986, la pièce la plus intéressante est l’accord de principe signé entre Genève et la Confédération en mars 2012. Il prévoit justement que l’Etat réaménage les trois sites qu’occupe l’armée dans la campagne (pour un coût de 74 millions) afin de libérer les Vernets.

On y apprend qu’en 2006, la Confédération envisage de quitter les Vernets pour concentrer ses activités à Epeisses, sur un terrain qu’elle possède. A cette époque, Genève n’a pas encore le projet de construire sur le site de la caserne. La Confédération, toutefois, abandonne son idée de construction, le site d’Epeisses étant trop petit.

En 2010, Berne et Genève reprennent les études pour délocaliser l’armée. Cette fois, Genève a besoin du terrain des Vernets pour créer de logements. Les deux partenaires se mettent d’accord en 2011. Mais à Berne, la réforme de l’armée bat son plein et «le concept de stationnement de l’armée n’a pas encore été établi», est-il écrit dans le document.

Surtout, «les facultés financières de l’armée ne sont pas encore connues». Conséquence: «Conscient de ces incertitudes au niveau fédéral, le Canton a décidé» de résilier la convention et «de réaliser l’ensemble des ouvrages prévus dans le concept» de redéploiement. Le texte est clair: c’est devant les risques d’enlisement à Berne que Genève a décidé de prendre en charge les frais de déménagement de l’armée.

Double interprétation

A partir de là, deux interprétations sont possibles. Pour Tobias Schnebli du GSsA, la messe est dite: «Genève, sans tenir compte d’un amaigrissement en cours de l’armée, a décidé de lui offrir des infrastructures qui ne correspondent plus à ses besoins. Le Conseil d’Etat tenait absolument à garder les militaires à Genève.»

Mais une autre lecture est possible. A savoir que le Canton voulait rapidement trouver une solution avec l’armée pour obtenir les terrains des Vernets afin d’y construire des logements. Dans ce contexte, il lui semblait «légitime», comme le mentionne le département de Pierre Maudet, «de mettre à disposition de ce locataire» des installations équivalentes à celles qu’on lui demandait de quitter.

Annuler la votation?

Comment le GSsA va-t-il exploiter ces nouveaux éléments? «En ne révélant pas à temps cette convention, on a caché une partie de la réalité aux votants», estime Tobias Schnebli. Le GSsA va-t-il pour autant demander l’annulation de la votation du 28 février comme il a menacé de le faire? «Cela dépendra du résultat de dimanche», poursuit le militant. En clair, si le vote est serré, le GSsA pourrait bien encore faire parler de lui.

Créé: 22.02.2016, 21h15

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.