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La Confédération prend la main sur le matériel médical

Berne centralise la gestion des stocks de masques et autres blouses. Et pourra même confisquer au besoin.

Keystone

Du matériel de protection qui manque cruellement. Des masques chirurgicaux portés durant huit heures alors qu’ils devraient être changés toutes les quatre heures. Ces témoignages récoltés en milieu hospitalier il y a une semaine attestent du flou régnant sur le terrain face à l’approvisionnement de la Suisse en matériel médical.

L’appel semble avoir été entendu par le Conseil fédéral. Vendredi, le gouvernement a pris de nouvelles mesures pour tenter de limiter les risques de pénurie de biens médicaux jugés essentiels pour lutter contre le coronavirus. Il a décidé tout d’abord de centraliser la gestion des stocks. Jusqu’ici, la vue d’ensemble manquait. Dès ce samedi, les Cantons, les hôpitaux, mais aussi les fabricants et distributeurs de médicaments seront obligés d’informer Berne du matériel qu’ils ont à leur disposition. Et la Confédération pourra aussi exiger de la transparence de la part de certaines entreprises. Avec un but: pouvoir mieux répartir les stocks en cas de besoin.

«Ce n’est pas la tâche de la Confédération normalement. Mais dans cette situation extraordinaire, il est nécessaire de mieux se coordonner», a expliqué le conseiller fédéral en charge de la Santé, Alain Berset. Le socialiste a dû se défendre d’avoir tardé avant d’actionner cette mesure alors que le manque de masques notamment est apparu relativement tôt dans la crise. «Ce n’est pas comme si nous n’avions rien fait en la matière, répond le socialiste. Nous avons acheté tout ce que nous trouvions sur le marché.» Mais une fois les stocks refaits, la Confédération va-t-elle modifier son discours sur les masques? «Nous avons toujours dit que, dans le fond, pour les personnes en bonne santé, les masques n’apportent pas de plus-value importante, répond le ministre. Mais cela dépend aussi toujours du moment de la crise dans lequel on se trouve. Je vous ai toujours dit que l’on ne peut rien exclure.»

Jusqu’à la confiscation

Aujourd’hui, ce ne sont d’ailleurs plus les masques qui font le plus défaut au système sanitaire suisse. «En ce moment, la situation est tendue par rapport aux médicaments pour les soins intensifs», affirme Daniel Albrecht, responsable de la section Droit des produits thérapeutiques à l’Office fédéral de la santé publique. «La donne change constamment, complète Alain Berset. C’est la particularité de cette situation. Tout le monde veut la même chose en même temps. Il faut réagir très vite.» Le ministre salue ainsi les efforts des industriels qui ont réorganisé leurs activités pour fabriquer du matériel médical. Mais il souligne: «Il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas produire à court terme en Suisse.»

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Au-delà de l’obligation d’informer –qui concernera aussi les tests, dont les Cantons font aujourd’hui un usage très différent d’un bout à l’autre de la Suisse–, le Conseil fédéral s’arroge désormais le droit de confisquer des stocks si nécessaire. Mais Alain Berset l’admet: il préférerait ne pas devoir passer par là. «Une des maximes principales de l’État, c’est la proportionnalité. Avec cette ordonnance, nous avons la possibilité théorique de réquisitionner du matériel pour la santé publique. Mais ces instruments doivent être utilisés avec proportionnalité et de manière limitée dans le temps.»

En parallèle, les exportations des biens médicaux utilisés dans la lutte contre le coronavirus seront soumises à autorisation spéciale, hormis pour les pays européens. Mais pour les pays tiers qui demandent de l’aide, ça se complique. «Des demandes pour des masques, entre autres, arrivent de l’étranger. Nous devons souvent dire non parce que nous avons des besoins en Suisse. Il y aura des livraisons seulement si aucune lacune n’est constatée ici», explique Ignazio Cassis, le conseiller fédéral en charge des Affaires étrangères.

Dons de médicaments

Le gouvernement veut aussi accélérer l’accès aux traitements qui sont utilisés contre le coronavirus. Les médicaments fabriqués avec de l’hydroxychloroquine ou du lopinavir par exemple peuvent désormais être mis sur le marché plus facilement. Peu avant cette annonce, deux géants de la pharma domiciliés en Suisse ont annoncé des dons de comprimés d’hydroxychloroquine. Novartis distribuera 130 millions de doses au niveau mondial. À la Suisse, le géant bâlois dit offrir «la primeur» en Europe. L’entreprise Mepha annonce faire un don de 90'000 doses aux hôpitaux du pays. Le coût du produit est évalué à environ 5 centimes par comprimé.

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