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Le Conseil d'Etat vaudois prononce l'état de nécessité sur tout le territoire

Tous les commerces non essentiels ferment. Tout rassemblement public est interdit

Le Conseil d’État a prononcé l’état de nécessité pour l’ensemble du territoire cantonal.
Le Conseil d’État a prononcé l’état de nécessité pour l’ensemble du territoire cantonal.
Keystone

Dès demain mardi à 6 heures, tous les commerces «non essentiels aux besoins de la population» seront fermés dans l'ensemble du canton de Vaud. Tout rassemblement public est interdit. Les réunions privées sont limitées à 10 personnes. Telles sont les décisions du Conseil d'Etat vaudois. Il prononce l'état de nécessité jusqu'au 30 avril, ce qui lui permet d'élargir ses compétences. La liste des interdictions est longue. En cas de violation, l'amende peut aller jusqu'à 20'000 francs et jusqu'à 50'000 francs en cas de récidive. Les préfets sont habilités à prononcer ces amendes. Tous les corps de police sont chargés d'effectuer des contrôles, coordonnés par l'état-major cantonal de conduite.

L'annonce du gouvernement vaudois a été faite à 14h. Puis, à 17h, c'est le Conseil fédéral qui s'est présenté devant les médias pour expliquer les mesures prises pour l'ensemble du pays. Alors, les mesures prises par le Conseil d'Etat vaudois sont-elles caduques? Non, répond le Chancelier de l'Etat de Vaud, Vincent Grandjean: «Les deux textes vont coexister, explique-t-il. En cas de doute, c'est le texte le plus sévère qui devrait primer, c'est la règle habituelle. Un canton ne peut pas être moins sévère que la Confédération». L'ordonnance du Conseil fédéral devait être connue lundi en fin d'après-midi. «Nous allons passer les prochaines heures à examiner les deux textes et nous pourrons communiquer des clarifications demain (mardi). Nous sommes dans l'ajustement.»

Selon l'arrêté du gouvernement vaudois, les seuls commerces restant accessibles sont les magasins d’alimentation ou de première nécessité, les pharmacies, les banques, les kiosques, les shops de stations-service (sauf débits de boissons) et les magasins d'aliments pour animaux. Le commerce en ligne et la livraison à domicile ne sont pas interdits. À noter offices de postes ne figurent pas dans la liste vaudoise des exceptions. Mais le Conseil fédéral a dit qu'il les interdisait.

Les horaires des commerces sont désormais fixés de 7h à 20h du lundi au vendredi et de 7h à 19h le samedi. Aucun changement le dimanche.

Tous les restaurants et les débits de boissons seront aussi fermés à 6h. Cependant, les hôtels et leurs restaurants (limités aux clients des hôtels), restent autorisés, tout comme les services de livraison à domicile, les drive-in, les cantines sociales, les cantines des hôpitaux et des maisons de soins, des EMS et des services de sécurité, les cantines d’entreprise fermées au public, les restaurants d’hôtels, les établissements de vente à l’emporter.

Gilles Meystre, député PLR et président de GastroVaud, se réjouit de la décision du Conseil d’Etat. Dimanche soir il demandait la fermeture globale des établissements.«C’était très difficile pour les restaurateurs d’appliquer les mesures de restriction et de faire la police en comptant leurs clients.» Philippe Siffert, patron du Lacotel à Avenches, confirme: «Les gens ne respectent pas les consignes, ils regroupent les tables sur les terrasses et nous envoient bouler quand on leur rappelle les règles.» Pour le président de GastroVaud, «des remèdes doivent être proposés pour alléger, jusqu'au retour de jours meilleurs, les charges fiscales et bancaires des entreprises. Et la solidarité de certains milieux, notamment immobiliers, doit naître pour surseoir, ou à tout le moins réduire, les loyers des établissements fermés.»

Beaucoup d’établissements ont déjà fermé lundi. «On voulait rester un oasis de plaisir dans une période difficile, explique Renaud Meichtry, un des associés de la Brasserie de Montbenon, du Saint-Pierre et du Café de Grancy à Lausanne, mais personne n'avait le goût à cela. On a fermé pour des raisons citoyennes, éthiques et financières.» Le groupe Mad explique que son objectif est «d’inciter les gens à rester chez eux». Et Graziano De Luca, à la tête de huit établissements lausannois (Raisin, Bavaria, Bouchers, etc.), veut fermer ce lundi soir. «C’est très dur. On fait des demandes, au chômage, aux milieux immobiliers. L’entreprise pourrait être en péril. Tout le monde doit mettre la main au portemonnaie.»

A la Pinte Besson, Carlos Beiro avait aussi choisi de fermer mardi, entre la promiscuité des tables, la baisse de fréquentation et la peur de la clientèle. «Je serai en vacances non payées puisque nous, patrons, n’avons pas droit à l’assurance chômage.» A Echallens, le tout jeune The Local, un mois d’existence, a fermé lundi: «Plus vite on pourra stopper cette épidémie, plus vite on pourra redémarrer.» Le Perroquet, à Lausanne, a ouvert il y a cinq mois: «Cette crise va me tuer, si mon propriétaire et ma banque ne jouent pas le jeu», explique le patron, Pablo Reyes Del Canton.

Par contre, les restaurateurs peuvent créer un service à l’emporter. «C’est clair qu’on fait le jeu des McDo ou d’UberEat, souligne Gilles Meystre, mais c’est comme ça.»

La liste des lieux publics interdits, annoncée vendredi par le gouvernement vaudois, s’allonge: les cinémas, les théâtres, les musées, les bibliothèques, les centres de loisirs, les centres de jeunesse, les centres sportifs, les fitness, les piscines, les centres de bien-être, etc.

Les lieux d’accueil et d’hébergement sociaux restent ouverts.

Il reste permis de faire du sport en extérieur, à condition d’être seul ou au maximum dans un groupe de quatre. Mais chacun doit se tenir à une distance minimale de 2 mètres des autres. Des infrastructures sportives peuvent rester ouvertes, mais ni leurs vestiaires, ni leurs buvettes, ni leurs restaurants.

Dans les parcs, jardins publics, et places de jeu, il est permis de se rassembler, au maximum à 5 personnes.

Les services religieux sont limités à 10 personnes et les services funèbres ont lieu dans l’intimité.

Toutes les activités qui restent autorisées doivent respecter les consignes d’hygiène et de distance de 2 mètres.

L'arrêté du Conseil d'Etat ne peut pas forcer les employeurs à passer intégralement en télétravail. En revanche, «les entreprises, institutions privées et administrations communales mettent tout en œuvre pour éviter l’accès au lieu de travail et sont exhortées à faciliter le télétravail». Elles sont priées de tout faire pour faire respecter les règles d'hygiène et de distance, communiquées par les autorités sanitaires.

De même, elle sont exhortées à ne demander des certificats médicaux pour absence qu'au 10 ème jour d’absence. Des règles semblables ont été annoncées jeudi pour l'administration cantonale.

Le texte confirme et étend des mesures annoncées vendredi. Ainsi, «le passage à l’enseignement à distance est ordonné pour tous les lieux de formation publics ou privés du canton». L'école obligatoire connaîtra «un service d’accueil scolaire avec accès sous conditions».

Les services cantonaux et communaux ferment leurs guichets, sauf si des exceptions sont accordées par les ministres dans leur domaine, «afin de garantir les services impératifs à la population».

Vaud est le huitième canton à prononcer des mesures extrêmement strictes pour protéger la population contre la propagation du coronavirus. Genève et le Valais l'ont fait ce lundi matin, Neuchâtel, le Jura, les Grisons, le Tessin et Bâle-Campagne se sont déjà engagés dans cette voie samedi et dimanche. Chaque canton se distingue: les Grisons interdisaient tout service religieux, Genève nomme la coiffure et la prostitution sur la liste des interdictions, etc.

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