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«Ce n’est pas du tout une petite grippette»

Notre collègue journaliste Cécile Monet raconte son quotidien de mère confinée et contaminée par le Covid-19.

«On a aménagé notre balcon avec un petit bout de table pour prendre un peu d’air frais, manger dehors quand il fait beau.»
«On a aménagé notre balcon avec un petit bout de table pour prendre un peu d’air frais, manger dehors quand il fait beau.»

Résidente de France voisine, Cécile travaille à la «Tribune de Genève» comme journaliste de données. Elle a commencé à travailler en home office après un dernier jour au bureau pour les élections genevoises, le dimanche 15 mars. Deux jours plus tard, l’état d’urgence sanitaire était prononcé en France et, avec, le confinement obligatoire. C’est à ce moment que Cécile, mariée et mère de deux enfants, commence à tousser. Quelques jours plus tard, d’autres symptômes accablent la maman et le papa: difficulté à respirer, fatigue intense et pics de fièvre.

Ses deux enfants de 8 et 12 ans, eux, passent entre les gouttes. Cécile décide de ne pas passer de test. «Ma sœur est infirmière urgentiste, explique-t-elle entre deux quintes de toux. Elle m’a dit que j’avais tous les symptômes. Alors j’ai suivi le protocole, rester chez soi et prendre du paracétamol. J’ai de la chance d’avoir du personnel médical dans la famille qui me suit.»

«Je suis épuisée, littéralement je suis exsangue. J’ai l’impression d’avoir la mononucléose. Je ne m’attendais pas à ça. Je pensais que ça durerait trois jours, comme une grippe, mais c’est plus long et ça te bouffe ton énergie. C’est là que je m’aperçois que j’ai 40 ans. La nuit tu tousses, donc tu ne récupères pas, et avec la difficulté à respirer... Je suis épuisée comme je l’ai jamais été. On nous avait parlé d’une «petite grippette»! Ce n’est absolument pas ça. Et je pense que j’ai une version light. D’autres, moins chanceux, ont dû aller aux Urgences, comme une de mes collègues qui est asthmatique.» Cécile pense qu’elle a probablement été contaminée au travail ou dans les transports publics. «Ils auraient dû annuler ces élections. Au bureau, nous étions nombreux ce jour-là.»

Précautions en famille

À la maison, la vie de contaminés et de confinés s’organise tant bien que mal. «Avec deux enfants, c’est impossible de s’isoler dans une chambre, comme il faudrait le faire. On doit faire à manger, gérer l’école. On se contente de laver les sols et les surfaces à la Javel tous les jours. On fait attention avec les fourchettes et les cuillères, et chacun a son propre dentifrice. On se lave les mains 800 fois par jour.»

Les enfants font du vélo d’appartement, des roulades sur le canapé-lit. «On a de la chance parce qu’ils n’ont pas de problème didactique ou de comportement. Ils s’autogèrent beaucoup. Nous faisons des jeux vidéo, du bricolage. Avec l’école à la maison, on a du mal à suivre. C’est un boulot à plein temps de gérer l'apprentissage. Je suis encore en arrêt mais je ne sais pas comment font les gens qui travaillent à plein temps. Les maîtresses nous demandent de faire un vrai travail de classe, et ça prend du temps. En plus, on nous a parlé d’un retour à l’école possible en septembre…»

Cécile n’a pas de jardin. Les bols d’air sont pris sur le balcon. «En France, pour sortir, on doit avoir sur soi une lettre d’autorisation qui est une déclaration sur l’honneur qui explique pourquoi on doit sortir, par exemple pour les courses. Dehors, les gendarmes passent et surveillent tout. On les voit faire de la fenêtre du balcon. Il y a encore beaucoup de jeunes dehors. Les policiers essaient de les responsabiliser, ils ne sont pas méchants, ils font beaucoup de prévention, essaient de leur expliquer pourquoi il faut rester chez soi.»

Les provisions manquent

Les courses, justement, sont une véritable épreuve pour deux parents contaminés dans une petite ville où les livraisons à domicile ne sont pas une option. «Nous sortons avec des masques et nous avons toujours du gel hydroalcoolique pour aller au supermarché, mais si on y va trop tard il n’y a plus de pâtes, plus de farine, plus de produits essentiels comme le vinaigre blanc pour laver les légumes et les fruits ou encore des lingettes désinfectantes. Quand tu es malade, c’est difficile de se lever tôt. C’est rageant parce que, s’il n’y a plus de papier-toilette, par exemple, il faut y retourner dans l'après-midi ou le lendemain. Ça ne devrait pas arriver. Les gens ne se rendent pas compte que se ruer sur le PQ, c’est contre-productif. Heureusement, on a de la chance d’avoir de la famille qui a pris le relais.»

Pour les repas, Cécile et son mari misent sur la cuisine des restes. «L’avantage du poulet, par exemple, c’est que tu en cuis et ça te fait plusieurs repas. On mange aussi beaucoup de pommes de terre, des œufs. Heureusement que c’est le printemps et qu’il y a des légumes comme les courgettes qui commencent à être disponibles.»

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Pour repousser le virus, Cécile donne des vitamines à ses enfants, de force et tous les jours. «Mais aussi de la gelée royale et de l’eau de bouleau, qui sont censés booster. J’ai encore peur que mes enfants attrapent le virus. Le temps d’incubation peut aller jusqu’à onze jours, paraît-il. Ça peut encore nous arriver...»

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