Du physique au mental, comment tenir le coup

Crise sanitaireVoici les petits et les grands conseils de médecins pour passer ce cap difficile.

«Des événements comme ceux que nous vivons confrontent toute la communauté à l’angoisse de mort.»

«Des événements comme ceux que nous vivons confrontent toute la communauté à l’angoisse de mort.» Image: Pixabay

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Confinement, quarantaine, éloignement… Les Suisses vivent des moments particuliers. Difficiles aussi. Comment tenir le coup? Et quels sont les gestes qui pourraient renforcer nos défenses immunitaires afin de mieux lutter contre le virus qui nous préoccupe? Quand on lui pose cette deuxième question, la conseillère nationale Brigitte Crottaz (PS/VD), également médecin, répond tout de go: «Cela ne sert à rien de vous gaver de vitamines C. Ce qui compte pour résister aux virus, c’est d’avoir une bonne hygiène de vie sur le plus long terme.» Comprenez par là: manger sainement, limiter sa consommation d’alcool, ne pas fumer et faire de l’exercice.

«Il y a peu de preuves scientifiques sur le fait que les suppléments en tous genres agissent réellement», renchérit François Héritier, président du Collège de médecine de premier recours. Par les temps qui courent, il conseille de bien manger, de bien dormir, de bien s’hydrater et de respecter scrupuleusement les recommandations d’hygiène (se laver les mains, garder ses distances). «Pour le reste, c’est aussi une question de chance.»

Le Jurassien recommande encore de continuer à bouger. «À la campagne, on peut se promener sans rencontrer personne. En ville, c’est plus difficile, mais vous pouvez le faire si vous restez à plus de 2 mètres des autres.» Le sport, qu’on le pratique à l’intérieur ou à l’extérieur, est aussi une bonne façon de se changer les idées. Car le stress, lui, affaiblit l’immunité. Justement, comment gérer cette crainte montante? Si l’inquiétude est légitime, il faut la distinguer de la panique. «Dans ce deuxième cas, essayez de vous concentrer sur ce qui, malgré tout, va bien dans votre vie», recommande François Héritier. «Il ne faut pas non plus oublier que la majorité des gens se sortent sans encombre de cette maladie», ajoute Brigitte Crottaz. «Et se rappeler que cette crise va se terminer», conclut Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la «Revue médicale suisse».

Se projeter dans l'avenir

Pour dissiper les craintes passagères, le psychologue Philip Jaffé conseille de s’occuper, que ce soit en regardant un film ou en téléphonant à un proche. De façon générale, il recommande de planifier de nouveaux projets, même dans une vie quelque peu «encapsulée». Si vous vouliez depuis longtemps améliorer vos recettes, lire les livres qui s’accumulent dans votre bibliothèque ou perfectionner votre anglais, c’est le moment de le faire! «Vous pouvez aussi vous projeter dans le futur en réfléchissant à vos vacances d’automne», conclut le spécialiste.

Un autre antidote est de se soutenir les uns les autres, en privilégiant les liens, même s’ils se font à distance. Pourquoi ne pas partager un verre avec des amis en passant par la vidéo? «Ceux qui vivent seuls risquent de se sentir isolés, ajoute Philip Jaffé. Il ne faudra pas les oublier dans les prochains temps. Les manifestations collectives, avec des gens qui se retrouvent à leurs fenêtres, leur permettent déjà de savoir qu’ils peuvent s’accrocher à quelque chose.»

Si vous êtes réellement déstabilisé, Philip Jaffé conseille de contacter les services psychologiques. «Nous nous organisons aussi pour mettre en place des consultations à distance. L’angoisse risque de monter ces prochains jours: il faudrait une réflexion des services sociaux et d’aide sur la façon de soutenir ceux qui en auront besoin.»

Une réflexion saine

Selon Bertrand Kiefer, il ne faut pas non plus balayer toutes les peurs et distinguer l’angoisse d’ordre psychologique, qui doit être traitée parce qu’elle nous empêche d’être nous-même, d’une crainte plus philosophique face à ce qui n’est pas maîtrisable dans notre existence, en particulier sa finitude. «Des événements comme ceux que nous vivons confrontent toute la communauté à l’angoisse de mort. En général, nous faisons cette expérience de façon individuelle, parce qu’on vieillit, parce qu’on est malade ou parce qu’un proche meurt.»

Contre ce sentiment-là, il n’y a pas de traitement, aucune «solution». «Mais il peut nourrir une réflexion, conclut l’éthicien. Voire ouvrir de nouvelles libertés, donner du sens à la vie. Les gestes de solidarité qui fleurissent ces derniers jours vont dans cette direction.»

Créé: 18.03.2020, 08h01

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